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Panos radioResources: Guide de reportage
Les journalistes et les IST/SIDA

mars 2002

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Partie 3: QUESTIONS-RÉPONSES

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kreyol
Quelques questions de base sur le VIH/SIDA et les IST

Table des matières

Avant-propos

Partie 1: GRANDES LIGNES
Les grandes lignes d'un reportage sur les IST et le VIH/SIDA

Partie 2: EXEMPLES
Exemples de reportages sur les IST et le VIH/SIDA

Partie 3: QUESTIONS - RÉPONSES
Quelques questions de base sur le VIH/SIDA et les IST
[Cette partie est aussi disponible en créole]

Partie 4: INFORMATIONS ADDITIONNELLES
Centres de dépistage en Haïti
Indicateurs socio-économiques d'Haïti (sélectionnés)
Historique du VIH/SIDA
Glossaire
Sources d'information
Références

Qu'est-ce-que le VIH ?

Le sigle VIH signifie: Virus de l'Immuno-déficience Humaine. Le VIH se reproduit dans les cellules sanguines CD4, partie du système immunitaire de l'organisme. Le VIH détruit les cellules CD4, rendant le système immunitaire incapable de lutter contre d'autres maladies. On le trouve en plus grande concentration dans le sang, le sperme, les sécrétions vaginales et également dans le lait maternel et les autres fluides à moindre concentration.

Qu'est-ce-que le SIDA ?

Le sigle SIDA veut dire: Syndrome d'Immuno Déficience Acquis. Le terme "syndrome" couvre un ensemble de symptômes et signes d'une maladie. Presque toutes les personnes qui contractent le VIH développeront éventuellement le SIDA, mais le temps que cela prend varie d'une personne à une autre allant en moyenne jusqu'à une période de 10 ans. La personne infectée est vulnérable aux infections opportunistes à cause de la destruction de son système immunitaire.

Comment se transmet le VIH ?

Par des relations sexuelles (anales ou vaginales) non protégées avec une personne atteinte du VIH.
Sang contaminé:
- Par la transfusion du sang contaminé et les produits dérivés, les tissus et les organes (eux-mêmes contaminés);
- En ayant été en contact avec un outil contaminé par le sang pouvant agresser le corps/la peau (acuponcture, tatouage, perce-oreille, scalpel, rasoir, seringue...)
- D'une mère infectée à son enfant pendant la grossesse ou d'une mère allaitant son enfant au sein.
Qu'est-ce-que le système immunitaire?

C'est la réponse de l'organisme aux protéines étrangères et des mécanismes par lesquels il se protège contre les attaques des agents infectieux. La fonction principale du système immunitaire est de protéger le corps des attaques de nombreux agents infectieux. Chez les adultes, les cellules qui protègent le système sont produites dans la moelle osseuse et circulent dans le sang et les vaisseaux lymphatiques. Les cellules immunitaires principales sont les leucocytes ou globules blancs, mais des protéines aussi aident à détruire les micro-organismes.

Le VIH n'est pas contagieux, donc il ne se transmet pas dans les contacts sociaux de tous les jours avec quelqu'un qui a le VIH et même le SIDA. Le virus ne peut pas se transmettre dans les poignées de mains, une accolade, un simple baiser, en éternuant, en toussant ou à partir des piqûres d'insectes. On peut sans danger partager les objets utilisés par une personne infectée tels: tasses, couverts, verres, aliments, habits, serviettes, bouton de porte, toilettes, les piscines. Toutefois, une personne atteinte du VIH/SIDA ne devrait pas partager sa brosse à dent, son rasoir, etc.

Comment est détecté le VIH ?

Le dépistage cherche des anticorps au VIH dans le sang de la personne et parfois dans sa salive. La grande majorité de personnes produiront des anti-corps 45 jours après le contact infectieux et une petite proportion peut prendre jusqu'à 6 mois. Quelques unes peuvent prendre un plus long temps. Le séro diagnostic de l'infection à VIH au moyen d'un test ELISA doit être confirmer par une autre méthode.

Quelles sont les étapes d'une infection VIH?

