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Productions

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Haïti/Santé : Adieu aux moustiques ?

Le ministère de la Santé Publique et de la Population de concert avec le Programme de Santé et Information (PSI-Haïti) a démarré une distribution d’un millier de moustiquaires dénommées SERENA.Traitées au moyen d’un insecticide à effet prolongé, cette opération vise à protéger contre le paludisme quelques 2,3 millions d’enfants en Haïti.

Lancée en Haïti le 13 Mars 2006, cette moustiquaire est inodore. De couleur blanche, elle mesure 190 cm de long. Plus de 20 mille exemplaires ont été vendus ou distribués selon Jennifer Théophilie, responsable marketing à PSI-Haïti. L’unité se vend à deux cent gourdes souligne- t-elle. Les personnes défavorisées semblent être la cible visée d’après ces propos.

D’après Mme Théophilie environ 300 volontaires de PSI et autres agents communautaires qui sont en mesure de toucher les villages isolés du pays joueront un rôle important pour la réussite de la campagne. « Ils sont formés à expliquer aux familles comment le paludisme se transmet, pourquoi il est essentiel d’utiliser les moustiquaires et comment elles doivent être installées » commente-t-elle.

Les moustiquaires sont les meilleurs moyens physiques de se protéger. Nombre d’institutions proposent la moustiquaire SERENA. Ce nom a été adopté, après une étude menée en Avril 2005 par la section de recherche de la PSI-Haïti. Elle prévient les éventuelles piqûres de moustiques.

Faire reculer la malaria

60 à 80 % de la population risque d’attraper la malaria. La maladie reste endémique selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Il suffit d’une parisitose dûe à un protozoaire transmis par la piqûre d’un moustique pour être infecté.

Dr. Myriam Léandre, responsable de ce projet à PSI, explique que cette opération s’inscrit dans le prolongement d’une initiative à relever les principaux défis de santé Publique dans le pays.

Cette maladie tue un million de personnes dans le monde d’après les récentes études menées par l’OMS. Les enfants et les femmes enceintes sont parmi les groupes à haut risque. La prévalence reste élevée en Haïti avec un taux de 70%. Par contre l’appréciation précise du phénomène demeure difficile à cause de la faiblesse du système d’enregistrement des données note le Dr.Myriam Léandre.

« Nous devons de toute urgence renverser la situation tragique d’Haïti, où un enfant sur trois n’atteint pas son cinquième anniversaire sans être infecté. Comme résultat, la moitié des décès est imputable au paludisme, souligne le Dr. Mirtha Louissaint du MSPP ».

Moustiquaire Séréna

Les moustiquaires Séréna sont garanties pour une durée de cinq années. Toujours efficace après 20 lavages, elle repousse les moustiques même à distance. Le MSPP compte prémunir ainsi dans les 9 départements contre le paludisme tous les enfants de moins de cinq ans, particulièrement vulnérables à la maladie.

Celles-ci doivent être en parfait état et bien jointives. Elles doivent recouvrir entièrement le lit. Généralement, c’est préférable de les placer dans les chambres à coucher. Ensuite, scellez ou grillagez toutes les autres voies de pénétration possible des moustiques.

Après une première utilisation, Séréna ne nécessite aucun traitement particulier. Une fois traitée avec l’insecticide, la moustiquaire ne doit pas être lavée trop fréquemment. « Ces moustiquaires sont vitales. J’estime qu’elles sauveront quelques milliers d’enfants soutient un utilisateur, rencontré à l’un des points de vente ».

Roger, un résident de Delmas demande à son tour aux organismes concernés de réduire le prix des moustiquaires. A deux cent gourdes, c’est exhorbitant puisqu’on arrive même pas à trouver les deux bouts poursuit-il.

Des défis énormes

Le faible niveau de revenu de la population constitue un handicap majeur à l’adoption de comportements à risque. Cet handicap majeur augmente la propagation de la malaria souligne Dr. Mirtha Louissaint.

Le véritable problème de cette prévention est le coût souvent trop élevé pour les populations touchées qui ne peuvent donc se l’approprier du fait de leur pauvreté.

Entre Temps des spots radiophoniques sont lancés pour mieux informer la population sur l’utilisation de Séréna affirme, le responsable de marketing de ce projet. A contrario bon nombre de gens interrogés de la population disent ne pas être au courant du projet.

Les perspectives

La prévention requiert deux niveaux : Ils visent d’une part à protéger les populations contre les piqûres de moustiques et, d’autre part, à éliminer ces derniers par la mise en place d’un programme d’assainissements.

Plus d’un se demandent quelles sont les mesures parallèles d’assainissement prises telles que : assèchements des marais, drainages des eaux stagnantes où se développent les moustiques pour enrayer définitivement ce mal. Le service National des Endémies Majeurs (SNEM) dans le temps savait offrir ce service. A présent cette entité de l’Etat Haïtien malheureusement n’existe plus. Par ailleurs le ministère des Travaux Publics, Transports et Communication (TPTC) essaie de mettre en œuvre un plan d’assainissement de la capitale selon le nouveau titulaire de ce ministère, Frantz Verella. Un projet qui se fait attendre.

PSI-Haïti fait partie du petit groupe d’organisations soutenant ce projet qui est coordonné par le Ministère de la Santé Publique, avec des partenaires comme CARITAS, CDS, AOPS. Le programme est financé conjointement par Fonds Global et des donateurs de Washington, dont la contribution est canalisée par la Fondation Sogebank. Cependant aucun montant exact n’a été précisé pour l’exécution de ce projet qui durera 3 ans.


Jésula Prophète
Panos Caraibes/ haiti@panoscaribbean.org

[ Posté le 17/07/2006]