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L'UNEP : le combat ne fait que commencer

Par: Nicole Siméon, Institut Panos
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Nairobi, 4 Février 2003 (Panos). Pour la 22ème fois depuis 1972, Kenya accueille le forum ministériel mondial sur l'environnement du 3 au 7 février 2003. Pour ce 22ème forum, des ministres de l'environnement, des ambassadeurs de 52 pays membres; près d'une centaine d'organisations non gouvernementales et internationales, des représentations et délégations de 78 pays observateurs sont attendus tout au long de la semaine.

Déjà, pour la région des caraïbes, on a constaté les ministres de l'environnement de la Jamaïque, de Bahamas, de Suriname, de Antigua et Barbuda, du ministre adjoint de Cuba, et les délégués de la République dominicaine et de la Guyane.

Ceux qui étaient présents dès le lundi 3 février, se sont joints au directeur exécutif du PNUE (Programme des Nations-Unis pour l'Environnement), M. Klauss Toepfer pour poser dans un acte symbolique la première pierre d'un nouveau batîment des Nations Unies (NU) dans le complexe de Gigiri, destiné au UN Habitat, dont un bureau régional desservant l'Amérique latine et la caraïbe est basé au brésil.

Selon M.Toepfer, "cette cérémonie a marqué non seulement l'agrandissement du siège du programme des Nations-Unies pour l'environnement en Afrique mais aussi l'importance de ce continent aux yeux des nations-Unies. Il a toutefois fait remarquer que le PNUE est le seul conseil des Nations-Unies à avoir son siège dans un pays en développement.

Expansion du réseau mondial, construction de nouveaux batiments et notamment l'élection d'un nouveau conseil d'administration - l'Ouganda succède au Canada à la présidence- autant de changements à signaler pour cette nouvelle année au sein du PNUE avec néanmoins une constante, incontournable et indélébile : la lutte pour la sauvegarde de l'environnement mondial.

Combat de toujours, risques aggrandis, la lutte n'est pas gagnée d'avance quand il s'agit de protéger la survie de l'espèce humaine contre l'homme lui-même et de concilier ce dernier avec son environnement. Les chiffres sont alarmants : plus 14,6 millions d'hectares de forêts sont abattus chaque année, deux billions de personnes n'ont pas accès à l'eau potable, y compris dans la caraïbe; en Afrique, 500 millions de hectares de terre ont emportés par l'érosion.

Le PNUE ainsi que ses partenaires ne se fait aucune illusion quant à la gravité du problème et la journée du lundi a été marquée notamment par le (re) engagement des uns et des autres à travailler en vue de trouver des solutions à courts termes pour amenuiser sinon éradiquer l'expansion du mal à l'échelle mondiale.

" Naturellement, il reste beaucoup plus à faire et il y aura toujours plus à faire dans la mesure que les rapports entre l'homme et son environnement sont très complexes", a affirmé le ministre canadien de l'environnement et président sortant du conseil d'administration, M. David Anderson.

"Nous savons également que nous avons toujours le risque de la dégradation de l'environnement qui ne fait que s'accélérer. Et nous ne sommes pas encore en mesure de minimiser les risques de la mondialisation puisque qu'on doit admettre qu'il y a une tendance à l'élargissement du fossé qui sépare les nantis des démunis, alors que nous ne sommes pas encore arrivés à réaliser les objectifs du millénium et qu'il y a encore la moitié de la population mondiale qui vit avec moins d'un dollar par jour", a renchérit M. Toepfer.

Cette première journée a été aussi l'occasion de passer en revue les nombreuses réalisations du programme à travers ses différents branchements, établis dans le monde en dépit des difficultés et des barrières qu'il a dû surmonter. "Nous devons faire en sorte que l'environnement soit un allié au développement durable tant au point de vue de la planification que des décisions à prendre", a continué M. Toepfer en affirmant que le plus grand défi du PNUE est de donner suite aux résultats qui ont émergé du sommet mondial tenu à Johannesbourg, en Afrique du Sud, l'année dernière et à mettre en oeuvre les décisions qui y étaient prises.

Plusieurs documents taxés de "remarquables"ont été produits avec le soutien du PNUE mais il n'y a pas eu suffisament de concentration sur la mise en oeuvre, reconnait le directeur exécutif de cet organisme, M. Toepfer. Ce plan d'action qui faisait défaut au PNUE lui a été fourni à l'issue du sommet mondial, de sorte que le conseil d'administration devienne le point de mise en oeuvre qui sera lié à des partenariats à plusieurs niveaux et dans différents domaines tels que: l'utilisation des combustibles plus propres pour améliorer la santé particulièrement des enfants, l'énergie renouvelable, l'eau potable, etc.

Dans l'ensemble, les décisions et recommandations du sommet de Johannesbourg ramène à l'objectif du développement durable à savoir: comment assumer la responsabilité de notre prospérité, a conclu M.Toepfer.

Les pays en développement doivent être, là encore, amenés au coeur des débats, de sorte qu'on trouve la manière " la plus efficace de les intégrer en renforçant leurs capacités, et à accorder une importance particulière au fait que ces pays-là possèdent leurs propres ressources naturelles, afin de les utiliser au mieux ". C'est vraisemblablement le prix à payer pour que la mondialisation soit "aussi en faveur des pauvres". Le lien entre la réduction de la pauvreté et l'amélioration des conditions environnementales étant indéfectible, "les plus pauvres sont les plus vulnérables".

L'absence d'Haïti comme pays de la caraïbe à ce forum est d'autant plus regrettable qu'elle fait partie des plus pauvres et que la dégradation de son environnement en chute libre, devient un défi réel.

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