La plupart des personnes qui deviennent infectées du VIH ne le sauront pas immédiatement. Quelques unes auront de courtes maladies après leur infection. L'infection passe par diverses étapes:

  1. Période de séroconversion qui est le laps de temps nécessaire au corps pour produire des taux mesurables d'anticorps après une infection.
  2. Infection asymptomatique. Le dommage causé au prime abord par le VIH n'a pas d'effet extérieur et les personnes infectées peuvent attendre entre six mois et 10 ans pour voir apparaître des signes et symptômes liés au SIDA.
  3. Infection symptomatique. Plus le temps passe, plus les dommages causés par le VIH deviendront graves. Les infections opportunistes et des tumeurs peuvent apparaître et ainsi se développe le SIDA.
  4. Le SIDA avéré. La maladie est à son stade terminal et c'est la mort qui s'en suit.
    Quels sont les symptômes du SIDA ?

C'est une question à répondre avec beaucoup de prudence, car il est souvent difficile d'identifier si les symptômes sont réellement ceux du SIDA ou s'ils sont simplement en rapport avec d'autres maladies. Certains symptômes peuvent être: une perte récente de poids inexpliqué; une fièvre ou une diarrhée prolongée plus d'un mois; des ulcères génitaux ou anaux; des problèmes neurologiques; une augmentation de volume des ganglions; une toux persistante, possiblement associée à la tuberculose et des éruptions cutanées récurrentes.

Quelle est l'historique de l'épidémie du VIH/SIDA ?

En 1981, des médecins américains constatèrent une série d'infections inhabituelles chez les homosexuels de San-Francisco, New York et d'autres grandes villes. Ces infections étaient très rares jadis sinon que quelques rares exceptions parmi les personnes dont le système immunitaire devenait gravement affaibli d'une telle façon. Les plus menaçantes pour la vie semblaient être la Pneumonie Pneumocystis Carinii (PPC) et le Sarcome de Kaposi (SK). Mais toute une autre série d'infections graves furent découvertes après des diagnostiques. Vers la fin de la même année, des chercheurs commencèrent à lier ces infections opportunistes au dommage des systèmes immunitaires des personnes affectées. En 1982, le Centre pour le Contrôle des Maladies (CDC) aux États-unis a admis qu'il y a avait une épidémie en cours et l'a formellement définie comme le Syndrome Immuno Déficience Acquise (SIDA). Voir tableau récapitulatif.

La majorité des chercheurs ont par la suite accepté que le SIDA est causé par un virus qu'ils allaient identifier en France en 1983 par le Dr. Luc Montagnier et en 1984 aux États-Unis: le VIH. On croit que le VIH existe depuis les années 30, toutefois les premiers cas de SIDA reconnus remontent seulement au début des années 80.

Qu'est-ce-que la charge virale ?

La charge virale se réfère au nombre de virus VIH circulant dans le plasma sanguin (le fluide entre les cellules sanguines). C'est une mesure de la progression de la maladie. Elle indique la quantité de virus disponibles pour endommager le système immunitaire. Si le VIH n'est pas traité, la charge virale augmente au cours des années.

Qu'appelle t-on infections opportunistes ?

Les infections opportunistes (IOs) sont des infections qui profitent des dommages causés par le VIH au système immunitaire. Les infections opportunistes ont été la cause principale des maladies et de décès de personnes qui ont développé le SIDA.

Quelles sont les principales infections opportunistes ?

Théoriquement toute infection peut être "opportuniste" mais dans la pratique certaines infections sont plus courantes que d'autres chez les PVVIH. Elles comprennent:

  • Tuberculose, cause principale de décès des PVVIH;
  • Candidose (le muguet), une infection provoquée par une levure, vue dans plus de 50% de cas de SIDA;
  • Pneumonie Pneumocystis Carinii (PPC), une forme particulière de pneumonie, vue dans 25% de cas de SIDA;
  • Cytomegalovirus (CMV), qui peut causer la cécité, vue dans 20% de cas de SIDA;
  • Sarcome de Kaposi (SK), une tumeur qui affecte la peau, le poumon ou les intestins, vue dans 15% de cas de SIDA;
  • Cryptocoques, qui cause une infection cérébrale dont la méningite, vue dans 9% des cas de SIDA.

Qu'est-ce-qu'une IST ?

