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Introduction Le témoignage oral au service du développement durable La voix des communautés pauvres est rarement entendue dans le débat sur le développement Pourquoi? Simplement parce que ce débat se fait à travers des documents écrits. Pour changer ceci, il faut permettre aux gens de s'exprimer comme ils savent le faire: oralement. Les témoignages enregistrés peuvent être alors communiqués à plus large public. On donne ainsi la parole a ceux qui sont généralement tenus à l'écart des flux de communication. Si être pauvre signifie avoir moins de voix, alors être le plus pauvre veut dire être le plus silencieux de tous. Parfois certaines organisations gouvernementales et/ou non gouvernementales "parlent en leur nom" mais pas toujours de bonne fois. Il est certain que les membres d'une communauté sont les mieux placé pour formuler leurs problèmes et de défendre leurs intérêts La retransmission des témoignages recueillis permet au reste de la société de connaître les points de vue et opinions des gens plus marginalisés. Ceci permet de créer un espace d'échange qui pourrait conduire à la résolution de certains des problèmes qui polarisent la société.
Par ailleurs, les membres d'une communauté ont tendance à concevoir les problèmes d'une façon globale contrairement aux experts. Ceux-ci les considèrent comme des sphères sans connexion entre elles: travail, agriculture, santé, éducation, etc. De plus, la communauté tend à mettre l'accent sur les connections plutôt que sur les différences. Les témoignages oraux montrent les liens qui existent entre tous les aspects de la vie, et aussi que la façon de percevoir les choses et presque aussi importante que les faits eux-mêmes. Cette technique peut aussi renforcer les liens à l'intérieur de la communauté elle-même. Le partage d'expériences favorise une communication plus objective, favorable a la discussion de tension non exprimées. Les thèmes et les activités Cette initiative de l'Institut Panos vise à accroitre la connaissance et la perception des Haitiens aussi bien que le public caraïbéen sur la vie des personnes qui vivent dans les communautés d`Haïti. L'objectif est de mettre en relief les divers thèmes de développement et de montrer les impacts sur les individus aussi bien que sur la société au sens large. Les cinq thèms centraux sont les suivants:
Afin de receuillir les témoignages, Panos recherche du support pour:
Préparation et formation Définition des sujets d'enquête et planification de l'entrevue Les cinq thèmes identifiés (Femmes, Écologie,VIH-SIDA, Enfants de rue, Migration et déportation) sont très diversifiés et très larges. Il faudra, à l'intérieur de chacun d'eux, enquêter sur de sujets spécifiques. Pendant la formation les journalistes, identifieront ces sujets. Ceci peut se faire en groupe, en discutant de la meilleure façon d'aborder chacun de ces thèmes. En plus de cela, des spécialistes, ainsi que des membres de la communauté pourront être consultes. Après avoir exploré les thèmes et les sujets, il est utile de distinguer les sujets principaux des sujets secondaires. Ceci est important pour savoir quelle importance accorder à chacun des points au cours de l'entrevue. Basé sur cet exercice, un plan d'interview (un questionnaire) devrait être conçu. Ce plan doit tenir compte de traductions et de la façon dont les membres de la communauté communiquent entre eux. Il faut de plus possible s'adapter à leur façon de parler. Sans pour autant tomber dans le FOLKLORIQUE! Il ne faut pas essayer de couvrir tous les sujets au cours de chaque entrevue, surtout quand il y en a beaucoup. La communication serait conduite et le flot d'information en souffrirait. Pour couvrir tous les sujets, il est recommandé de prévoir une série d'entrevues (à des personnes différentes en fonction des connaissances de chacun d'entre eux).
Les entrevues de témoignage oral doivent être ouvertes afin que l'interviewé se sente en confiance et puisse communiquer de façon fluide et vous parler de leur expériences personnelles. L'interviewer devrait garder un esprit ouvert, savoir tenir compte d'aspects qu'il n'avait pas prévu afin de pouvoir approfondir les questions. En ce sens le plan d'interview n'est pas une liste qu'il faut suivre à la lettre mais plutôt un regroupement de sujets importants. C'est une "carte" qui montre ou se dirige l'entrevue et empeche qu'elle ne dérive sans but ou quel ne perde sa direction quand des détours sont pris. Les bonnes questions sont celles qui ont un sens et qui animent l'interviewé. Elles servent à orienter l'entrevue tout en laissant suffisamment d'espace pour que votre interviewé puissent se sentir libre de "parler" d'exprimer ses idées. Des questions additionnelles peuvent être introduites pour assurer que les sujets clés sont couverts, sans oublier celles introduites par votre interlocuteur et qui méritent d'entre approfondies. Afin de créer une ambiance agréable et détendue, n'oubliez surtout pas les formules de politesse et de montrer que vous vous intéressez à votre interlocuteur: Parlez-lui de sa famille, de ses activité, etc. Les questions les plus courtes sont ordinairement les meilleures. Il ne s'agit pas d'impressionner l'autre avec vos connaissances mais plutôt d'écouter ce qu'il a à vous dire.
