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LE SIDA AU NIGERIA: UN RAPPORT A MI-CHEMIN
28 Janvier 2000

Par Ayodele Lawal and Yinka Akinmoladun*

 

Quelle est la situation sur le terrain aujourd'hui?

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Nigéria est à deux doigts d'une grande épidémie du SIDA. Pendant des années, des régimes militaires successifs ont encouragé une attitude de démission et clamaient qu'il n'y avait pas de sérieux problèmes de VIH /SIDA dans le pays. La parole commence à sortir maintenant qu'on est sous un régime démocratique. Une récente enquête publiée et qui coincidait avec la journée mondiale du SIDA, le premier décembre 1999 indique que le VIH propage au taux d'une personne à la minute en Nigéria et que plus de 25,000 personnes ont été tuées par la maladie.

D'après le Ministère de la Santé du pays, Mr Timothy Menekaya, l'enquête a révélé que le VIH-SIDA est aussi un problème dans la capitale qu'il l'est pour les petites villes et les villages. En fait, aucune partie du Nigéria n'est restée intouchée. Les experts et les officiels de santé ont des soupcons sur le gouvernement.

D'ici la fin de décembre de cette année, plus d'un million d'infections seront enregistrées dit le ministre, admettant que la maladie est connue pour avoir profité de l'ignorance et l'apatie au niveau du secteur privé et officiel. Comment le gouvernement réagira t-il face à une telle crise de telle façon que les experts et les officiels puissent avoir confiance dans le système? Par exemple, le manque d'infrastructure demeure un défi qui sape la lutte contre le SIDA. Ainsi, pendant que 115 centres de test et de dépistage furent établis à travers le pays en 1987, dans moins de cinq ans, seule une poignée est encore fonctionnelle bien que se trouvant dans un piteux état. Menakaya , toutefois remarque que le gouvernement n'est pas sincère dans son engagement en plaidant pour plus d'assistance officielle. Il déclare que le budget supplémentaire alloué par le gouvernement de Olusegun Abasajo excède l'allocation budgétaite totale pour le contrôle du SIDA en 1996, 97 et 98.

Si Menakaya est précis au sujet des déclarations bubgétaires, alors des réponses sont attendues sur le sort des 730 millons que l'ancien chef d'état General Abdulsalam Abubakar a donné en 1998 pour le contrôle et la gestion du VIH/SIDA. Il a déclaré à la conférence annuelle de la Société Pharmaceutique de Nigéria (PSN) à Kano en novembre 1998 que le gouvernement fédéral a planifié d'injecter quelque 730 millions dans son plan de financement de lutte contre le SIDA. Le Petroleum Trust Fund devait conribuer à hauteur de 700 millions alors que le gouvernement avait fait une allocation extra-budgétaire pour la balance des 30 millions. La vérité est que ces allocations du budget périmé disparaissent toujours dans les vannes de corruption des officiels nigérians.

Cette fois-ci, « L'administration actuelle a identifié le contrôle effectif du VIH/SIDA comme l'un des principaux problèmes prioritaire de santé à être attaqué, a dit Menakaya. L'enquête de 1999 présente des statistiques sombres plaçant la moyenne nationale de l'infection VIH à 5,4% d'une moyenne de 1,8% en 1990. Seulement la Caméroune, voisine du Nigéria à l'Est détient des chiffres légèrement plus hauts d'un taux de prévalence de 2,8%. Le taux d'infection au VIH dans les autres pays voisins du Nigéria tels le Bénin tient pour 2,8%, le Chad 2,7% et le Niger 2,0%.

La prévalence chez les femmes enceintes varient de 0,5% à 21% avec une prévalence moyenne de 5,4%. A partir de 300 échantillons collectés dans chacun des deux sites choisis dans les 36 états du Nigéria et la Capitale Fédérale Abuja, la zone centrale du nord dans laquelle est située Abuja, est enregistré le plus haut taux de la moyenne de prévalence de 7%. Garki, une banlieue de Abuja enregistre 8%. Le nord-ouest a le plus bas taux de prévalence 3,2%.

