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Haïti, une absence remarquée au 22ème forum ministériel sur l'environnement

Par: Nicole Siméon, Institut Panos
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Port-au-Prince, 12 Février 2003 (Panos). Haïti, la très réputée, entre autres choses, pour l'insalubrité de son environnement a pourtant brillée par son absence au 22ème forum ministériel sur l'environnement tenu du 3 au 7 février 2003 à Nairobi, au Kenya. Pas de ministre de l'environnement, pas de délégations, pas d'Organisations non-gouvernementales. Aucune représentation.

Ce forum, organisé par le Programme des Nations-Unies pour l'Environnement (PNUE), fait suite au sommet mondial sur le développement durable tenu à Johannesbourg, en Afrique du Sud du 26 août au 4 septembre 2002. Il a accueilli entre 8 à 900 délégués, entre 130 délégations et près d'une soixantaine de ministres de l'environnement des pays membres et non-membres du PNUE du monde entier, dont plus d'une dizaine de la Caraïbe et de l'Amérique latine, a-t-on appris auprès du porte-parole du PNUE, M. Eric Falt.

" La représentativité de la région Amérique latine et Caraïbe a été très importante et venus de si loin, les délégations et responsables ministériels de ces pays ont témoigné de leur implication dans la recherche de solutions ", a souligné M. Falt.

Force de constater que face aux problèmes de la région, Haïti serait la dernière à s'enorguellir de sa situation environnementale et jouit même d'une mauvaise presse à l'échelle régionale.

Selon différents experts de la caraïbe, travaillant sur les problèmes de l'environnement, " Haïti est le pays de la caraïbe qui a le moins de sols cultivables, les montagnes séparant les rivières le plus érodés, et plus de pollution occasionnée notamment par les déchets solides domestiques ", affirme le professeur Al Binger, directeur du centre pour l'environnement et le développement à l'Université West Indies à la Jamaïque.

L'abattage des arbres pour la production du charbon de bois pour la combustion domestique empire le problème, les boues amassées lors des pluies polluent l'eau et la mauvaise qualité de l'eau, implique de gros problèmes de santé, a-t-il rappellé.

La situation politique et socio-économique qu'elle expérimente depuis trop longtemps déjà n'est pas pour arranger les choses. Et tant le fruit se gâte, tant les possibilités de récupérations sont minimes.

Pourtant les efforts pour relancer le tourisme devraient être associés à une nouvelle politique environnementale. Et, les conseils en ce sens et les actions collectives ne devraient pas paraître superflus.

D'un autre coté, le manque de dynamisme des responsables haïtiens dans les rencontres inter-caraïbéennes, dont parlent plusieurs participants, fait se poser des questions sur la place qu'accorde le gouvernement haïtien aux problèmes de l'environnement du pays.

M Binger affirme avoir préparer un projet pour Haïti qu'il a remis à ses représentants au sommet de Johannesbourg mais que les responsables n'y ont donné aucune suite. Selon M. Binger, "ce projet devrait les aider à faire face aux problèmes de la dégradation des chaînes de montagnes et à développer des sources d'énergie pour la commercialisation et l'utilisation domestique, et tout cela devrait pouvoir créer des emplois au niveau rural. "

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