L'entrevue Pendant la formation, chaque journaliste devra conduire une ou plusieurs entrevues pour pratiquer. Dans la mesure du possible, les journalistes devraient travailler par paires, pour que chacun ait la chance d'observer et de conduire une entrevue. Ceci leur permettra de mieux apprécier comment poser des questions, et surtout pourquoi il ne faut pas poser des questions dirigées. Les entrevues de pratique seront enregistrées, puis écoutées et discutées parle groupe. Cette expérience permet aussi à chacun de mieux cerner le thème qu'il désire traiter et de commencer à formuler le plan de son entrevue. Le choix des interviewés Avant de commencer les entrevues, les interviewers et le formateur devraient visiter l'endroit ou les témoignages seront recueillis. Ils devraient expliquer le projet aux leaders de la communauté et identifier les interviewes potentiels. Ces personnes seront choisies en fonction de leurs responsabilités et de leurs fonctions dans la communauté, mais aussi en fonction de leur capacité de s'exprimer clairement. Il est fondamental que les interviewé(e)s comprennent et partagent la façon dont leurs témoignages seronts utilisés. Assurez-les que, s'ils le demandent que'anonymat sera respecté. Entendez-vous sur l'heure la plus convenable pour l'entrevue (en tenant compte de leurs disponibilités pas des vôtres). Il est souvent plus difficile aux femmes de se libérer de leurs multiples obligations. La diversité est un atout. Choisissez des personnes provenant de secteurs différents, appartenant à divers groupes d'âge, ayant des occupations qui ne soient pas les mêmes Vos sources doivent avoir des expériences et perspectives qui sont particulièrement intéressantes. Par exemple, les femmes interviewées pour "Femmes :poto mitan de tout projet de développement durable" devraient avoir une petite entreprise personnelle pour parler de leurs expériences personnelles, leurs perceptions et leurs préoccupations. Mais, il peut être utile d'inclure certaines femmes qui sont des organisatrices, qui ont des responsabilités très importantes ou représentent des organisations (organisation commerciales, informelles ou des groupes de femmes organisées, etc. ) Ces informatrices seront en mesure de parler beaucoup plus de la situation des femmes et de leurs besoins et comment elles y font face. Ce genre d'entrevues pourraient alimenter de séries de programmes radio. Les enfants de rue à être interviewés doivent inclure ceux qui vivent totalement dans la rue et ceux qui retournent à la maison qu'ils soient garçons ou filles, ceux nés dans la ville et originaires des provinces. Concernant les émigrés, il est important d'interviewer tous les types de gens avec des expériences migratoires, aussi bien que les criminels et d'autres déportés. Une sélection similaire devrait être faite concernant les témoignages sur " l'environnement" et le VIH/SIDA la plupart des interviews seront des gens s'impliquant directement dans le ressources naturelles ou maritimes ou des personnes vivant avec leVIH/SIDA, etc. Ici également certains professionnels de la sante et certains organisateurs de la communauté seront d'une importance vitale pour décrire la situation de façon plus globale. N'hésitez pas à interviewer des personnes que vous connaissez déjà. L'avantage est qu'elles se sentiront plus en confiance et un bon rapport sera plus facilement établi. De plus, une certaine connaissance du milieu permet au journaliste de mieux choisir ceux qui ont des choses intéressantes à dire, ceux qui sont les plus disposés à s'exprimer franchement Méthodes de recueil / collecte Comment recueillir un témoignage oral?
