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DOSSIER / ENVIRONNEMENT
Gestion des déchets en Haïti : Mythe ou réalité
Par Marie Ludie Monfort
La population haïtienne augmente. Ses déchets davantage. Malgré les efforts déployés par certaines institutions privées pour offrir leur service en terme de ramassage d’ordures, certaines zones reçoivent rarement la visite des camions de poubelles des voiries. Quant à Port-au-Prince, il est submergé d’ordures. L’accumulation des ordures ménagères et les résidus solides devra pourtant faire l’objet des préoccupations du gouvernement. Quelle politique l’État applique-t-il pour arriver à mieux gérer les déchets ?
Le développement économique à travers le monde engendre l’augmentation continue de la consommation des ménages. Le consommateur produit de plus en plus de déchets en consommant. en 2003, entre 6 000 et 8 000 tonnes d’ordures sont produites tous les jours dans la zone métropolitaine, selon les informations communiquées à Panos Caraïbes par le MTPTC- ???). Pourtant, les informations recueillies auprès du SMCRS (Service Métropolitain de Collecte des résidus Solides), démontre qu’entre octobre 2004 à septembre 2005, seulement 240118 tonnes m3 de déchets sont collectés dans l’air métropolitaine et acheminés au site de décharge officielle à Truitier. Le directeur départemental de l’Ouest du Ministère de l’Environnement, M. Astrel Joseph, a indiqué qu’à cause d’un problème constant d’insécurité au niveau des artères menant à Truitier, on observe le déversement anarchique d’ordures un peu partout. « Les camionneurs déversent anarchiquement les détritus dans les ravins, dans le littoral, dans la zone de Carrefour en face de l’Hôtel Royal Haitian, dans les Rivière grise, … », a précisé M. Joseph.
Pour remédier à ce problème, le directeur départemental de l’Ouest, propose deux solutions : sécuriser le site de décharge en plaçant des patrouilles de la PNH au niveau des artères du site ou du moins délocaliser la décharge. (SVP, pensez à réaliser une interview avec une compagnie qui collecte des déchets-voir les problèmes rencontrés-capacité de collecte, pense-t-elle que la majorité des gens serait prets à payer pour collecter leurs ordures et déchets ?-pourquoi aussi que meme dans le site officiel de Truiltier, les dechets sont exposes a l’air libre ??)
La disponibilité des sites de décharges dans toutes les villes y compris dans la capitale représente un problème majeur. Pour Port-au-Prince le SMCRS, crée en 1981, est responsable de la collecte et de la disposition des solides. Pour les villes de Province, la gestion des déchets solides se fait par les municipalités. Certaines zones reçoivent que rarement la visite des camions de poubelles des voiries.
L’agroéconomiste et géographe aménagiste, Roger Michel croit que l’Etat a une grande part de responsabilité face à la dégradation des sites urbains. « Il revient naturellement à l’État la responsabilité de leur restauration, car ces sites demeurent parmi les vecteurs les plus importants de pollution par le rejet dans la capitale. »
Face à la défaillance des voiries, la population, quant à elle, a recours à d’autres moyens pour se débarrasser de leurs déchets. Ces pratiques sont le plus souvent nuisibles à la santé et à l’environnement. Dans le cadre d’une enquête menée par Oms\Ops en partenariat avec d’autres organisations (FDS, Apefe, CWBI), en février 2002, on a pu constater que plus d’un quart des déchets ménagers sont incinérés de manière anarchique, ce qui occasionne de nombreux désagréments pour les riverains mettant leur santé en péril à cause du fort dégagement de dioxine.
Un autre moyen, très courant, est aussi adopté par les habitants de la capitale : le jet dans les ravines. Les détritus déposés dans les ravines, ainsi que ceux jetés dans les canaux de drainage, les rivières dans les rues causent le phénomène d’inondation. (interview avec un riverain qui jette les fatras dans la rue ou dans les ravins. Comment voit-il\elle le probleme de déchets-pourquoi jette t-il – t-elle les détritus dans les rues-serait –il / prêt a payer pour faire collecter ses ordures ?
Quoi faire face à une telle situation ?
Il est évident que les déchets constituent un des grands problèmes environnementaux aux quels font (fait) face la population haïtienne. S’ils ne sont pas bien gérés concourent à la pollution de l’air, à la détérioration de la qualité du sol et à la destruction des infrastructures de base. Cette phrase n’est pas claire) Cependant, une bonne connaissance de la réalité environnementale relative aux déchets pourrait aider à la mise en place d’une stratégie pour une gestion efficace des déchets.
