Productions
The Panos Institute Caribbean supports journalists from all around
the region, to jointly produce and disseminate information. Currently,
Panos brings out the following series of media products in English,
French, Kreyol and Spanish:
TB/Citymed /Beaumont
Malades tuberculeux: Assistances sociales négligées
La tuberculose fait de nombreux ravages dans plusieurs régions de la planète, particulièrement dans les Caraïbes. En Haïti, dans le département de la Grande Anse en particulier, la maladie frappe fort. Les patients tuberculeux de l’hôpital Citymed de Beaumont, à côté des souffrances liées à la maladie font face à des difficultés d’ordres sanitaires et sociales accrues.
Anémie, douleurs aux genoux, faiblesse générale, carence en vitamines, toux prolongée, fièvre aigue, tels sont les principaux signes des malades tuberculeux. Après le test de dépistage qui consiste en un prélèvement en série de crachats, les malades testés positifs à l’hôpital Citymed sont ainsi habilités à recevoir les médicaments que nécessite leur cas, selon les propos de Mme. Florie Louis Jean, infirmière responsable du programme de tuberculose. Les registres de l’hôpital Citymed de Beaumont révèlent également que la quasi totalité des malades tuberculeux développe une tuberculose pulmonaire (TPM+), avec un faible pourcentage de cas extra pulmonaire. Ils font, par ailleurs face à de graves problèmes de la faim.
La stratégie DOTS représente le principal moyen de traitement adopté par le staff médical de l’hôpital, à l’endroit des malades tuberculeux. Environ une vingtaine de patients suivent actuellement un traitement antituberculeux à l’hôpital Citymed de Beaumont. Ces malades, logés chez eux, prennent leur médicament sous le contrôle d’accompagnateurs engagés par les responsables de l’hôpital, de concert avec les parents de ces derniers. Le programme DOTS est une stratégie de traitement directement supervisé et de courte durée. Elle priorise l’examen des crachats, souligne Mme Louis Jean, et exige que le malade avale ses médicaments en présence d’une personne engagée dans le traitement et ayant la responsabilité de s’assurer que les médicaments sont pris quotidiennement par le patient.
Les patients qui suivent ce traitement font parallèlement face à de graves problèmes de faim. La nourriture, les soins sociaux et les vitamines représentent une casse-tête pour les malades. « Ils sont mal nourris, anémiés et présentent une carence en fer», déclare la responsable, Florie Louis Jean. Face à la situation de famine que connaissent la plupart des malades, la responsable se dit choquer et parfois, dépasser par cette situation de dépression dont est victime la quasi totalité de ses patients.
Un malade tuberculeux avoue ainsi sa peine contre la maladie, « Je suis devenu une squelette vivante, la maladie me déstabilise, la toux et la fièvre me tracassent énormément ».
Ce patient tuberculeux a, par ailleurs, soulevé des problèmes d’ordres nutritionnels hygiéniques et d’espaces décents auxquels il fait face depuis le début de sa maladie. « Avoir 9 à 10 comprimés à avaler chaque jour sans une nourriture solide est un très lourd fardeau », a-t-il confié.
Malgré tous ces problèmes, le taux de guérison est significatif, déclare la responsable, Florie louis Jean. Il varie entre 60 à 70%. « Les cas d’abandon ou de rechutes sont recherchés par la responsable du programme, ce qui fait que nos patients sont traités, après la durée du traitement », selon les déclarations d’un médecin, affecté a ce centre hospitalier.
Le programme DOTS appliqué par l’hôpital Citymed de Beaumont comme dans plus de trois cents centres hospitaliers du pays est coordonné par le Ministère de la Santé Publique et de la Population à travers son organe de coordination nationale l’UCC. Cette Unité de Coordination et de Contrôle œuvre aux côtés des différents intervenants dans ce secteur, et compte, entre autres, dans sa structure, le Programme National de la Lutte contre la Tuberculose (PNLT), dirigé par les Dr : D’MEZA et Brunel Delonnay.
Si l’appui offert aux personnes atteintes de tuberculose permet une amélioration considérable chez ces patients, il demeure toutefois que ces patients font face à de graves problèmes de malnutrition. Et c’est malheureusement la situation de nombreux patients disséminés un peu partout dans les dix départements du pays. De nombreux observateurs s’interrogent ainsi sur l’application de ce programme. Le traitement DOTS appliqué pour l’accompagnement des personnes atteintes de tuberculose ne devraient-ils pas dépasser les problèmes liés à la prise en charge médicale. Ne devrait-il pas bénéficier davantage de l’implication des professionnels de la santé, notamment ceux de la société civile et de l’appareil étatique?
Marc Jeris Louis Jean
Panos Caraïbes
[ Posté le 17/07/2006] |