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S'échauffer contre le réchaufferment de la planète

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Montréal/Climat/Marche
S'échauffer contre le réchaufferment de la planète

 

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A l'initiative d'une vingtaine d'ONGs à vocation écologiste, des milliers de personnes de nationnalité et d'appartenance socio-professionnelle différentes ont investi les rues de Montéal, samedi 3 décembre 2005, bravant le froid pour inciter les gouvernements du monde, et en particulier celui des Etats-Unis, à augmenter leurs efforts de lutte contre les émissions de gaz à effets de serre (GES) dans le cadre du protocole de Kyoto. Cette marche a réuni plus de quarante (40) mille personnes selon les organisateurs et dix (10) mille selon une source policière citée par Radio Canada. Dans le froid qui annonce l'hiver dans ce pays nordique, les marcheurs se sont échauffés contre le réchauffement de la planète.

Cette marche baptisée "Marche mondiale pour le climat" a eu lieu en marge de la première "Conférence des Nations Unies sur les Changements climatiques" qui se tient à Montréal (Canada) du 28 novembre au 9 décembre 2005 dans le cadre des suivis à apporter au protocole de Kyoto conclu en 1997. Les marcheurs ont voulu particulièrement exhorter les Etats-Unis et les autres pays participant à la conférence de l'ONU sur les changements climatiques à adopter des mesures efficaces contre le réchauffement de la planète. La marche mondiale pour le climat a également eu lieu dans une vingtaine d'autres villes du monde avec le même objectif.

Dans le froid de Montréal en cette fin d'automne 2005, les manifestants ont mis l'accent sur trois (3) revendications "prioritaires". Ils ont premièrement demandé à tous les pays du monde entier de négocier un plan à long terme pour intensifier la lutte mondiale contre les changements climatiques. Ensuite, ils ont sommé le Canada, pays hôte de la conférence, à agir "comme un leader pour faciliter l'action contre les changements climatiques". Et enfin, ils exhortent le Canada à "surpasser ses engagements face au protocole de Kyoto".

La marche a démarré à midi, heure de Montéal, en deux (2) endroits différents pour aboutir finalement à un faisceau où les marcheurs, joyeux, ont fait passer leurs revendications dans un climat empreint de convivialité et de retrouvailles multi-clturelles. Ils étaient de toutes les races et de toutes les couleurs et voulaient que l'écho de leur voix parvienne au monde entier pour faire comprendre aux nations et aux gouvernements qu'il est temps d'agir afin de léguer une meilleure planète aux générations futures.

Les deux (2) cortèges constitués de jeunes et de moins jeunes des deux (2) sexes, partant de l'est et de l'ouest de la ville, ont défilé dans la bonne humeur avant de converger vers le centre-ville. Les marcheurs se sont séparés à l'issue de plusieurs discours prononcés environ deux heures après le début de la marche au boulevard René Levesque situé juste au centre de la Métropole québécoise.

Les organisateurs s'attendaient à une participation de cent-cinquante (150) mille participants mais se sont quand même montrés très satisfaits d'avoir réuni le "tiers" de leur prévision en cette période de l'année où il commence à neiger à Montréal.

«Nous sommes 40,000 aujourd'hui, et nous sommes vraiment fiers de vous», a lancé à la foule Florent Vollant, un des porte-parole de la «Marche mondiale pour le climat». «Vous avez bravé le froid pour venir, et c'est important car le monde nous regarde aujourd'hui», a-t-il ajouté.

Sur tout le parcours, les marcheurs ont demandé particulièrement aux Etats-Unis, qui ne sont pas signataires du protocole de Kyoto, de rejoindre le monde dans cette bataille qui vise, entre autres, à réduire la vulnérabilité des régions les plus pauvres du monde en matière éologique.

En début de semaine, un représentant des Etats-Unis à cette conférence des Nations Unies sur les changements climatiques avait clairement réaffirmé au reste du monde de ne pas signer le protocole de Kyoto qui demande aux signataires de réduire leurs émissions de gaz à effets de serre (GES) à 5,2% en moyenne d'ici 2012. Engagement que le premier pollueur du monde n'est pas prêt à assumer.

Drapés dans des vêtements faits pour le froid, les marcheurs chantaient et lançaient des slogans dans toutes les langues pour faire passer leurs revendications. ""USA, join us", "Cold is cool", "Wake up USA" ... sont parmi les slogans inscrits sur les pancartes des marcheurs. D'autres slogans écrits dans d'autres langues véhiculaient à peu près le même message.

Les marcheurs ont aussi demandé au Canada d'agir comme leader dans la lutte aux changements climatiques et exigé de ce pays qu'il surpasse les engagements qu'il a pris dans le cadre du protocole de Kyoto. Cependant, dans la plupart des conférence de presse prononcées jusqu'à présent, les Canadiens se montrent très prudents et attendent que leur grand voisin du Sud se décide avant de se prononcer de manière officielle.

Peu avant cette marche, une pétition signée par plus de six cent (600) mille Américains avait été présentée par des activistes de plusieurs ONG et associations écologiques américaines ainsi que des représentants d'organisations d'étudiants devant le consulat américain à Montréal. Dans ce document, les signataires pressent Washington à s'engager dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Parallèlement, d'autres manifestations similaires ont été organisées dans une trentaine de villes à travers le monde dont Londres, Paris, Canada, Washington, Toronto notamment. D'autres poches de manifestations ont également été signalées dans d'autres régions du monde comme le Japon, le Bangladesh, le Brésil, l'Australie, les États-Unis, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la France.

A Londres, les manifestants sont passés devant la résidence du Premier ministre Tony Blair pour demander au gouvernement britannique de réaffirmer sa volonté de réduire les gaz à effets de serre.

A Washington, des conducteurs de voiture hybride ont circulé autour de la Maison-Blanche siège de la présidence américaine. Ils ont vertement critiqué le président George W. Bush pour son refus de ratifier le protocole de Kyoto sur le réchauffement de la planète. Selon certaines estimations, les Etats-Unis, qui ne sont pas signataires du protocole de Kyoto, sont à eux seuls responsables de près d'un quart des émissions mondiales de gaz à effets de serre (GES).

L'Australie et les Etats-Unis sont les deux (2) seuls grands pollueurs qui refusent de signer le protocole de Kyoto sur le réchauffement de la planète.

Samuel Baucicaut
Envoyé spécial à Montréal [posté le 13 mars 2006]

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