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Environnement:
l'avenir de la région Amérique latine et Caraïbe menacé
Par: Nicole Siméon, Institut Panos
Port-au-Prince, 14 Février 2003 (Panos).
La région Amérique latine et Caraïbe doit faire
face à deux grands défis : Le changement climatique
et la montée des eaux de mers. C'est du moins l'avis de plusieurs
ministres et de spécialistes de l'environnement rencontrés
à Nairobi, au Kenya dans le cadre du 22ème forum ministériel,
tenu du 3 au 7 février 2003.
En effet, si ces deux fléaux environnementaux font objet
d'une préoccupation mondiale, la région de part sa
situation géographique et son économie - basée
en grande partie sur l'agriculture et le tourisme- est menacé
par ces problèmes à plus ou moins courte échéance.
" Selon les statistiques qui ont été révélé
dans le panel inter-gouvernement en 2002, sur le changement climatique,
les petites îles -et pas seulement celles de la région,
sont les plus vunérables ", nous informe le professeur
Al Binger, directeur du Centre pour l'environnement et le développement
de l'Université West Indies à la Jamaïque.
Selon le professeur Binger, l'imminence de ces dangers serait caractérisée
par une dimunition de la quantité de pluie, qui va occasionner
un appauvrissement du sol avec des effets néfastes sur l'agriculture.
Ce qui aura pour conséquence des périodes de sécheresse,
la température va alors augmenter à un niveau favorable
à la formation de cyclones à un rythme de plus en
plus rapproché.
À ce propos, Mme Diann Black-Layne, représentante
de Antigua et Barbuda avance que " de 1950 à 1986, il
n'y a eu qu'un seul ouragan dans la région, alors que de
1989 à 2000, il y en a eu pas moins de 7. " Ce qui donne
une idée de l'évolution du problème.
Le problème est de taille et les défis le sont encore
plus, selon ces différents représentants à
ce forum. Ils reconnaissent que si leurs gouvernements et leurs
peuples ne peuvent pas lutter contre les catastrophes naturelles,
ils peuvent au moins changer leur mode de vie et leur gestion des
questions environnementales. Car les catastrophes naturelles ont
des effets doubles : détruire les travaux déjà
réalisés et appauvrir le système économique
qui doit utiliser les ressources financières qui devraient
être consacrées au développement, à la
reconstruction, affirme Mme Black-Layne.
Selon le professeur Binger, pour minimiser les impacts sur l'environnement
et sur l'économie, la région doit faire face à
certains problèmes tels, entre autres, la pollution des plages,
la gestion des terres près des côtes, l'érosion
des chaînes de montagnes et des inondations, qui à
leur tour vont augmenter la pollution et amener des sédiments,
qui vont étouffer les coraux et les mangroves.
" Et quand il n'y a plus de coraux pour prévenir la
force des eaux, elles remontent vers les côtes. Or, dans ces
îles, l'essentiel de l'économie est basé sur
les zones côtières chères au développement
du tourisme. " explique le professeur Binger.
" La couverture en récifs coralliens des Bahamas est
la 2ème au monde après l'Australie et on a les mêmes
problèmes que les autres îles, donc il nous faut les
protéger ", nous apprend le ministre de la Santé
et de l'Environnement de ce pays, Dr. Marcus C. Bethel, affirmant
que ce serait intérressant de développer des partenariats
entre elles.
Selon le Dr Béthel, l'éducation et la sensibilisation
sont très importantes pour toute la région et il faudra
aussi renforcer les capacités des institutions. Le vice-ministre
jamaïcain à l'environnement, M. Learie Miller, affirme
qu'une " une action concertée permet de bénéficier
de l'expérience des autres et de ne pas essayer de réinventer
la roue. "
Une nouvelle politique s'impose
Des pays comme les Bahamas, ont commencé à expérimenter
la mise en place de législation pour protéger la faune
marine, nous fait savoir Dr Béthel et d'autres comme Antigua
& Barbuda aussi s'y mettent à réfléchir
de manière à réduire les dégâts.
Mais pour l'instant, " il faut proposer une nouvelle gestion
des déchets domestiques et industriels, une meilleure administration
de l'eau, se tourner vers l'irrigation et répondre aux besoins
des ménages et des industries. Il faut que nous soyons plus
efficaces à l'avenir que nous l'avons été dans
le temps." soutient M.Binger.
" Pour l'économie en général, il faudra
qu'on examine de près la façon dont on gère
le tourisme. Il faut développer le tourisme à l'intérieur
des terres plutôt que sur les côtes. Réduire
la pression sur l'importation du pétrole et développer
les ressources renouvelables et se servir des énergies (pluies,
vent, soleil, océan) disponibles plus efficacement ",
propose-t-il en admettant que " ce sera très difficile
parce que l'adaptation à ce nouveau climat va couter très
chère mais n'est pas impossible "
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