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Montréal/Conférence/Climat
Paul Martin en appelle à la conscience des puissants

Le Premier ministre du Canada, Paul Martin, a lancé le mercredi 7 décembre 2005 un vibrant appel à la conscience des grandes puissances en faveur des Etats les plus vulnérables face aux changements climatiques. A la cérémonie d'ouverture de la Réunion de haut niveau, où des ministres de l'Environnement et des chefs de délégations étatiques se sont succédé au micro, le Chef du gouvernement canadien a demandé, sans les nommer, aux Etats qui traînent encore les pieds à rejoindre le reste du monde, en agissant de manière concrète pour réduire les effets néfastes de la technologies et des gaz à effet de serre (GES) sur la couche d'ozone.
« Nous devons laisser la voix de notre conscience mondiale s'exprimer », a déclaré M. Martin aux délégués des cent cinquante sept (157) pays qui ont signé le protocole de Kyoto sur le réchauffement de la planète. Les Etats-Unis et l'Australie sont parmi les Etats qui n'ont pas signé ce protocole conclu en 1997 et entré en vigueur en février 2005. Ils ont quand même signé la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques qui vise à « stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique ».
Mea culpa
Le protocole, pour sa part, vise à réduire de manière considérable d'ici à 2012 les émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. M. Martin, dans son discours de quatre pages lu à la fois en français et en anglais, a demandé aux parties signataires du protocole de prendre des mesures dynamiques et de se doter de moyens nécessaires de manière à ce que les signataires respectent les engagements pris jusque-là. L'hôte de cette conférence reconnaît que les dommages causés à l'atmosphère sont principalement le fait des pays industrialisés.
Le Premier ministre sortant du Canada, candidat à sa réélection, a, au passage, dénoncé l'égoïsme, l'inaction et l'indifférence de certains Etats qui font fi des conséquences des émissions de Gaz à effet de serre (GES) sur le reste du monde, en particulier sur les pays en développement. « Nous sommes tous, dit-il, dans le même bateau. Nous ne pouvons pas nous cacher du fait que le monde en développement , qui est plus vulnérabvle, sera celui qui en souffrira le plus si les effets du changement climatique provoqueraient un déclin encore plus grand des conditions de vie ou un ralentissemnt économique mondial ».
Selon M. Martin, les hommes et les femmes d'aujourd'hui sont condamnés à relever le défi du changement climatique. Car, en cas d'échec, il sera attribuable aux individus, à l'incapacité de tous ceux et de toutes celles qui sont confrontés aux coûts évidents de leur complaisance et qui refusent de consentir des sacrifices et de se conformer aux nouvelles façons de faire.
L'urgence d'agir
« Il faut agir et il faut agir maintemant... Le temps de la complaisance est révolu. Fini le temps de prétendre qu'une nation peut s'autosuffire et s'isoler de la communauté mondiale », a-t-il martelé, attirant des salves d'applaudissements de la quasi-totalité de l'assemblée. « Que dira-t-on des gens de notre époque - que nous avons légué un bel héritage, que nous avons tout pris pour acquis, que nous avons opté pour la facilité, que nous avons volontairement négligé les conséquences de nos propres ambitions ? » ...
« Ici à Montréal, on nous demande de protéger notre planète. Nos citoyens nous le demandent », a-t-il dit en référence à la grande marche mondiale pour le climat qui a eu lieu samedi dernier et qui avait réuni quarante mille (40,000) personnes, selon les organisateurs. « Il faut trouver la volonté et la façon de répondre à leur attente légitime » a-t-il poursuivi arguant que personne ne pourra fuir les conséquences de l'inaction..
Parallèlement, Paul Martin a dénoncé des voix qui, jusqu'à présent, tendent à minimiser l'urgence de la situation ou rejettent les connaissances scientifiques. A ceux qui pensent que le problème ne les concerne pas, Paul Martin afirme : « C'est notre problème. Nous devons le confronter ensemble », tentant ainsi in extremis de rallier les Etats-Unis et l'Australie qui ont à nouveau rejeté le protocole de Kyoto sur le réchauffement de la planète.
Samuel Baucicaut
Envoyé spécial à Montréal [ posté le 13 mars 2006]
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