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Des Mineurs Incarcérés Pour Motif De Meurtre
Juillet 2001

Par: Carril Desrosiers, Journaliste Indépendant
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A la méconnaissance du grand public haitien, les enfants mis à part les délits mineurs comme: le rixe,la délinquance,le larcin sont auteurs de différents crimes perpétrés à Port-au-Prince et dans les villes de province.

D'après les renseignements recueillis auprès du greffe de la prison des mineurs située dans une ancienne caserne dans le quartier de Fort-National,situé au Nord-est de la capitale, trois parmi les 43 détenus sont inculpés de meurtre.

Francois Junior, le plus ancien détenu de la prison, est âgé de 17 ans et est originaire de Pestel, une commune de l'arrondissement de Corail, située dans le Département de la Grand-Anse.

Son père est mort depuis belle lurette et sa mère aurait disparu en haute mer au cours d'un voyage clandestin à destination de la Floride, a-t-il dit.

Le 10 mai 1997, selon sa propre version des faits, lors d'un violent affrontement aux abords de la cathédrale de Port-au-Prince, qui l'opposait aux gardes du corps de l'ex-maire de Port-au-Prince Joseph Emmanuel Charlemagne, dit "Manno," Junior, armé de son revolver 38, a tiré à bout portant sur eux. Une jeune femme enceinte non-identifiée, une vendeuse de vêtements usagés, qui suivait le déroulement des faits, a été accidentellement atteinte d'une balle à la tête. Cette arme, a-t-il confié, il l'aurait volée a un policier inattentif.

Quetty Moise, une travaillleuse sociale affectée à la prison, est d'avis contraire. Elle déclare que Junior a délibérément pris pour cible la victime.

Neutralisé par la police, il a été mis sous le verrou le 11 mai 1997 au Penitentier National, avant d' être transféré à la prison des mineurs pour écoper d'une peine jusqu'alors non établie.

Toujours selon le greffe de la prison, Junior s'est évadé le 7 décembre1997. Mais au terme d'une semaine il s'était volontairement rendu.

De l'avis de Quetty Moïse, le détenu souffre d'un sérieux trouble mental et affiche un comportement pathologique.

Fort de ce constat, le Juge pour Enfants, Nora Jean-Francois, a intimé l'ordre le 21 décembre 2000 à la Directrice de la prison, Joseph Mary Magg. Gracieux de le soumettre dans un bref délai a des examens mentaux.

Le second détenu est âgé de12 ans.Il s'appelle Joseph David , le fils de Roselore Amazan. Avant sa détention, il vivait avec sa tante Jasmine Médard domiciliée à Bon-Repos, une banlieue située au Nord de Port-au-Prince.

Le15 mai 2000, suite à une vive altercation sur un chantier servant de lieu de récréation aux gamins du quartier, avec la propriétaire Aliane ainsi connue, le jeune David, emporté par la colère, l'a rageusement poignardée. La gravité de sa blessure était telle que la victime a succombé à ses blessures à bord d'une voiture qui la transportait à l'hopital.

Le même jour, il est écroué à la prison des mineurs. Le 28 novembre 2000, il a comparu au Paquet où il a déclaré avoir perdu son bon sens en comettant son forfait. "Comment ai-je pu commettre un tel crime," s'est-il interrogé sur un ton larmoyant.

Le Tribunal pour Enfants en a pris le relais et promet d'agir conformément aux normes judiciaires.

Un autre jeune prisonnier se nomme Jean Fenel.Agé de 16 ans et fils de Mercilia, il est originaire de Source Savanne, une région située dans le Département de l'Artibonite. A la mort de son père, il n'avait que 4 ans. Il vivait à Léogâne avec sa tante Manita, lorsque le 4 juin 2000, il a commis un homicide sur la personne d'Edès Lucksé, son copain, au bord d'une rivière.

A en croire ses témoignages, une simple injure a été le mobile du crime. Au moyen d'un couteau tranchant, il l'a éventré.

En pleine cavale, il a été mis aux arrêts par les forces de l'ordre de Léogâne qui l'ont transféré de manière expéditive à un centre de détention de Petit-Goâve. Cependant, la Direction de l'Administration Pénitentiaire (DAP) de la juridiction de Petit-Goâve, consciente de son incompétence à conduire le dossier, a ordonné le 27 octobre 2000 le transfert de l'accusé à la prison des mineurs, appartenant au Tribunal Pour Enfants.

Tout en reconnaissant leur culpabilité, ces prétendus meurtriers attendent d'être définitivement fixés sur leur sort.

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