Un grand nombre des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) ont été identifiées. Les plus courantes sont:

  • La gonorrhée, causée par une bactérie
  • La chlamydiase, causée par un parasite
  • La syphilis, causée par une bactérie
  • La trichomoniase, causée par un parasite
  • Les verrues génitales, causées par un virus
  • Le chancre mou, causé par une bactérie
  • La gale, causée par un parasite (est liée à la promiscuité)
  • L'herpès génital, causé par un virus
  • L'hépatite B, causée par un virus, et
  • Le VIH/SIDA, causé par un virus.

Quels sont les symptômes de ces IST ?

Les symptômes les plus courants sont les suivants: douleurs abdominales; douleurs durant les rapports sexuels; démangeaisons, brûlures en urinant, écoulement anormal du pénis ou pertes vaginales blanches, ou de l'anus, rougeurs et légions des parties génitales, des saignements en dehors des règles. La majorité des IST peuvent être soignées.

Existe -t-il des remèdes ou des vaccins contre le SIDA ?

Jusqu'à date non. Il existe un grand nombre de médicaments pour le traitement des infections associées au SIDA, mais aucun ne soigne la maladie elle-même. Ces remèdes permettent de retarder l'apparition des symptômes et l'évolution vers la mort. Il existe quelques médicaments capables de freiner la multiplication du VIH chez les personnes contaminées et aident à prolonger la vie, mais qui ne détruisent pas le virus dans le corps.

Où est-on avec les essais vaccinaux en Haiti ?

Le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) a confié aux Centres GHESKIO de conduire la deuxième phase des recherches vaccinales contre le VIH/SIDA. Au cours de ces recherches, les Centres GHESKIO doivent enrôler et suivre pendant 18 mois 40 adultes avec des comportements à bas risques pour contracter le VIH. Pour le moment trois pays (Brésil, Trinité et Tobago et Haïti) ont été sélectionnés sur une liste d'une cinquantaine pour participer à cette phase II des recherches vaccinales, qui visent à évaluer la réponse immunitaire des volontaires à 2 vaccins. Il s'agit de l'ALVAC-HIV de Aventis Pasteur (France) seul ou en combinaison avec un vaccin de la compagnie VAXGEN (États-Unis). La République Dominicaine, l'Argentine et le Honduras se positionnent dans la course des pays à entreprendre la phase II des recherches vaccinales.

"Ces vaccins ont été testés aux États-Unis, en France, en Thaïlande et en Ouganda sur des milliers de volontaires et sont trouvés inoffensifs," avait déclaré en juillet 2001 le Dr Rose Irène Verdier, membre du Conseil d'Administration des Centres GHESKIO, dans une session d'information avec des journalistes organisée par CECOSIDA.

Pourquoi dit-on que le VIH/SIDA est une pandémie ?

C'est une épidémie d'ampleur mondiale par le nombre de cas d'infections et de décès. Il y a plus de 60 millions de personnes infectées depuis l'apparition du VIH/SIDA. On estime que durant l'année 2001, 40 millions de personnes vivent avec le VIH/SIDA dans le monde, soit 1.2% d'adultes de (15-49 ans), selon ONUSIDA (décembre 2001). Haïti occupe la 24ème place dans le monde en matière de densité de l'épidémie VIH (données de l'année 2000); les 23 pays au-dessus d'Haïti sont tous du continent Africain.

Pourquoi la majorité des personnes atteintes du VIH/SIDA refusent de se déclarer ?

Il arrive que certains hommes et femmes atteints ne soient pas conscients d'avoir contracté le virus. Un facteur principal empêchant ceux qui le savent de se déclarer est la peur du rejet, de l'hostilité religieuse et sociale, la mise à l'écart par des membres de sa famille ou la peur d'être considéré comme un homme ou une femme de mauvaise vie, une lesbienne ou homosexuel.

Quid de la pratique homosexuelle en Haiti ?

En Haïti, on a tendance à cacher l'existence des pratiques homosexuelles, les classant parmi les habitudes importées. Selon des associations d'homosexuels, c'est une pratique courante impliquant toutes les couches de notre population. Les pressions de la société obligent les personnes homosexuelles à mener une double vie. Parce que les rapports sexuels des hommes avec d'autres hommes sont poussés à la clandestinité, l'exécution des programmes d'éducation et de prise en charge est plus difficile et le risque d'infection VIH augmente. Notons que la loi haïtienne est muette sur les pratiques homosexuelles.

