About this featured photo Link to Home Page Site Map . Contact . Help . Home  
  Regional Programmes . Productions . Resources . About Us
 
 

Productions: Island Beat

Panoscope . Media Briefings . Island Beat . Our Own Voice . Le P'tit Nouvelliste
Order Publications

Les articles d'Island Beat

LES JEUNES DES CAYES S'INQUIETENT DE L'EXCLUSION DES ZONES RURALES DANS LES CAMPAGNES CONTRE LE SIDA
Juillet 2001

Par: Carril Desrosiers, Journaliste Indépendant
English
français
español
kreyol

Cet article est produit avec la collaboration du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), UGP/MSPP/IDA dans le cadre du projet ASON/Panos: "Renforçer le débat public sur le VIH/SIDA et les programmes de prévention avec la participation des personnes vivant avec le VIH/SIDA."

Souhaitant dans les années qui viennent l'éradication du VIH/SIDA, les participants lors d'une conférence organisée le samedi 3 février 2001¸ à la salle St Louis des Cayes, par l'Association de Solidarité Nationale (ASON), ont plaidé unanimement en faveur d'une vaste campagne de sensibilisation et d'éducation sur ce fléau, particulièrement dans les zones rurales d'Haïti. Contrairement aux grandes villes de provinces, ces zones qui comptent aussi des malades du SIDA, sont souvent écartées des différentes activités de formation et de prévention sur le VIH/SIDA.

Tout en reconnaissant l'impact du SIDA sur la jeunesse et la société, Thimogène St Luc, 22 ans, a signalé quelques cas de séropositivité dans les régions avoisinantes de la ville des Cayes. Les sidéens, qui vivaient en ville, après avoir été diagnostiqués séropositifs, souvent regagnent leur milieu d'origine (la campagne).

En y arrivant, ils sont tenus pour responsables de la propagation du virus VIH dans leur milieu, du fait de la croyance superstitieuse profondérément ancrée dans la culture populaire. Les maladies sont souvent qualifiées de surnaturelles, a-t-il expliqué avec amertume.

De son côté, Simon Marc Henry, âgé de 17 ans, en classe de seconde au Lycée Philippe Guerrier des Cayes, a vigoureusement déploré le manque d'encadrement auquel sont confrontés les habitants des zones rurales du pays. Il a dénoncé également les mesures sévères de discrimination venant de la société, prises à l'encontre des sidéens, les contraignant de fuir les milieux urbains .

A ce titre, il a suggèré l'établissement de centres hospitaliers spécialisés, dans des endroits stratégiques des régions rurales, aptes à pourvoir des soins adéquats aux personnes infectées et à prodiguer des conseils salutaires aux gens ayant une vie sexuelle active. "Si on n'intervient pas immédiatement, cela nous conduira immanquablement vers une catastrophe sans précédent," a-t-il pronostiqué.

Intervenant dans le cadre de cette conférence, Guirlène St Jour, 21 ans et élève de seconde au CFTC, a signalé l'absence des groupements de jeunes de la campagne à la conférence. Selon elle, les informations qui y sont véhiculées leur seraient largement bénéfiques. Il s'agit d'un acte d'exclusion et de discrimination à leur égard, a-t-elle indiqué.

Ayant participé activement à plusieurs séminaires de formation sur le SIDA et les MST, Smart Jean-Baptiste âgé de 19 ans et élève de seconde au collège St Jean des Cayes, a salué le courage exemplaire dont a fait montre le secrétaire général de ASON Saurel Beaujour en révélant sans honte sa séropositivité à l'assistance. Cependant il devrait aller aussi vers les gens de la campagne qui ont besoin de vérité patente et d'informations pertinentes sur le virus VIH/SIDA, a-t-il poursuivi.

Smart s'est dit toutefois prêt à participer bénévolement aux campagnes de sensibilisation sur le SIDA, notamment dans des endroits reculés du pays où les risques d'infection sont très élevés.

Nouvellement promue Ambassadrice de la jeunesse cayenne, Ivica Roche âgée de 19 ans et élève de Rhéto au Collège St Jean des Cayes, a commenté ainsi ses réserves quant aux chiffres relatifs à la séroprévalence de la population haïtienne: "Ces données statisques faisant état de 350.000 infectés sont loin d'être exactes et fiables. Car les communautés rurales ont été exclues de toutes les campagnes de dépistage."

A l'issue de cette conférence qui a duré 3 heures, les 300 participants se sont déclarés dorénavant solidaires des sidéens et ont affirmé leur ferme volonté de participer bénévolement aux prochaines campagnes de prévention, notamment dans les villages du pays.

[575 mots]

Les articles d'Island Beat