About this featured photo Link to Home Page Site Map . Contact . Help . Home  
  Regional Programmes . Productions . Resources . About Us
 
 

Productions: Island Beat

Panoscope . Media Briefings . Island Beat . Our Own Voice . Le P'tit Nouvelliste
Order Publications

Les articles d'Island Beat

Le mercure: un danger mondial

Par: Nicole Siméon, Institut Panos
English
français
español
kreyol

Nairobi, 4 Février 2003, Panos. La tendance à la hausse de la production et de l'utilisation du mercure devient de plus en plus grave. En matière de protection environnementale ce métal représente un danger grandissant pour l'ensemble de la planète.

Le rapport de recherche sur les effets du mercure sur l'homme et sur l'environnement, présenté ce lundi 3 février ne laisse plus le moindre doute sur la gravité du problème: le mercure tue. Ce rapport rédigé par une équipe d'experts internationaux, est unique en son genre, selon la présentation qu'en ont fait les responsables à l'UNEP. Ce rapport permet de cerner combien le risque à l'empoisonnement au mercure est élevé dans sa double source production naturelle et fabriquée.

Le grand danger que constitue le mercure est qu'en le produisant, il génère lui-même d'autres substances tout aussi nocives qui capitalisent son impact dévastateur. Selon ce qu'a affirmé M.James B.Wills, directeur en charge des questions chimiques du PNUE basé à Genève, les femmes et les enfants constituent une population très exposée à l'intoxication au mercure.

D'autre part, des communautés entières de part leur mode de vie sont particulièrement vulnérables. Notamment celles dont l'économie est basée sur la pêche. Une fois dans l'eau, le mercure se transforme en méthylmercure, une substance "extrêmement toxique" qui s'accumule dans les tissus des poissons et autres fruits de mers, qui deviennent du fait, très nocifs pour l'homme. "Situés au sommet de la chaîne alimentaire, les poissons de type prédateur sont généralement les plus contaminés", souligne le rapport.

Les sources de production du mercure

Le mercure se retrouve dans la nature, il est relaché dans l'environnement par les roches, les sols. L'une des sources du mercure dans la nature est les éruptions volcaniques. Son impact est énorme dans la mesure que "ce métal lourd peut parcourir des milliers de kilomètres et contaminer des endroits très éloignés de la source d'émissions".

D'autres sources sont industrielles et sont tout aussi dangereuses sinon plus, alors que souvent les populations ne se rendent même pas compte de cet empoisonnement. A titre d'exemple, M. Wills a cité les centrales électriques au charbon et les incinérateurs d'ordures qui rejettent dans l'atmosphère une quantité de mercure équivalant à 1500 tonnes par année, encore que toutes les données portent à croire que ce chiffre pourrait être revisé à la hausse "étant donné que l'utilisation de combustibles fossiles augmente face à la demande croissante des pays développés ou en développement".

Néanmoins, les pays pauvres du tiers-monde, n'en sont pas moins concernés par le danger que présente le mercure, de part leurs "choix" d'importations. Selon M. Wills, les baskettes pour enfants à signaux limineux largement commercialisés est une source sûre de production de ce métal. Il est vrai que les pays pauvres se jettent sur ces "nouvelles modes" sans se poser des questions sur les potentiels dangers qu'ils encourent. En Haïti notamment, où l'importation de ce genre de produits " à la mode " occupe de plus en plus de place, l'on se demande ce que risque la population.

Le rapport a aussi cité comme autres sources, les amalgames dentaires, certains crèmes et savons pour éclaircir la peau, des produits pharmaceutiques contenant des agents de conservation à base de mercure, les cimenteries, les thermomètres, les décharges comportant des piles usagées et déchets contenant du mercure, les lampes fluorescentes, et la liste est longue.

"A travers le monde, beaucoup de personnes subissent l'impact de découvertes et inventions avec lesquelles elles n'ont aucune relation. Elles sont victimes de la voracité des grands pays producteurs", a affirmé le ministre de l'environnement de l'Ouganda et nouveau président du Conseil d'administration, M. Ruhakana Ruganda.

Les enfants sont les plus vulnérables en regard de l'immaturité de leur système. Selon lui ce sera très justifié de mettre en place des mesures pouvant réduires la production du mercure dans les activités humaines.

Dans le rapport, les experts internationaux ont fait des recommandations au Conseil en vue de prendre les décisions nécessaires devant mener à des actions concrètes passant par la sensibilisation des concernés.

Des risques réels

Sous l'effet des activités humaines, les taux atmosphériques du mercure ont été multipliés par trois depuis l'époque pré-industrielle", stipule ce rapport. Le mercure, ainsi que les substances toxiques qui en dérivent peuvent affecter, à moyen ou à long terme, en fonction de la concentration de la substance dans l'organisme, le fonctionnement du cerveau, et entrainer des troubles tels, irritabilité, tremblements, troubles de la vue, pertes de mémoires, etc.

Il est fait mention de récentes observations scientifiques établissant un lien entre l'exposition au mercure et certains problèmes cardiovasculaires. D'autres effets ont été diagnostiqués au niveau de la thyroïde, qui régule la croissance, le système digestif, le foie et la peau

Venir à bout du problème

En terme de politique générale pour l'éradication de la production du mercure par les activités humaines, le mieux serait de produire des outils juridiques qui soit à court terme contraignants afin d'êtres respectés, affirme M. Toefper, le directeur exécutif du PNUE, tout en admettant qu'un traité ou une convention prend beaucoup de temps et coûterait entre 10 à 12 milliards de dollars.

Les responsables au PNUE, reconnaissent donc qu"il faut un plan d'action d'urgences avec les ressources disponibles pouvant sinon résoudre complètement le problème, tout au moins l'amenuiser. Ce sera en tout cas moins coûtant.

"L'attitude à avoir, affirme M.Wills est de chercher des solutions au problème de manière globale et non de manière exclusive et transversale, de passer à la production d'énergie géothermique plus conformes à la survie de l'environnement et offrir aux pays pauvres, à travers des projets de coopérations avec l'UNEP, ce qui pourrait leur paraitre comme un luxe.

Les articles d'Island Beat