Pourquoi les rapport sexuels anaux sont plus à risque de causer la transmission du VIH ?

Les rapports anaux avec des femmes (qui ne veulent pas tomber enceintes) ou des hommes comportent un risque très élevé de transmission, parce que les tissus anaux peuvent facilement se déchirer et saigner. Pour des rapports anaux protégés, l'utilisation des préservatifs lubrifiés et de gel à base d'eau demeurent l'idéal, mais ils ne sont pas accessibles pour beaucoup.

Quel est l'impact des relations sexuelles entres les hommes sur les femmes ?

La transmission du VIH résultant des relations sexuelles entre hommes a une incidence directe sur les femmes. Du fait que les hommes qui ont des relations sexuelles entre eux sont souvent mariés, pères de familles et ont des relations avec leurs femmes, les hommes VIH-positif peuvent transmettre le virus à leurs femmes ou à leurs partenaires féminines et vice versa. Celles-ci peuvent à leur tour le transmettre à leurs enfants.

Quelle est la relation entre l'homme et le SIDA ?

La propagation du VIH dépend en premier lieu des modèles de comportement sexuel. Beaucoup plus d'opportunités se présentent à l'homme pour contracter et transmettre le VIH. Habituellement, ce sont les hommes qui déterminent les circonstances des rapports sexuels. Et le plus souvent ils refusent de se protéger eux-mêmes ainsi que leurs partenaires. Bien que les concepts de masculinité commencent à changer, néanmoins, les hommes sont perçus à être forts, robustes, leaders, les premiers gagne-pain de la famille. En Haïti, beaucoup d'hommes ne considèrent pas le sexe comme une activité consensuelle, il arrive souvent que c'est l'homme qui décide et sans préservatif. Les femmes sont parfois battues et dans de nombreuses circonstances, il est presque impossible pour elles de se protéger du VIH et des autres IST, devant se soumettre aux caprices de l'homme.

Quels sont les comportements les plus à risque pour contracter le VIH ?

Presque tous les groupes sont à risque dépendant de leurs modes de comportement sexuel, un thème plus approprié est comportement à risque. Si un partenaire est infecté, les rapports sexuels anaux ou vaginaux sans protection, que ce soit entre un homme et une femme ou entre deux hommes comportent particulièrement un grand risque de transmission du VIH. Globalement, entre 80-90% des personnes qui vivent avec le VIH l'ont contracté dans les rapports hétérosexuels.

Quel est l'impact de la pauvreté sur le SIDA ?

La pauvreté crée un environnement beaucoup plus propice pour la transmission du VIH. Incapables d'avoir un revenu stable ou de subvenir à leurs besoins primaires, beaucoup de femmes et d'hommes entrent dans des relations sexuelles contre leur gré. Beaucoup de femmes sont dépendantes des hommes qui fournissent de l'argent ou des cadeaux en échange du sexe. Leurs partenaires très souvent plus jeunes sont très vulnérables. La pauvreté amène des hommes et des femmes en quête d'emploi à laisser leur patelin et à s'engager dans des aventures sexuelles périlleuses.

Quelles sont les conséquences économiques et sociales du VIH/SIDA ?

En Haïti, le SIDA tue plus que toute autre maladie. Les conséquences économiques et sociales sont graves, parce que les adultes sont les plus frappés. Ils sont aussi les plus productifs de la société, les "gagne-pain" de la famille. Quand ils tombent malades, le revenu de la famille baisse et empêche les enfants d'aller à l'école ou les grands-parents d'avoir des fonds pour leurs soins. La communauté perd aussi des investissements consentis dans la formation et les habilités de ses membres.

Que fait une femme enceinte séropositive ?

Une femme enceinte infectée par le VIH peut transmettre le virus à son enfant. Le plus grand risque d'infection est durant l'accouchement. L'utilisation de médicaments anti-rétroviraux peut considérablement réduire ce risque. L'allaitement maternel par une mère séropositive est probablement la meilleure façon d'alimenter un nourrisson. Si la mère infectée décide d'allaiter le bébé, elle doit le faire exclusivement. La mère infectée peut aussi choisir néanmoins de ne pas allaiter. Il faut veiller à ce que le risque qu'entraîne cette substitution soit moindre que le risque potentiel de transmission du VIH par le lait maternel contaminé, afin de ne pas accroître les risques de maladie et de mort par d'autres causes.