A Lagos, la Capitale commerciale du pays et résidence de zones de prostitution, avec une population d'environ 10 millions, la moyenne de prévalence est de 6,7%. L'enquête révèle qu'on enregistre chez les femmes qui sont dans leur vingtaine le taux le plus élevé d'infections au VIH. La prévalence de VIH dans la tranche d'âge 20-24 ans varie de 4,2% dans la zone du sud-ouest à 9.7% dans la zone du centre. Les jeunes adultes agés entre 15-19 ans sont pareillement affectés, avec le taux de prévalence du VIH variant de 2,8% dans la zone du nord-est à 8,4% dans la zone centrale du nord.

A partir de l'enquête de 1999, il a été estimé que actuellement 5-8 millions d'adultes nigériens seraient infectés et qu'à ce niveau actuel d'infection, 1 sur 20 Nigériens adultes porte le virus du VIH. Dans 10 ans, la fatalité de l'epidémie surpassera le total de décès dûs à la guerre civile du Nigéria de 1967-70 où plus de deux millions de personnes avaient été tuées.

Réponse officielle à la crise jusqu'ici

Le gouvernement du président Olusegun Obasanjo a attaqué le problème à travers une série de mésures d'urgence coûtant 100 millions de N et est étendu sur une période de deux ans. La stratégie mettra l'accent sur les points suivants :
1. Promotion de l'accès à l'information
2. prévention de la transmission du VIH de mère à enfant
3. assurer l'accès à des médicaments curatifs

Un comité double est mis sur pied pour implementer la stratégie :

A) Le comité d'action présidentielle sur le VIH/SIDA : le comité ayant à sa tête le président Olusegun Obasanjo avec le vice-président Abubakar Atiku comme Directeur Adjoint et incluant les ministres de la Santé, de l'Education, de l'Information, de la Défense, la Culture, la Condition Féminine et le Développement de la Jeunesse aussi bien que des membres du Secrétariat du Gouvernement des Fédérations.
B) Le Comité de Travail : le Comité sera dirigé par le respecté physicien, Professeur et Mme Ibironke Akinsete. Le comité de travail comprend d'autres membres tels : le Dr Mohammed Sani Gwarzo, le coordonateur national de la campagne VIH-SIDA; Dr C Lar; Dr Jordan Lamajo Bako; Dr Udoh, le sénateur Hairat Abdul Razak-Gwadabe, Mrs Eulir Ajayi; et un directeur de chacun des ministères fédéraux de l'Education, de l'Information, de l' Education de la Défense, la Culture, du Tourisme la Condition Féminine, Défense et le Directeur de l'armée du même ministère. Le comité de travail rapporte au Comité d'Action Présidentielle.

Croyant que l'environnement global est crucial dans la solution finale à ce problème, le gouvernement du Nigéria a aussi démandé à son ambassadeur aux Nations-Unies, Arthur Mbanefo, de faire du lobby auprès du Conseil de Sécurité afin d'accorder au VIH/SIDA la même attention et la même réponse qu'aux conflits. Ainsi, le 10 janvier au Conseil de Sécurité, à New york, la Nigéria a appelé les Nations-Unies à accorder à la problématique VIH/SIDA le statut de sécurité internationale, comme les conflits armés. En lançant l'appel, Mbanefo a titré sa remarque : la situation en Afrique-l'impact du SIDA et la sécurité, appel pour une action urgente nationale et internationale pour trouver des solutions et travailler vers l'éradication du fléau.

Le gouvernement du Nigéria est entrain de cibler aussi le secteur de la jeunesse où il compte inaugurer une vigoureux programme d'éducation pour la jeunesse. Menayaka déclare que le Conseil National sur l'Education a apprové l'inititiave pour développer des matériels d'instruction sur le VIH/SIDA dans les écoles primaires et secondaires. Les ministères fédéraux de la Santé, de l'éducation aussi bien que le Conseil de Recherche en Education du Nigéria, (NERC) collaborent dans cette initiative. Menayaka a dit que cette initiative conduira définitivement à l'intégration de l'éducation sur le VIH/SIDA dans la curricula de l'école à tous les niveaux.

Au niveau régional, la réponse a été timide, toutefois deux états Lagos et Benue n'ont pas pris le sujet à la légère. L'initiative de l'Etat de Lagos, appelée `la Fondation VIH/SIDA, a six membres et est constituée de trois organes : Lagos State VIH/SIDA Fund Trust, le Conseil Exécutif de l'Etat de Lagos et le Comité de gestion et de prévention du VIH/SIDA de Lagos. La Fondation a à sa tête l'ancien administrateur de santé et ministre de la santé, le professeur de Olikoye Ransome-Kuti.

