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Les pays tropicaux pour la préservation des forêts |
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Montréal/Conférence/Climat
Les pays tropicaux pour la préservation des forêts
 Deux pays tropicaux soutenus par sept autres incluant la République Dominicaine voisine d'Haïti ont présenté, mercredi 7 décembre 2005, un document à la Conférence des Nations Unies sur les Changements climatiques dans lequel ils demandent à la conférence de faire de la préservation des forêts un axe central dans la lutte contre le réchauffement climatique.
La proposition porte l'empreinte de la Papouasie Nouvelle Guinée (Afrique) et du Costa-Rica (Amérique Centrale). Elle est soutenue par un groupe de sept (7) pays au nombre desquels on retrouve trois (3) de l'Afrique, la République Centre Africaine, le Congo et la République Démocratique du Congo), deux (2) de l'Amérique du Sud (la Bolivie et le Chili), un (1) de l'Amérique Centrale (le Nicaragua) et un pays de la Caraïbe (la République Dominicaine).
"La préservation des forêts devrait être un axe central de la lutte contre le réchauffement climatique, et on devrait encourager les pays du Tiers-monde à protéger leurs arbres par des mesures d'incitation financière", ont estimé les rédacteurs de ce document soumis par ces neuf (9) pays tropicaux représentés à la conférence de Montréal.
Quelque 7,3 millions d'hectares de forêts - l'équivalent d'un pays comme le Panama ou la Sierra Leone - ont disparu chaque année entre 2000 et 2005, selon des chiffres de l'ONU.
Selon les chiffres disponibles, les pays industrialisés qui ne représentent que 20 % de la population mondiale sont à l'origine de 60 % de la quantité de CO2 émise dans le monde chaque année. Le volume total de CO2 libéré dans l'atmosphère de 1950 à 1992 provenait des États-Unis 28% et à l'ensemble des pays industrialisés (74%). Ce qui prouve que ce sont réellement les pays industrialisés qui polluent le plus la planète et qui réchauffent le plus le climat. Par contre, ce sont les pays en développement, à ressources financières cruellement limitées, qui sont les premières victimes des changements climatiques dus à l'émission des GES.
Dans ce document rédigé en Anglais intitulé Reducing emissions from deforestation in developing countries : approaches to stimulate action" (La réduction de la déforestation due à des émissions dans les pays en développement : des approches pour stimuler l'action) La situation actuelle est intenable", les délégués des pays signataires estiment que les décideurs n'ont pas assez fait pour décourager la déforestation dans les pays en développement.
La déforestation et le déboisement représentent des obstacles majeurs pour les pays en développement dont Haïti dans leur lutte contre le réchauufement de la planète. Annuellement, des tonnes d'arbres fruitiers et forestiers sont parties en fumée. Ils sont utilisés comme combustibles dans nombre de pays à ressources limitées.
Un rapport récent sur Haïti avait estimé à moins de 2% la couverture végétale du pays. L'espace vert cède sa place à une urbanisation anarchique et incontrôlée. La Papouasie Nouvelle Guinée et le Costa Rica qui ont présenté ce rapport au nom du groupe ont détaillé leur proposition et encouragé la conférence à prendre des mesures financières pour encourager la lutte contre la déforestation
"A l'échelle mondiale, (...) la déforestation dans les pays tropicaux est la deuxième cause du changement climatique, après la combustion des énergies fossiles", lit-on dans ce rapport présenté aux cent quatre-vingt-dix (190) pays participant à la conférence organisée par l'ONU du 28 novembre au 9 décembre 2005.
Montréal/Conférence/Climat
Les pays tropicaux pour la préservation des forêts
La déforestation, quoique importante dans les pays en voie de développement, n'est pas une priorité dans cette conférence qui privilégie surtout les émissions de gaz à effet de serre (GES) responsables en grande partie de la pollution et le réchauffement climatique. De plus, en matière de lutte contre le réchauffement climatique, la plupart des efforts se portent sur la limitation des émissions liées à la combustion d'énergies fossiles dans les centrales électriques, les usines et les voitures, dans les pays industrialisés. Cette propostion des neuf (9) pays tropicaux vaut son pesant d'or dans la mesure où elle vient de pays du Sud confrontés à des réalités différentes de celles des pays du Nord.
Dans cette proposition, les signataires rappellent que les arbres, tant qu'ils sont vivants, absorbent le dioxide de carbone, le gaz portant la plus grande responsabilité dans le réchauffement climatique. Ils libèrent ensuite ce gaz quand ils meurent. Ce processus se fait par l'assimilation chlorophyllienne.
Pour encourager les pays en développement à lutter contre la déforestation, des investissements devraient être consentis. En effet, le rapport préconise que les pays tropicaux qui contribuent à ralentir la déforestation - on pourrait les identifier en effectuant des photos satellites - touchent une rétribution financière versée par les pays riches, ce qui permettrait d'encourager une meilleure gestion des forêts. Dans ces conditions, chacun combattrait la déforestation pour tirer son épingle du jeu.
La proposition est à l'étude et les participants à la conférence ont promis de rendre leur verdict en 2006. Quelque 7,3 millions d'hectares de forêts - l'équivalent d'un pays comme le Panama ou la Sierra Leone - ont disparu chaque année entre 2000 et 2005, selon des chiffres de l'ONU. Haïti aurait intérêt à emboîter le pas dès aujourd'hui en mettant sur pied des politiques visant à lutter contre la déforestation et à encourager le reboisement. L'avenir du pays en dépend.
Samuel Baucicaut
Envoyé spécial à Montréal [ posté le 13 mars 2006]
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