Existe t-il une politique nationale de lutte contre le SIDA en Haïti ?

Le Ministère de la Santé Publique et de la Population a lancé officiellement un Plan Intérimaire contre les IST et VIH/SIDA à Jacmel le 13 mai 2001 sous le haut patronage de la Première Dame de la République, Madame Mildred T. Aristide, qui accorde une grande priorité à la lutte contre l'expansion du SIDA. Ce Plan Intérimaire couvre des activités pour la période 2001-2002. Le document accorde une grande priorité aux programmes de prévention et de contrôle de la transmission du VIH et des IST. Ce plan cherche aussi à étendre les services de conseils et de dépistage volontaire. L'Institut Haïtien de L'Enfance (IHE) est chargé de coordonner la préparation du Plan Stratégique National 2002-2006. Parce que la lutte contre le VIH/SIDA est une lutte multi-sectorielle, une grande quantité d'organisations gouvernementales et non-gouvernementales se sont engagées dans cet effort.

Que peut faire l' État haïtien pour contrecarrer la propagation du VIH/SIDA ?

  • Agir contre le SIDA dans un cadre national efficace assurant une approche coordonnée, participative, transparente qui intègre tous les acteurs du secteur public et privé et international pour les programmes et politiques concernant le SIDA.
  • Intégrer les politiques et programmes concernant le VIH/SIDA dans l'ensemble de secteurs de l'Etat, exécutif, législatif et judiciaire, faute d'une telle méthode certaines questions spécifiques risquent d'être ignorées ou considérées comme relevant de la responsabilité d'autrui.
  • Créer des comités interministériels pouvant garantir et contribuer à la mise en oeuvre des stratégies complémentaires de lutte comme ceci se fait dans de nombreux pays.
  • La mise sur pied de commissions législatives au sein desquels les parlementaires peuvent approfondir leurs connaissances sur l'épidémie en participant à des fora, des réunions avec les personnes ressources en la matière, mais peuvent également créer une plate-forme en vue d'une réforme juridique

Comment les PVVIH peuvent participer dans les stratégies de lutte contre le SIDA ?

L'une des meilleures façons de combattre la dénégation et d'élaborer de meilleures politiques d'intervention est de favoriser un contact humain où les personnes infectées et affectées participent dans la lutte contre le SIDA. En Haïti il y a deux groupes organisés de PVVIH:

  • En janvier 1999, des PVVIH et sympathisants se sont associés pour créer l'Association de Solidarité Nationale (ASON), dont l'objectif est de promouvoir un meilleur encadrement et une prise en charge effective des PVVIH en Haïti. ASON se donne également pour mission d'assurer une sensibilisation durable au sein de la population par l'entremise des témoignages publics pour aider les autres à accepter le risque invisible lié à la pandémie et à apprécier la nécessité d'une solidarité entre ceux qui vivent avec le VIH et ceux qui ne sont pas (encore) infectés.
  • Dans le cadre du programme GIPA (Greater Involvement of People Living with HIV/AIDS), supporté par les Nations Unies, la Fondation des Promoteurs ZéroSIDA coordonne et fournit d'assistance technique à deux groupes de auto-support des personnes vivant avec le VIH/SIDA. L'un des groupes est en Port-au-Prince et l'autre à St. Marc (FEBS: Fondation Esther Bourcicault Stanislas).

Qu'est-ce qu'un orphelin du SIDA ?

Les orphelins du SIDA sont des enfants qui ont perdu leur mère ou leurs deux parents du SIDA avant d'atteindre l'âge de 15 ans. Ces enfants sont en train d'expérimenter une perte psychologique, émotionnelle et économique souvent plus grave que les autres orphelins. Ils connaissent les problèmes de tous les orphelins, mais ils souffrent davantage. La famille ou le gardien investit moins dans leur épanouissement et leur éducation par peur qu'ils ne survivront pas de la maladie. Les orphelins du SIDA sont plus souvent mal-nourris, ils sont aussi les premiers à ne pas pouvoir aller à l'école.