Selon les informations de M. Astrel Joseph, les déchets produits en Haïti sont principalement composés de matières plastiques, de matières métalliques et organiques, de verres, de tissus, de cartons et autres. Selon les recherches 75% des déchets produits à Port-au-Prince sont faits de matières organiques. Ce qui offre, d’après l’Ingénieur Joseph, une forte possibilité de compostage pour l’amélioration des sols agricoles.
L’agroéconomiste Roger Michel pense, pour sa part, que le problème de ramassage d’ordures dépasse de loin la seule volonté de l’État. Car, selon lui, le phénomène n’épargne aucun individu, ni aucun espace, mais affecte la société toute entière. « Il faudra, certes, recourir non seulement au civisme de tout en chacun et à des travaux d’aménagement d’envergure, mais avoir surtout le consentement de tous ceux qui seront prêts à respecter même des mesures impopulaires pour enrayer les causes de l’accumulation des déchets dans la capitale. », propose le docteur Michel.
A Port-au-Prince, plusieurs institutions internationales et de la société civile prennent des initiatives en matière de gestions des déchets. Citons entre autre, la fondation Yélé Haïti de Wyclef Jean, qui, à travers son programme Lari Pwòp, aide à maintenir une certaine propreté dans les rues de Port-au-Prince. La Fédération des amis de la nature, pour sa part, ne cesse de sensibiliser la population sur les problèmes environnementaux en organisant diverses activités. Le Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud) participe d’emblée au programme d’Appui à la gestion de l’environnement (Page). Toutefois si ces actions ne sont pas coordonnées par l’Etat, la bonne gestion des déchets sera toujours un mythe. L’Etat demeure un acteur non négligeable pour une meilleure gestion des déchets. Que prévoit le Ministère de l’Environnement en terme de politique de déchets ?
La responsabilité de l’Etat
En matière de gestion des déchets, un décret cadre sur la gestion de l’environnement été approuvé le 12 octobre écoulé. Ce projet dispose de toute une série de lois afin de prévenir et d’anticiper les actions susceptibles d’avoir des effets immédiats ou futurs sur la qualité de l’environnement d’assurer l’harmonie entre l’environnement et le développement.
L’ingénieur Astrel Joseph a informé que ce décret prévoit la surveillance environnementale afin de contraindre les services publics concernés à s’engager dans la gestion des déchets. A cet effet, ing. Joseph apprend, q’une étude est en cours sur les matières plastiques importées. « Cette étude permettra de mettre en place une politique de tarification sur les matières plastiques pour encourager les concernés à contrôler le volume de matières plastiques à l’importation et aussi à mettre en place des moyens pour la récupération de ces déchets. », explique M. Joseph.
D’après l’article 139 de ce décret, un organisme autonome mixte dénommé : Caisse nationale des Résidus solides (CNR). Cet organisme a pour vocation de promouvoir la réduction, la réutilisation et le recyclage des déchets à l’échelle nationale. Cependant le mandant de la CNR ne s’étend pas aux déchets médicaux, aux déchets radioactifs et aux déchets dangereux.
Pour les déchets hospitaliers, M. Astrel Joseph a informé que le JSI, une organisation internationale, travaille en partenariat avec le Ministère de la Santé publique sur un projet qui prévoit la mise en place de incinérateurs et d’autres mécanismes d’accompagnement pour une meilleure gestion des déchets hospitaliers. Quant aux déchets dangereux, l’article 142 du décret sur la gestion de l’environnement interdit son importation sur l’ensemble du territoire.
Malgré toutes ces dispositions légales, la gestion des déchets constitue toujours un défi. La meilleure solution serait, selon M. Astrel Joseph, d’élaborer un programme d’éducation et de sensibilisation, à court et à long terme, qui est accompagné de tous les outils nécessaires (didactiques et matériels) afin de bien gérer les déchets. « Il faut aussi envisager la création de micro entreprises pour la récupération de certains déchets recyclables et d’en faire la valorisation en créant des œuvres d’art. Tout ceci entre dans le processus de 3RV : récupération, réutilisation, recyclage et valorisation. », soutient l’ing. Joseph.
Marie Ludie Monfort
haiti@panoscaribbean.org
[ Posté le 23/01/2007] |