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Quel temps fait-il sur la terre?

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Montréal/ Nations Unies/ Changements climatiques
Quel temps fait-il sur la terre?

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Des délégués d'Haïti et de 180 autres pays se réunissent depuis le 28 novembre dernier pour parler de climat et du réchauffement de la terre, dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur les Changements Climatiques. Les assises réunissant près de dix mille délégués, prendront fin le 9 décembre. Notre envoyé spécial, Samuel Baucicaut, nous indiquera le temps qu'il fait à Montréal et sur la planète terre.

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Quel temps fait-il à Montréal ? Quel temps fait-il sur la planète bleue ? Celui de parler de climat et du réchauffement de la terre avec au moins dix mille délégués représentant 181 pays dont Haïti et plus de 400 organisations gouvernementales, intergouvernementales et non gouvernementales. Depuis lundi 28 novembre 2005 et jusqu'au 9 décembre 2005, dans le climat glacial de la métropole québécoise, plus d'un millier de journalistes venant du monde entier se retrouvent au chevet de la planète terre, dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur les Changements Climatiques (UNFCCC). La seule certitude, selon le constat de tous les experts, la terre se réchauffe constamment. Réchauffement croissant dû à l'émission de gaz à effets de serre dans l'atmosphère.

Un constat qui divise et qui chauffe l'atmosphère des différentes rencontres en attendant que les Etats en discussion parviennent à une entente à tête froide. Cette conférence, la première du genre, se tient dans le cadre des suivis à apporter au Protocole de Kyoto sur le Réchauffement de la Planète conclu en 1997 et entré en vigueur cette année.

L'objectif de ce protocole est de réduire et de limiter à 5,2% d'ici à 2012 l'émission de gaz à effets de serre dans l'atmosphère. Cependant, l'atmosphère des discussions ne laisse pas présager aucune solution à la fin de cette conférence qui doit s'achever le 9 décembre. Les intérêts sont divergents et ne semblent pas pouvoir mener les concernés à trouver un terrain d'entente. L'enjeu est de taille. Comment rallier, d'une part, les Etats-unis à Kyoto et comment demander à la cohorte des 40 pays industrialisés qui ont signé le protocole de Kyoto à se doter d'un régime de suivi contraignant ? D'autre part, comment obtenir des pays émergents dont l'Inde et la Chine continentale qu'ils participent eux aussi à l'effort mondial de réduction des émissions de gaz à effets de serre ?

Le hic, d'une part, les pays en développement comme l'Inde, 5e pollueur mondial, demeurent opposés à tout élément contraignant de réduction de gaz à effets de serre alors qu'ils insistent pour que les pays industrialisés aident et contribuent au développement rapide de technologies propres. D'autre part, les pays industrialisés se sont divisés entre eux et se renvoient la balle à qui mieux mieux.

Les États-Unis, premiers pollueurs du monde, et l'Australie, un autre grand pollueur, refusent jusqu'à présent de signer le protocole de Kyoto sur le Réchauffement de la Planète. L'Union Européenne (UE) entreprend des démarches auprès de Washington pour le convaincre de rallier le peloton alors que, selon les dernières statistiques, les émissions européennes de gaz à effets de serre sont supérieures à celles des États-unis. Selon certaines ONG présentes à Montréal dans le cadre de ce sommet : « tenter de rallier les États-unis est une perte de temps. Vaut mieux continuer la route et leur montrer que le monde avance sans eux », souligne Gabriela von Goerne, porte-parole de Greenpeace.

Le protocole de Kyoto ratifié en 1997 impose une obligation d'inventaire aux pays en développement et aux pays industriels une obligation de réduction des émissions polluantes mises en cause dans le changement climatique. L'Inde, puissance émergeante, l'a ratifié également mais refuse de se courber à l'obligation d'inventaire pourtant contenue dans le protocole.

"Il n'y a aucun changement dans notre position : l'Inde n'acceptera aucun plafond imposé sur les émissions de dioxyde de carbone", a indiqué un responsable du ministère indien de l'Environnement alors que des négociations internationales sur l'après-Kyoto sont en cours à Montréal.

L'Etat Indien admet que les émissions de CO2 augmentent plus rapidement dans les pays en développement et qu'il faut agir. Son gouvernement sait que le changement climatique représente une réelle menace pour ce pays où deux tiers de la population active vit de l'agriculture. Selon ses estimations, une hausse de 2 à 5 degrés C peut entraîner une baisse de 20 à 50% de la production de riz.

Quel temps fait-il sur la terre?

Son fort taux de croissance (6,9% l'année dernière) entraîne une dépendance persistante à l'égard du charbon (65% de l'énergie) et selon l'Agence internationale de l'énergie, la Chine et l'Inde dépasseront ensemble les États-Unis (premier pollueur) vers 2015.

L'Inde et la Chine considèrent tout engagement chiffré comme une entrave à leur développement.

De leur côté, les États-Unis, premier pollueur du monde et vers qui convergent tous les regards, ont eux aussi frappé du point sur la table. Washington refuse pour l'heure de se fixer des objectifs contraignants en matière de réduction des émissions de gaz à effets de serre. Son représentant à Montréal dans le cadre de cette conférence, Harlan Watson, a fait savoir, mardi, lors de la deuxième journée, qu'il y a plus d'une manière de régler le problème du changement climatique. L'Administration Bush, elle, n'a aucune intention de revenir sur sa décision. Et déjà, dans les milieux européens de la conférence, on commence à espérer un retour à Kyoto du plus grand pollueur après le départ de Bush de la Maison-Blanche.

Dans ce concert, les pays sous-développés n'ont presque pas la voie au chapitre. D'ailleurs, une réunion de la CARICOM prévue pour ce jeudi n'a pas eu lieu. Les pays sous-développés sont très peu représentés. Certaines délégations ne comptent que deux personnes, comparativement à celle des Etats-Unis qui en compte plus d'une centaine. La France et le Japon qui sont représentés chacun par plus d'une cinquantaine de personnes.

Haïti, qui fait face à de graves problèmes liés à la dégradation accélérée de son environnement physique,est officiellement représenté par MM. Moïse Jean-Pierre, coordonnateur du programme PANA et Wilfrid Saint-Jean du Point focal national, deux structures relevant du ministère de l'Environnement.

Samuel Baucicaut
Envoyé spécial à Montréal [ posté le 13 mars 2006]

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