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Les articles d'Island Beat

Garantir un enseignement à chaque enfant
Décembre 2001

Par: Jean-Francois St-Felix
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Il se dégage un consensus sur le caractère universel de l‘instruction. Vu le rôle primordial qu‘il est appelé à jouer dans la vie des communautés, l‘éducation en tant que bien doit être accessible à tous. Pourtant le système éducatif haïtien ne s‘est pas encore donné les moyens d‘accueillir les enfants qui sont de plus en plus nombreux à frapper chaque année à sa porte.

L‘Etat Haïtien n‘assure l‘enseignement que pour 20% de la population d‘âge scolaire et le reste doit nécessairement s'adresser au privé. D‘après les chiffres publiés par le Ministère de l‘Education Nationale de la Jeunesse et des Sports dans son ‘'diagnostic technique du système éducatif haïtien'' on estime que près d‘un million d‘enfants en âge scolaire ne fréquentent ou n‘ont jamais fréquenté aucune école.

Non seulement la capacité du système ne répond pas, les enfants qui parviennent à franchir ce mur d‘obstacle n‘arrivent pas toujours au bout du cycle d'étude qu‘ils ont commencé. La constitution haïtienne en son article 32 stipule que ‘'l‘Etat garantit le droit à l‘éducation. Il veille à la formation physique, intellectuelle, morale, professionnelle, sociale et civique de la population''. L‘article 32 prévoit que ‘'la première charge de l‘Etat et des collectivités territoriales est la scolarisation massive, seule capable de permettre le développement du pays".

Le professeur Gerson Richemé explique le manque d‘accès des enfants à l‘école par l‘absence de contrôle de l‘Etat sur l‘ensemble du système. « L‘Etat Haïtien n‘arrivant pas à jouer son rôle de régulateur est à la remorque du secteur privé. D‘autant que ses écoles ne sont pas les mieux pourvues ». Monsieur Gerson insiste pour dire que la pauvreté et le manque de motivation de certains parents en ce qui a trait à l‘importance de l‘instruction sont des facteurs dont il faut tenir compte.

Son avis est partagé par le professeur Oldrich qui prévient d‘entrée de jeu, que garantir l‘enseignement veut dire pour lui garantir la qualité de l‘enseignement. Ce dernier estime que tout ceci ne peut se faire qu‘à la condition qu'enseignants et élèves se retrouvent dans un environnement propice au travail. Le professeur Oldrich cite le chômage, l‘insuffisance d‘écoles publiques, l‘absence de motivation des parents comme facteurs limitatifs à la scolarisation.

Tout d'abord, sur plan économique, les conditions difficiles d'existence des parents les empêchent de répondre convenablement aux dépenses que nécessitent l'admission de leurs enfants à l'école. Les frais de scolarité, l'achat des fournitures classiques obligent beaucoup d'enfants à rester dans la rue. En milieu rural le problème se pose avec le plus d‘acuité vu que la campagne a toujours été traitée en parent pauvre par rapport au reste du pays. Certains parents préfèrent retenir leurs enfants à la maison pour s'adonner à d'autres tâches telles que : les travaux des champs, le commerce et les soins ménagers.

Il est un fait que la scolarisation massive qui a marqué la période 1980-1998 n'a pas su résorber la demande d'éducation sans cesse en hausse dans le pays. Dans ce contexte le programme de la scolarisation universelle initiée par le ministère de l‘éducation nationale ne peut-être que la bienvenue.

Le ministère compte scolariser pour l‘année 2001- 2002, 100.000 nouveaux enfants dans le cadre de ce programme qui doit s‘étendre sur trois (3) départements du pays. Les Nippes (11.309 dont 5046 filles); le Sud (51919 dont 24218 filles) et la Grande-Anse (36228 dont16482 filles).

Dépendamment de leur âge, ces enfants sont répartis en trois (3) catégories; la première qui comprend les enfants âgés de 6 à 7 ans suivront les programmes de 6 années du curriculum de l'école fondamentale; la seconde catégorie qui comprend les enfants âgés de 8 à 9 ans suivront un programme accéléré.

La troisième pour les enfants âgés de 10 à 12 ans qui devront suivre un programme spécial de 3 ans, développé par le Ministère de l'Education Nationale de la Jeunesse et des Sports. A travers ces stratégies, le ministère souhaite permettre aux enfants, selon leur âge de récupérer les années perdues et de réintégrer normalement le système formel de l'éducation.

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