L'enfant dont le père ou la mère souffre du SIDA commence à souffrir bien avant la mort du parent en question, il doit souvent jouer le rôle des parents, s'occupant les travaux domestiques, s'occuper des enfants en bas âge et prendre soin des parents moribonds.

Quelle est la situation du VIH/SIDA dans la Caraïbe ?

Les Caraïbes sont la deuxième région du monde la plus touchée, les taux de prévalence chez l'adulte n'y étant dépassés que par ceux rencontrés en Afrique subsaharienne. Dans plusieurs pays caraïbes, le VIH/SIDA est devenu une des premières causes de décès. On estime que 60. 000 adultes et enfants ont été infectés au cours de l'an 2001 dans la région des Caraïbes. A la fin de cette année, on estime que environ 420.000 d'adultes et d'enfants vivent avec le VIH/SIDA dans les Caraïbes. Le taux de prévalence chez les adultes est de 2,2% et 50% des personnes séropositives sont des femmes.

Suivant les résultats d'une étude réalisée par l'ONUSIDA dans 27 pays de l'Amérique Latine et des Caraïbes en 2000, les Bahamas (4.13%), la Guyane (3.10%), la République Dominicaine (2.8%), le Bélize (2.01%), le Honduras (1.93%), le Panama (1.54%) et le Guatemala (1.38%) figurent après Haïti parmi les pays ayant le plus grand nombre d'adultes séropositifs. Sources: Aide-Mémoire de ONUSIDA, Décembre 2001.

A quand remonte l'apparition du VIH/SIDA en Haïti et comment s'est-il développé ?

D'après le Plan National Stratégique pour la Prévention et le Contrôle du SIDA et des MST, préparé par le MSPP en 1995, le VIH n'a commencé à se transmettre dans la population urbaine vers le milieu des années 1970, bien que les premiers cas de SIDA n'aient été rapportés qu'en 1982. En décembre 1992, 4697 cas de SIDA étaient officiellement notifiés, mais dû à la faiblesse du système de notification, ce chiffre ne représentait guère plus de 10 à 20 %. En 1996, dans certains cas, 8 à 10 % des femmes ayant subi un dépistage anonyme se sont révélées séropositives. La même année, globalement environ 4,5% des adultes seraient infectés. On estime qu'à la fin de 1999, 74.000 enfants avaient perdu leur mère à cause du SIDA.

Le préservatif protège t-il contre le SIDA ?

Oui, si les préservatifs sont utilisés de la bonne manière, les fluides corporels habituellement ne peuvent passer d'un partenaire à un autre. Donc il n'y a pas de contact avec le sperme ou les sécrétions vaginales de l'autre personne. Le contact avec le sang de la personne est aussi évité. Vu que le VIH réside dans ces fluides, les préservatifs les empêchent de se répandre.

La loi haïtienne protège t-elle les PVVIH ?

En Haïti, il existe un vide juridique en ce qui concerne la protection des droits humains des PVVIH. La santé publique haïtienne dont la responsabilité incombe à l'Etat, ne s'est pas encore penchée sur une législation facilitant l'accès aux services de prévention.

Quel rôle peut jouer la loi dans l'épidémie du SIDA ?

La loi peut avoir un impact immédiat et direct sur l'épidémie du SIDA. La vulnérabilité des personnes à l'infection est aggravée lorsque leurs droits économiques, sociaux ne sont pas respectés. La réduction de la stigmatisation attachée à l'infection au VIH et la sensibilisation de la population entière peuvent contribuer grandement aux efforts de prévention. Une protection insuffisante des droits de la personne contribue de préférence à alimenter l'épidémie. Certaines lois peuvent aider à la création d'un environnement positif, lequel peut contribuer à réduire l'expansion de la maladie, par exemples les:

  • Lois qui interdisent la discrimination contre les PVVIH dans les emplois, l'accès aux soins etc.
  • Lois qui protègent la confidentialité d'une PVVIH et celles qui exigent le libre consentement des individus de se faire tester.
  • Loi qui protègent les mineurs contre la violence sexuelle.