D'autres membres de la Fondation VIH/SIDA de Lagos sont le Dr Lekan Pitan, le commissionaire de santé de l'état, Dr jide Idris, professeur Ibironke Akinsete qui dirrige le comité national de travail de 13 hommes; Otunba Solomon Oladun, Dr Michael Ogungbesan, Mme Olufunmilayo Olatunji, aussi bien que le président des comités de la Chambre sur la Santé, le Dr. Olawale Ahmed.

Le gouverneur Bola Tinubu qui a inauguré le comité a déclaré que ceci a été mis en place pour contrecarrer la propagation de la maladie et sensibiliser la conscience publique sur le SIDA, travailler vers une gestion efficace pour la prévention et le contrôle de l'épidémie. Il a d'ailleurs annoncé que l'état dispose de 5 millions de N pour le démarrage de la drogue antivirale pouvant réduire le prix du traitement des personnes infectées par le virus. Tinubu a plaidé pour un plus grand parténariat entre le gouvernement, le secteur privé et le secteur ONG dans la lutte contre le VIH/SIDA.

Dans l'état de Benue qui a le taux le plus élevé de prévalence dans le pays, le gouverneur Akume a initié une réunion avec le controversé physicien, Dr. Abalaka qui dit avoir une cure pour le SIDA. Akume n'a donné aucun détail de sa rencontre avec le Dr qui disait une fois que les moustiques pouvaient transmettre le virus du VIH. Les experts ont refuté cette thèse disant que le virus ne peut survivre à l'intérieur des insectes. Les autorités gouvernementales de l'état de Benue croient que l'état peut mettre sur pied un centre ou Abalaka pourra aider dans le traitement.

Au Nigéria, il y a 14 ONG qui sont actives dans le domaine de l'éducation publique. Il existe un réseau de reporters dévoués à l'éducation sur le SIDA et un institut de journalisme avec une curricula de formation sur la façon dont les médias peuvent mener l'éducation sur le SIDA et le plaidoyer à travers la presse. Les soucis des médias et des ONGs jusqu'ici se concentrent sur des démonstrations et des points de presse aux arrêts d'autobus et dans les parcs des grandes villes pour souligner les dégats du fléau, en appelant à un changement d'attitude.

ONGs VIH/SIDA au Nigeria

  1. African AIDS Research Network
  2. AIDS Awareness Society
  3. AIDS Must Go Group of Nigerian Youth for Christ International
  4. Club for Research and Information on AIDS and Allied Disease
  5. Community Life Project
  6. Health Matters Inc.
  7. Life Vanguards
  8. Nigerian AIDS Theatre Organisation
  9. Patriotic Youth of Nigeria Corps
  10. Society Against the Spread of AIDS
  11. Society for Women and AIDS in Africa
  12. STOPAIDS
  13. The AIDS Care Organisation
  14. Journalists Against AIDS
  15. Independent Journalism Center [IJC]

Le symbolisme et les opportunités ratées

Les premières victimes du VIH/SIDA ont été découvertes au Nigéria en 1986, mais Fela Anikulap Kuti, le maitre fantasiste fut la personne la plus fameuse frappée par la maladie. Il est décédé le 2 aout 1997 après deux ans de lutte avec le SIDA.

Fela, un reformateur et un ariste iconoclastiques , a aidé à élargir les frontières de dialogue démocratique à travers sa musique. Il a souffert d'harassement sans fin et fut un constant cible du terrorisme d'état. Il a construit une grande tribu de fanatiques et de rebels sociaux. La philosophie qui leurs a unifiés s'est centrée sur le point de vue que les gestionnaires de l'état post-colonial en Afrique sont des voleurs, des clients métropolitains et des âmes culturellement perverties. La classe ne lui a jamais pardonnée, Fela s'est aussi révelé dans la superstition et le marijuana qu'il a publiquement fumé contre la loi. Il l'appelait l'herbe africaine.

En 1998 seulement, le pays a enrgistré 571,036 cas faisant de Nigéria le 27ème cas de pays le plus critique dans le monde, contribuant ainsi à 8.9% du taux d'infection globale et 12.5% du fardeau de VIH africain.

*Ayodele Lawal écrit pour " P.M. News" à Lagos au Nigeria, Yinka Akinmoladun est officier de Programme au Centre de Journalisme Indépendant à Lagos, Nigeria.