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Productions

The Panos Institute Caribbean supports journalists from all around the region, to jointly produce and disseminate information. Currently, Panos brings out the following series of media products in English, French, Kreyol and Spanish:

Panos Caraïbes/MDE/Formation/Ritz Kinam
Sensibiliser les journalistes sur les problèmes de l'environnement

L'institut Panos Caraïbes, en collaboration avec le ministère de l'Environnement (MDE), a organisé, le vendredi 2 février 2007, à l'Hôtel Ritz Kinam II (Pétion-Ville), une session de formation à l'intention des journalistes de la capitale. Thème retenu: «renforcer la capacité des journalistes pour sensibiliser le public sur les problèmes de l'environnement». Les intervenants, sous forme d'exposés thématiques, ont donné lieu à des débats passionnants mettant à nu l'urgence d'assurer la protection de l'environnement.

L'institut Panos Caraïbes, en collaboration avec le ministère de l'Environnement (MDE), a organisé, le vendredi 2 février 2007, à l'Hôtel Ritz Kinam II (Pétion-Ville), une session de formation à l'intention des journalistes de la capitale. Thème retenu: «renforcer la capacité des journalistes pour sensibiliser le public sur les problèmes de l'environnement». Les intervenants, sous forme d'exposés thématiques, ont donné lieu à des débats passionnants mettant à nu l'urgence d'assurer la protection de l'environnement.

«Nous travaillons de façon à nous assurer que les informations sur le développement durable soient utilisées efficacement pour favoriser le débat au niveau de l'opinion publique». Par ces propos, le représentant de l'Institut Panos Caraïbes en Haïti, Jean-Claude Louis, a fait état des stratégiques appliquées et des objectifs dans le cadre de cette séance de formation qui a réuni plus d' une vingtaine de journalistes de la capitale. «Panos s'applique à promouvoir la participation de tous les groupes de la société et porter les leaders et les décideurs à rendre compte de leurs actions», avertit M. Louis qui dit cibler les différents groupes directement touchés par les politiques de développement dans sa stratégie de travail avec les médias.

«Gestion des désastres en Haïti et rôle de la Direction de la protection civile (DAC)», tel est le titre de la communication présentée par l'Agronome Roosevelt Compère, coordonnateur à la Prévention au ministère de l'Intérieur et directeur de la DPC. Reconnaissant, en effet, que la gestion des désastres en Haïti est un véritable défi, M. Compère admet que des menaces sismiques et météorologiques pèsent lourdement sur la population haïtienne vivant dans les zones côtières les plus reculées du pays et les bidonvilles vulnérables ceinturant les grandes villes haïtiennes. «La population fait constamment l'expérience de risques croissants et est souvent victime de tempêtes tropicales, d'inondations, d'éboulements, de déversements d'hydrocarbures, de glissements de terrain, de manque d'assainissements urbains, de pollutions de sources», déplore M. Compère qui note à son compte qu'Haïti a été victime, de 1900 à 2004, de 56 catastrophes liées à des phénomènes d'origine climatique, dont 19 cyclones et tempêtes, 28 inondations meurtrières et 7 périodes de sécheresse. «Ces catastrophes ont fait près de 18.403 victimes et plus de 6 millions de personnes sinistrées», souligne-t-il comme pour indiquer que du train où vont les choses en matière de l'environnement, ce palmarès accablant n'est que provisoire.

Menaces et vulnérabilités, changements climatiques, bref, problèmes environnementaux... autant de thèmes abordés par le conférencier qui garde encore en mémoire les tristes souvenirs des événements catastrophiques les plus récents en date ayant provoqué la mort de plus de 5.400 personnes lors des inondations de Fonds-Verrettes, Mapou et de la tempête tropicale Jeanne aux Gonaïves, en 2004.

Roosevelt Compère relève que la situation demeure encore précaire, malgré les efforts consentis par les organisations nationales et internationales pour contrer les effets néfastes des désastres et des changements climatiques en Haïti. «Les défis à relever doivent passer par la mise en place d'une stratégie nationale visant, entre autres, à éduquer et à sensibiliser la population sur la problématique des risques et désastres. Mais aussi à assurer la mise en oeuvre du Plan d'Action pour l'Environnement», a laissé entendre M. Compère qui préconise l'intégration de la gestion de l'environnement dans les politiques de développement.