Que prévoit la loi haïtienne contre les infecté(e)s qui transmettent volontairement le virus à d'autres personnes?

La loi haïtienne ne prévoit aucune infraction pénale spécifique pour la transmission et l'exposition au risque de transmission intentionnelle du VIH à d'autres personnes.

Peut-on poursuivre en justice une personne qui a transmis le VIH ?

Une telle disposition aurait une incidence limitée vu que la grande majorité des cas de transmission se produit au moment ou la personne ignore encore son propre statut sérologique. Faudrait-il criminaliser ces actes ou faire intervenir les éléments moraux (intention manifeste) et matériels (le fait du viol lui-même)? La coercition est un outil un peu brutal pour inciter les personnes à modifier leur comportement, dans un domaine aussi privé tel que la sexualité.

Quel est la position de l'Église par rapport au SIDA en Haïti ?

En dépit du fait que l'Église fournisse une grande quantité de service en soins sanitaires en Haïti, elle a toujours gardé un profil bas quand il s'agit du VIH/SIDA. Les pasteurs ont tendance à considérer le SIDA comme un châtiment ou une punition infligée à la société parce qu'elle ne respecte pas les règles divines. Trop souvent l'Église, l'ensemble des chrétiens continue à nourrir un silence complice ainsi que la peur de la maladie, alors qu'il convient de défendre la cause des personnes infectées et affectées face à la discrimination, à une société permissive bourrée de tabous. L'utilisation du préservatif pour réduire l'impact de la maladie sur la jeunesse particulièrement est souvent considérée comme une licence au libertinage sexuel. L'Église est en attente de définir une position claire sans que les efforts entrepris dans la lutte contre cette épidémie soient minimisés. Le fait que les pasteurs, prêtres, laïcs et autres religieux vivent dans la communauté et soient en contact étroit avec les personnes, les rend très utiles et précieux pour les activités d'éducation et d'information sur le VIH/SIDA et les droits de l'homme.

C'est quoi ONUSIDA ?

L'ONUSIDA est le programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA co-parrainé par sept institutions des Nations-Unies dont l'UNICEF, le PNUD, le FNUAP, le PNUCID, l'UNESCO, L'OMS et la Banque Mondiale. Il a débuté ses activités en janvier 1996. L'ONUSIDA est fondé sur le concept d'une riposte élargie au VIH/SIDA dans les institutions des Nations-Unies et les autres acteurs concernés peuvent, sur la base de leurs compétences spécifiques, répondre aux problèmes qui entrent dans le cadre de leur mandat. L'ONUSIDA coordonne, renforce et appuie toutes les activités des Nations-Unies visant à prévenir la transmission du VIH, à fournir des soins et un soutien, à agir contre la vulnérabilité des personnes et des communautés au VIH, et à atténuer l'impact de l'épidémie.

C'est quoi la Journée Mémoriale du SIDA (AIDS Memorial Day) ?

La première Journée Mémoriale du SIDA fut tenue en 1983, alors que la cause du SIDA était inconnue et que seulement quelques milliers de décès dûs au SIDA étaient enregistrés dans le monde. Les organisateurs, eux-mêmes des infectés, désiraient honorer la mémoire de ceux qui sont disparus à cause du SIDA et pour témoigner leur support aux PVVIH. Aujourd'hui l'événement continue à commémorer ceux qui sont décédés de suites du VIH/SIDA, soulève la conscience de l'impact global et local du VIH/SIDA et mobilise les réponses apportées par les communautés.

Pourquoi ce Ruban Rouge qui arbore les messages sur le SIDA ?

Le Ruban Rouge est devenu une partie intégrale de la mobilisation générale sur le SIDA. Le Ruban Rouge a été créé en 1991 par "Visual AIDS" à New-York. Depuis sa création, il continue à être le plus puissant symbole de solidarité à travers le monde. Sa principale force est dans l'ouverture des moyens de communication en défiant la stigmatisation et la discrimination dont font face les PVVIH. Des niveaux de mobilisation de ce symbole international augmentent d'année en année.

Continuation: Partie 4: Informations additionnelles

Cecosida
Panos Institute
La publication de ce guide a été financée par les Instituts Nationaux de Santé (NIH) des États-Unis.