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Haïti traîne derrière elle un long passé marqué par l'exclusion sociale. L'égalité des chances pour tous les citoyens de ce pays est encore un vu pieux. Les enfants ne sont pas épargnés des injustices sociales. Aujourd'hui encore une petite minorité a accès à l'éducation et à des conditions de vie meilleures. Il va de soi que l'éducation, la santé, le loisirs sont des droits auxquels bon nombre d'enfants haïtiens n'ont aucun accès. Issus pour la plupart des masses économiquement faibles (urbaines et rurales), ils sont les éternels oubliés d'une société qui les marginalise et les relègue au rang de paria. Des opinions de personnes avisées concordent pour rejeter toutes les formes de discrimination contre les enfants. Claudemane Dass, psychologue dit rejeter au départ toute forme de discrimination dont un enfant peut être l'objet. Il estime que tout enfant doit être vu par rapport aux autres enfants indépendamment de son milieu d'origine, de sa religion, de sa couleur et de toute autre considération. Lenfant, explique-t-il, n'est pas un être en miniature mais une personne humaine à part entière. Par conséquent sa prise en charge doit être assurée en fonction de sa personnalité, de ses potentialités et de ses besoins affectifs. Ces propos rencontrent les vues de Frantz Lubin, directeur de l'école des jardinières d'enfants de la ville des Cayes dans le Sud du pays. Lubin estime qu'il ne devrait avoir de différence entre les enfants. « L'enfant ne doit être l'objet daucune exclusion quitte à ce qu'il souffre d'un handicap physique, d'une pathologie mentale ou qu'il ait un quotient intellectuel en-deça de la moyenne », a-t-il expliqué. Par exemple, les premières victimes de l'exclusion sont les aveugles qui sont considérés comme des laissés pour compte a fait remarquer Nancy Gerard Coordonnatrice de la SHAA ( Société Haïtienne d'aide aux aveugles). Elle a ajouté plus loin que les activités pour enfants quels qu'ils soient n'intègrent pas les enfants handicapés comme sils nétaient bon à rien. La responsable de la SHAA se dit étonner de constater que pendant qu'on parle d'éducation pour tous, aucun des lycées et écoles nationales ne sont équipés pour recevoir les handicapés visuels. Elle déplore de nombreux cas où les enfants pourront retrouver leur vision, mais il n'y a pas de moyens et croit que sil avait une réelle volonté de prendre en charge les aveugles dans la société haïtienne, on y arriverait. Les enfants sont victimes de l'exclusion au sein de leur propre famille, estime Lenord Alabré, un autre responsable de la SHAA basé à Chantal dans le Sud du pays. Alabré constate que les enfants handicapés sont automatiquement exclus des séances de divertissement, des petites tâches motivantes, des sorties et sont rarement lobjet d'affection. Il regrette que ces enfants ne jouissent du même estime que les enfants normaux. « Beaucoup de gens éprouvent un certain gêne à les accompagner à une rencontre de football, à la "gaguère" (arène de combats de coqs), en excursion et même à léglise où ils pourraient profiter de l'ambiance pour se récréer et se divertir. » Alabré plaide pour la sensibilisation des communautés sur la problématique des handicapés. « Nous devons savoir aujourd'hui que l'handicapé est une personne humaine comme nous autres avec ses potentialités, ses rêves et ses besoins. Il y en a qui sont très brillants à lécole. Il faut les regarder avec d'autres yeux. Il faut éviter de les tourner en dérision et leur donner loccasion de se faire une place dans notre société », a-t-il exhorté. [535 mots]
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