Les grands axes de la politique environnementale du MDE


Lionel Parisien, directeur de l'Inspection environnementale au MDE, a, du mieux qu'il a pu, fait la mise en contexte historique de la création du MDE. Louant l'initiative des constituants d'avoir consacré un chapitre entier à la question de l'environnement, M. Parisien a retracé les différentes étapes suivies par le MDE dont le rôle est de veiller au respect et d'assurer la protection de l'environnement. Du Sommet de Rio en 1992 où le concept a été associé au développement durable au Décret de Gestion sur l'Environnement paru en 2006 en passant par la finalisation en 1999 du Plan d'Action pour l'Environnement (PAE), M. Parisien, en historien du MDE, a été on ne peut plus convaincant. Rhétorique officielle. Phraséologie appliquée. Logique d'un fonctionnaire qui connaît par coeur les grandes lignes des orientations de la politique du gouvernement en matière d'environnement sur la base de l'exposé de politique générale du Premier ministre Jacques-Edouard Alexis au Parlement. «Le renforcement de la capacité de gestion de l'environnement, la gestion intégrée des zones côtières et marines, l'assainissement de l'environnement, le support à l'exploitation des mines et carrières... autant de points parmi bien d'autres considérés comme les axes prioritaires en matière de gestion de l'environnement», a indiqué Lionel Parisien.

La mer et l'être haïtien

Sous le thème «La mer et l'être haïtien», le Dr Ernst Wilson a présenté les formes et dimensions des océans. «A partir d'une exploitation responsable des ressources marines, Haïti peut devenir une puissance hémisphérique», lance l'océanologue qui croit qu'Haïti, en plus d'être un pays agricole, est un pays aquacole, piscicole et que sait-il encore.

Passant en revue les conséquences de l'érosion sur la mer, Dr Wilson fait remarquer qu'il y a un interface constant entre la terre et la mer. «Deux éléments fondamentaux peuvent rendre la mer prospère: la sécurité et la sûreté maritimes», indique-t-il en pointant du doigt les instances légales placées pour protéger la mer, en l'occurrence le SEMANAH (Service maritime et de navigation d'Haïti) et la Police maritime, mais avec une attention spéciale sur la politique maritime indispensable à une révolution en ce domaine.

Ernst Wilson a donc plaidé pour la création d'une chaire d'océanologie aux Facultés des Sciences et d'Agronomie à l'Université d'Etat d'Haïti et préconisé du même coup l'émergence du journalisme scientifique en Haïti en vue du transfert de savoir-faire et de techniques y relatives.

Lucienna Exil: les zones humides

«Haïti est un pays à écosystème montagneux», a fait remarquer le chef de service des Ecosystèmes littéraux et aquatiques au MDE, l'agronome Lucienna Exil. Etudiant l'importance des zones humides, le spécialiste en écosystème plaide en faveur de la protection de la flore et de la faune aquatiques. «Il faut la gestion concertée et durable des zones humides par les différents secteurs», lance-t-il avant de procéder à leur classification en 5 grands systèmes: estuaires, milieu marin, riverain, palustre, lacruste.

Le grand dilemme de Pierre Manigat, Jr

«Faire comprendre le rôle de la presse dans la lutte pour la protection de l'environnement m'enferme dans un grand dilemme», avoue, désespéré, le rédacteur en chef du Journal Le Nouvelliste, Pierre Manigat Jr que Panos Caraïbe et le MDE ont cru bon d'associer à leur initiative d'organiser cette session de formation. Pour renforcer, selon leur mot, la capacité des journalistes à sensibiliser le public sur les problèmes de l'environnement en Haïti.

Comme pour jouer " franc jeu", l'orateur averti a tenté d'aborder le sous-thème proposé en tenant compte de la réalité environnementale du pays. Très sceptique sur le fait que l'Etat haïtien serait engagé dans une lutte visant la protection de l'environnement et sur laquelle il importerait de sensibiliser les journalistes, M. Manigat a vite fait de trancher: «En Haïti, on a tendance à réduire l'environnement ou encore, la lutte pour la protection de l'environnement aux manifestations accompagnant les journées internationales de l'eau, de l'Habitat... aux actions coup de poing pour le reboisement», raille-t-il à son compte. Il ne voit là que des aspects superficiels du programme de lutte pour la protection de l'environnement d'un Etat conscient de la dégradation de son système écolo. «Pour bien saisir mes légitimes appréciations, je vous réfère à l'ouvrage «En toute urbanité» paru aux Editions Mémoire, Collection Rupture, Imprimeur II, 2001», précise l'intervenant qui enjoint l'Etat haïtien à élaborer une politique nationale de communication pour le développement, avant de définir le rôle de la presse dans la lutte pour la protection de l'environnement. Débats houleux, passionnants. En perspective d'un pays salubre, vivable comme le rêvait l'architecte Albert Mangonès. " En toute urbanité".



Robenson Bernard
Source: lenouvelliste.com

[ Posté le 22/02/2007]