Conduite de l'entrevue
Dans chaque entrevue, il faut définir un nombre de sujets afin de découvrir des réponses détaillées et personnelles. Les entrevues doivent, de preference, ne pas être trop longue (entre une et deux heures). Le journaliste doit, cependant, être flexible et prêt à intégrer l'imprévisible, Il doit avoir un sens de l'initiative et savoir utiliser son bon jugement pour trouver l'équilibre entre les questions et les sujets prépares et permettre son interlocuteur de parler de quelque chose qui lui tient à cur (Si ce sujet un lien avec le sujet traité, bien sûr). Le journaliste lui-même doit être intéressé par le sujet de recherche et doit le connaître suffisamment pour comprendre ce qu'on lui dit et poser des questions judicieuses. La qualité du matériel recueilli en dépend. Pour que l'entrevue se déroule de la manière la plus agréable possible, le journaliste devrait avoir en tête les questions clés. Le plan ne devrait servir que comme aide-mémoire, vers la fin de l'entrevue, afin de ne pas intimider l'interlocuteur (n'oubliez pas: il n'est pas un professionnel, et vous l'intimidez certainement). Si votre source a du mal à répondre à une question, n'insistez pas trop. Vous pouvez l'encourager à le faire. Mais, n'essayez pas Sous aucun prétexte de le forcer. Recueillir des témoignages est un travail fatigant. Vous devez, à tout moment, être alerte et enthousiaste. Vous ne devez pas programmer plus de deux entrevues par jour (de une à deux heures chacune). N'oublie pas qu'il faut les préparer et écouter attentivement que votre interlocuteur vous dit afin de profiter au maximum de l'opportunité que vous avez de pouvoir recueillir les informations qu'il vous transmet. Il faut également tenir compte des introductions, phase indispensable pour qu'un climat de confiance puisse s'établir entrevous, la recherche d'un endroit idéal, etc. Si votre interlocuteur à beaucoup à dire après deux heures, une deuxième entrevue devrait être arrangée. Aucun de vous deux ne pourra donner le meilleur de lui-même après deux heures. La qualité de votre matériel s'en ressentira. L'enregistrement des entrevues Les entrevues pour les témoignages oraux doivent être enregistrées sur bande magnétique. La présence d'un appareil cassette enregistreuse peut gêner certaines personnes. Il leur faudra un peu de temps pour s'y habituer. D'autres personnes peuvent refuser d'être enregistrés particulièrement quand elles racontent certains événements ou des aspects très personnels de leurs vies. Il est important d'en tenir compte. Vous pouvez leur proposer d'éteindre votre appareil quand ils vous le demandent, quand ils touchent sujet particulièrement sensible. Avoir le contrôle sur "ce qui enregistré sur la cassette" mettra l'interviewé en confiance. Le type d'équipement à être utilisé
dépend de ce que vous prévoyez de faire du matériel
recueilli: Dans ces deux cas, il est recommandé d'utiliser un équipement de qualité professionnelle avec un microphone séparé. Par contre, si les cassettes seront uniquement utilisées pour la transcription, alors un enregistreur avec microphone incorporé est amplement suffisant. La copie originale de la cassette devrait être gardée dans un lieu sûr et ne sera ni corrigée, ni éditée. Après avoir écouté l'enregistrement, le « plan » élaboré au début devrait être vérifiée. S'il vous manque des éléments importants, essayez dans la mesure du possible de revoir votre interlocuteur pour ces compléments d'information. Assurer vous également. De noter la date, l'heure, le lieu de l'entrevue, le nom de l'interviewé et le vôtre, les informations importantes sur le l'interviewé et le thème (en notant aussi les points principaux) de l'entrevue. Elaboration Présentation Les premiers résultats de ce projet seront une série de programme radiodiffusés qui pourront être diffusés en Haïti. Deuxièmement, nous préparerons du matériels, écrit de préférence, pour distribution dans les Caraïbes. Il est important de penser que nous nous adressons à des publics différents: d'un côté, le public haïtien; de l'autre, celui de la région caraïbe. Le matériel produit doit aussi être <<retourné>> aux communautés dont nous avons recueilli les témoignages. Celles ci pourraient utiliser ces informations pour alimenter d'autres discussions ou réflexions plus profondes. De plus, notre objectif est d'utiliser ce matériel pour informer, et peut-être même, influencer le grand public (tant en Haïti que dans la région). Il est donc important que l'information transmise soit fiable et précise. D'où le soin à accorder au processus de révision. N'oubliez pas de citer vos sources quand cela est possible. Vous devez préparer un texte d'introduction pour situer le sujet, son importance, le cadre dans lequel les entrevues se sont déroulées, et aussi des précisions culturelles, historiques ou géographiques. Dans un programme radiodiffusé, les témoignages « oraux » peuvent êtres présentés de façons différentes, comme:
