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Treize enfants haïtiens et dominicains (7 haïtiens et 6 dominicains) ont convié, le 21 septembre 2001, les autorités de l'île à prendre des dispositions adéquates pour leur assurer un cadre de vie environnementale plus sécuritaire et salubre. L'appel a été lancé dans une conférence de presse donnée à Port-au-Prince, la capitale haïtienne, pour faire le bilan d'une tournée écologique de l'île d'Haïti faite par ces enfants entre les 17 et 23 septembre 2001. « Nous demandons aux autorités de l'île de garantir notre protection en changeant concrètement les réalités de mornes dénudés et dépourvus de végétation, de rivières desséchées et jonchées de fatras, d'amoncellements de détritus autour des marchés publics et des sources d'eau potable, que nous avons constatées pendant notre périple. En fait, nous avons les mêmes terres et des pratiques communes dans la nourriture quotidienne des deux côtés de l'île », ont indiqué les enfants qui s'exprimaient pour la première fois de leur existence devant les micros de journalistes. Les enfants haïtiens et dominicains (7 filles et 6 garçons entre 10 et 14 ans), qui étaient accompagnés de 8 grandes personnes (4 femmes et 4 hommes), ont pu découvrir plusieurs facettes du paysage environnemental de l'île, de Dajabon à Ouanaminthe, en passant par Santo Domingo (la capitale de la république voisine d'Haïti), Port-au-Prince et Cap-Haïtien. De retour chez eux (à Ouanaminthe et Dajabon) dans l'après-midi du 23 septembre, les enfants ont préparé un compte-rendu, avec critiques et recommandations, sur la tournée écologique effectuée. En Haïti, où ils étaient reçus par le
Gwoup Echanj ak Solidarite ant Ayiti ak Dominikani (GESAD),
les enfants ont affirmé avoir fait connaissance avec différents
contrastes, notamment les efforts de survie d'une population hospitalière
face à un environnement hostile : la richesse et la beauté
des ressources naturelles comme les plages et les lacs ; l'exploitation
anarchique des carrières de sable qui menace l'équilibre
écologique de plusieurs zones ; les bidonvilles et d'autres
constructions irrégulières ceinturant quelques châteaux;
les efforts déployés par les paysans pour la préservation
des sols; la force de l'expression artistique spécialement
dans les produits artisanaux. A Fonds-Parisien, ils ont partagé leur repas avec plus d'une cinquantaine de personnes, parmi elles un groupe de dominicains venus de Jimani pour former quelques habitants du village en contrôle d'incendie. A Carrefour Feuilles, grand quartier populeux au sud-est de Port-au-Prince, avec les femmes du Programme d'Encadrement des Jeunes et des Femmes (PEJEF), ils ont touché du doigt les conséquences de la dégradation constatées au morne l'Hôpital qui surplombe la capitale haïtienne : des maisonnettes construites les unes contre les autres sur ce début de montagne à forte pente, les eaux usées mal drainées, un marché au beau milieu de la rue, les longues et périlleuses marches des habitants du quartier pour s'approvisionner en eau potable, entre autres problèmes environnementaux. Aux Gonaïves, ils ont mimé, dans une pièce de théâtre suggestive, différentes scènes et observations faites pendant la tournée écologique de l'île. Faisant état de leur constat durant leur passage en Haïti, les enfants ont essayé de s'informer sur les mesures déjà prises ou envisagées par l'Etat haitien, ainsi que les alternatives adoptées pour freiner l'exploitation anarchique des carrières de sable, la coupe effrénée des arbres et garantir le ramassage systématique des détritus. Répondant aux interrogations des enfants, l'ingénieur agronome Dimitri Norris, représentant du Ministère de l'Environnement, a annoncé la construction prochaine, dans certains coins de Port-au-Prince, de poubelles en béton pour la collecte des fatras. Sans préciser l'engagement de l'Etat sur la nécessité de rationaliser l'exploitation des carrières de sable et les prix pratiqués dans la vente des bonbonnes de gaz propane, Norris a seulement évoqué une stratégie de partenariat avec d'autres secteurs, utilisée par le Ministère de l'Environnement, pour pouvoir agir sur certains problèmes. Résultat d'une année de travail avec l'école Capois La Mort de Ouanaminthe et l'école San Martin de Porres de Dajabon, à la fin de laquelle un concours de peinture infantile a été réalisé sur le thème « Tè nou an ap mouri, an nou sove l », la tournée écologique de l'île a été organisée par Centro Puente de Dajabon, en partenariat avec GESAD, en vue d'encourager les enfants à mieux s'approprier des réalités environnementales de l'île afin de pouvoir les transformer à l'avenir. « Dans la perspective d'avoir des relations de solidarité et d'amitié entre les deux peuples qui se partagent l'île, Centro Puente de Dajabon estime important de travailler sur les questions environnementales qui affectent les deux peuples. C'est pourquoi, nous encourageons les enfants de Ouanaminthe et de Dajabon à intégrer ce processus de réflexion et de sensibilisation sur le problème du milieu ambiant », a déclaré Arcadio Sosa, coordonnateur de Centro Puente de Dajabon. Depuis 1999, au profit d'enfants des deux côtés de la frontière, Centro Puente de Dajabon développe un programme de sensibilisation environnementale comportant des cours dirigés sur le milieu ambiant naturel, des visites de terrain écologiques et des exercices pratiques (y compris la peinture) sur les notions apprises et les observations faites. Le GESAD a, pour sa part depuis 1989, un programme d'échanges avec la République Dominicaine, axé sur l'apprentissage des langues Espagnol et Créole, assorti d'analyses et informations sur les réalités politiques, économiques, sociales et culturelles de l'île. La tournée écologique des enfants haïtiens et dominicains, du 17 au 23 septembre 2001 sur l'île, a été rendue possible grâce à la collaboration matérielle et financière de plusieurs institutions, organisations et personnalités haitiennes et dominicaines. [970 mots]
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