Il est important d'utiliser la richesse forces des témoignages dans la présentation. Insister sur le fait que cette information est peu connue: que les acteurs eux-mêmes partagent leur réalité, vie dans des villages lointains. Souligner aussi que l'on évite ainsi de tout généraliser et de mieux connaître la variété de l'expérience humaines. Dans la Caraïbe, les témoignages oraux, les histoires de vie ou une série des témoignages sont parfois présentés comme pièces de théâtre. Des expositions mixtes peuvent aussi être montrées, en utilisant des cassettes et des vidéos, des affiches avec des extraits transcrits, des objets de la localité, des photos, des contes, des chansons, etc. Transcription Les entrevues sont généralement transcrites dans leur intégralité afin de pourvoir utiliser le matériel ainsi recueilli dans le futur, peut-être sous d'autres formes. Quand on transcrit, il est essentiel d'être très précis. Par conséquent, le journaliste lui-même devrait le faire. Une autre personne pourrait introduite des erreurs. Il faut, tout au moins, qu il révise la version finale, afin de corriger toutes erreur. En moyenne, le processus requiert 5 à 10 minutes pour transcrire chaque minute du discours. Un résumé de ce qui a été dit ne sera pas acceptable.. La richesse même de cette technique serait perdue: la couleur locale, l'individualité e le caractère " orale" des témoignages. La façon de parler locale ne devrait pas être perdue. Par contre, élimer les hésitation, les répétitions, les exclamations inutiles. Les événements peuvent être placés dans un ordre logique et les réf1-rences à un sujet peuvent être réunies afin de rendre l'entrevue plus cohérente et lisible. Traduction et adaptation des matériels Après avoir terminé la terminé la production des témoignages oraux en Haïti, nous traduirons certains matériels pour utilisation dans la région. La traduction devrait chercher à être le plus fiable possible. On tachera de garder les métaphores, les proverbes et autres mots ou phrases même quand elles ne peuvent être traduites littéralement. Quand nécessaire, une explication sera ajouté entre parenthèse. Le souci le plus grand sera accordé aux spécificité de la langue. Initiatives dans la Région caraïbe Memory Bank (Jamaïque) "Un homme âgé meurt ... un livre est perdu!" La plus grande partie de l'héritage culturel des Caraïbes n'est pas enregistrée, particulièrement celui des africains. La Memory Bank de la Jamaïque a été établie en 1981 avec les objectifs de documenter l'héritage du pays " en exploitant les souvenirs de nos citoyens âgés pour que leur connaissance soit disponible pour la postérité". C'était l'initiative d'un petit groupe de personnes dont le travail dans les sciences sociales et la documentation de la musique populaire les a alertés au rythme auquel la connaissance et la culture Jamaïcaines disparaissaient. La Memory Bank a été vite supportée par une équipe à travers l'île toute entière et en 1984, le projet a inspiré un séminaire régional. Ceci a donné comme résultat l'établissement d'un réseau de banques à travers les Caraïbes. Un facteur clé dans le déclin de la culture et de l'histoire traditionnelles est l'influence croissante des mass média principalement en provenance de l'Amérique du Nord. Également beaucoup de peuples de la Caraïbe ont des descendances d'esclaves africains , qui ont été activement découragés de continuer leurs pratiques culturelles. descendants des ouvriers indiens travaillant dans les plantations, qui avaient beaucoup plus de libertés culturelles, ont retenu un sens plus puissant de leur identité et de leur histoire. La Memory Bank de la Jamaïque s'est par conséquent concentrée sur l'héritage Afro-Caraïbéen. Les entrevues sont menées par des volontaires qui sont formés par une équipe de chercheurs professionnels. Les matériels recueillis comprennent des entrevues enregistrées sur cassettes, des vidéos, des artefacts, des photos et des manuscrits. Les entrevues vont de discussions sur un sujet précis à des histoires de toute une vie. Au début des années 90, ce projet a commencé à impliquer plus activement les gens âgés pour la mise en uvre du projet. Il a été constaté qu'une personne âgée interviewant une autre personne âgée générait une conversation plus facile et des matériels plus consistants. Actuellement, beaucoup de jamaïcains âgés dont la plupart ont plus de 80 ans ont été interviewés ans. De plus, plusieurs chansons ont été enregistrées des cérémonies, des célébrations et autres ont été photographiées ou filmées. Le matériel est documenté avec prudence, indexé, classifié et analysé sur les informations qu'il contient, par exemple, des informations culturelles, pratiques, scientifiques, botaniques, linguistiques ou médicales. Alors que la Memorie Bank de la Jamaïque a un rôle évident d'archivage, elle a également une fonction de développement importante. Comme le cours des changements augmente et que l'influence économique de l'Amérique du Nord devient plus difficile à résister, il a été ressenti un sens plus fort que l'histoire des Caraïbes aidera la région à définir et poursuivre sa course de développement propre. Folk Research Centre (Sainte-Lucie) "Culture pour le développement" Le projet de témoignage oral du Folk Research Centre ( " Plas Wichech Foklo ") de Sainte Lucie est basé sur un concept de la Memory Bank de la Jamaïque. Cependant, à coté de la documentation et de la promotion des ressources culturelles et la préservation du passé, le Centre analyse celles-ci pour leur intérêt aux stratégies de développement moderne. Ceci reflète un sentiment fort que l'action de développement actuel ignore et même appauvrit plusieurs sections de la communauté et que des méthodes et des formes alternatives d'organisations sociales sont nécessaires. Le Centre forme et emploi des gens âgés pour recueillir les histoires de vie et des connaissances locales et prépare ensuite des " trousses cultures" pour les écoles qui peuvent être utilisées dans une variété d'activités éducationnelles / estudiantines. Les personnes interviewées sont introduites à l'histoire de Sainte-Lucie, en particulier à la culture créole et sont familiarisées aux formes d'expression créole principalement la façon dont les gens ont tendance à définir le temps et la définition de certaines phrases récurrentes. Le Centre vise à alimenter les informations recueillies à une grande partie de la communauté le plus que possible pour solliciter leurs réponses et suggestions. Ceci se fait grâce à des ateliers communautaires qui incluent une exhibition photo, présentation de diapositives, une présentation formelle en créole suivie d'une pièce de théâtre présentée sur les histoires recueillies. Conséquemment, les gens ont une chance pour répondre et commenter et se joindre à différentes activités menées par les groupes culturels locaux. "Femmes et la guerre" (Le Salvador et le Nicaragua) "Est-ce que cela valait la peine?" Alors que les impacts des conflits armés à travers le monde ont une familiarité choquante mort- paralysie handicap viol déplacement séparation familiale destruction écologique et économique les expériences des femmes ne sont pas uniformes. En 1993, l'Institut Panos a commencé une grande campagne, un projet de témoignage oral global sur les "femmes et la guerre" . En deux ans , ce projet a recueilli plus de 200 témoignages de 12 pays en autant de langues. Les femmes en provenance du Salvador, du Nicaragua, du Tigré ( Éthiopie), de l'Ouganda, de la Somalie, du Libéria, du Sri-Lanka, de l'Inde, du Vietnam, du Liban, de la bosnie et de la Croatie ont révélé leurs points de vue et leurs expériences comme combattantes, participants, réfugiées, victimes déchirées entre les factions belligérantes, les organisateurs de la paix et la réhabilitation, les parents et les partenaires des tués et des disparus. Elles ont parlé de dommages physiques et psychologiques de la guerre et de la lutte pour la survie économique. Afin de recueillir les entrevues, Panos a travaillé avec des groupes de femmes déjà existant ou une équipe a été établie avec les interviewers représentant différentes organisations et intérêts. Les partenaires n'étaient pas seulement intéressés à l'information mais aussi de gagner dans le processus de collection. Les ateliers de formation étaient organisés pour discuter et développer les thèmes sur lesquels les femmes désiraient se concentrer mais explorant également les techniques et la valeur de la collecte du témoignage oral. En Amérique Centrale, les interviewers ont trouvé que la collecte des témoignages oraux et leur utilisation étaient si importantes pour la prise de conscience, la réflexion que les activités ont continué après que le premier projet Panos n'arrive à sa fin. En 1996, au Salvador, un livre a été produit spécifiquement pour ce pays, il a été largement disséminé et utilisé dans un certain nombre de séminaires et d'ateliers. Le livre du Salvador, intitulé << Valió la Pena ? >> met en relief les impacts continus du conflit passé et les possibilités et les nécessités pour un changement social actuellement et à l'avenir. Un atelier spécifique a été réalisé pour les femmes interviewées, leur donnant ainsi une opportunité pour faire une auto-évaluation des témoignages deux ans après qu'ils ont été recueillis et aidé à concevoir des stratégies spécifiques pour le développement et la réconciliation. L'Institut Panos travaille sur la collecte de témoignage oral depuis la fin des années 80. Ce programme tient ses origines dans la région du Sahel en Afrique où Panos en collaboration avec SOS Sahel (Royaume-Uni) avait interviewé plus de 500 personnes âgées. Les perceptions et les récollections de ces fermiers et pêcheurs, nomades et pastoraux originaires de 8 pays ont été documentés pour apprendre le changement naturel, social, économique dans lequel ils vivent. Par la suite, Panos a publié un livre de référence sur le sujet, c'est aussi un guide pratique et une introduction à la collection et à l'utilisation du témoignage oral dans le développement.
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