About this featured photo Link to Home Page Site Map . Contact . Help . Home  
  Regional Programmes . Productions . Resources . About Us
 
 

Productions: Island Beat

Panoscope . Media Briefings . Island Beat . Our Own Voice . Le P'tit Nouvelliste
Order Publications

Les articles d'Island Beat

EBEN EZER DE LA REDEMPTION, UNE ÉCOLE OUBLIÉE À CITÉ SOLEIL
Juillet 2001

Par: Carril Desrosiers, Journaliste indépendant, Port-au-Prince
English
français
español
kreyol

À Lintho 1, un quartier populaire et insalubre de Cité Soleil (bidonville situé à Nord- Ouest de Port-au-Prince, peuplé de 300.000 habitants), fonctionne de 7h 30 à midi une école primaire, appelée Eben Ezer De La Rédemption, dont la vocation est d'assurer la formation des enfants défavorisés de la zone.

Fondée en 1978 par André Lindor, décédé en 1998, celle-ci est aujourd'hui confrontée à de multiples difficultés : salles obscures et exigues, toiture trouée, murs délabrés et manques persistants divers.

Répartie en 8 classes (de la maternelle à la 7e Année Fondamentale), cette modeste institution scolaire, dispense une formation académique aux enfants des petits commerçants et des chomeurs de Cité Soleil.

À en croire, Sylvine Lindor, co-directrice de l'école et fille du fondateur, l'effectif des élèves est passé de 214 en 1999 à 186 en 2001. Les problèmes économiques en sont les causes principales assure-t-elle.


Durement touchés par les crises sévissant dans le pays depuis quelques années, les parents de ces derniers, quoique conscients de l'importance de la scolarisation, se voient constamment dans l'impossibilité de verser la modique cotisation mensuelle fixée par la Direction.

Ceci a de sérieuses répercussions sur la bonne marche de l'institution, en empêchant aux maîtres de jouir convenablement du statut de salariés, explique Sylvine Lindor.

Les élèves viennent souvent à jeun à l'école et sont par conséquent sourds aux explications des maîtres. Ils comptent sur le repas chaud offert de manière irrégulière à l'école.

Ils sont quasiment dénudés et sont la proie des maladies dûes à la malnutrition, confie Odrel Janvier, 27 ans, co-directeur de Eben-Ezer De La Rédemption.

Sylvine Lindor affirme avoir plus d'une fois diagnostiqué des cas de diarrhée aigue et de poliomyélite chez ses éléves. Elle reconnait que ces derniers vivent dans un environnement délétère.

Les cours sont rendus possibles grâce à la bonne volonté des maîtres qui ont eux aussi des problèmes économiques graves. Trois d'entre eux ont abandonné au milieu de l'année académique 2000-2001 pour s'adonner à d'autres activités jugées bénéfiques et rentables.

Pères de famille, ils connaissent aussi la faim, tombent malades jusqu'à en devenir tuberculeux.

"Des fois, je me vois dans l'incapacité de payer les 3 gourdes du transport pour me rendre à mon travail," s'écrie Amos Lundi, 38 ans, professeur à la dite institution.

Le manque persistant de matériels et d'ouvrages didactiques nuit considérablement à la compréhension et la maitrise des matières traitées en classe. Les élèves ont du mal à se procurer des manuels scolaires qui ne sont pas à la portée des bourses de leurs parents, s'exclame Oriel Macé,29 ans, professeur en classe de 7e Année Fondamentale.

Selon Odenel St Louis, 36 ans, professeur en classe de 3e Année Fondamentale, les élèves sont appliqués à l'étude et promettent malgré la misère et les flambées de violence souvent enregistrées à Cite Soleil et qui les frappent vivement.

Sonson, de son vrai nom Robenson Milien, élève en classe de 2e Annee Fondamentale et âgé de 7 ans, ne cache pas son amour pour l'école et en est très reconnaissant. "Maintenant je suis à même de lire et d'écrire," dit-il en substance.

Satisfait des résultats obtenus par ses élèves à la fin des années académiques, Reynold Banatte, 27 ans, professeur en classe de 2e Année, se dit déterminé à exercer sa profession d'éducateur.

Il met cependant l'emphase sur les recyclages et les séminaires de formation pédagogique dont les maîtres ont besoin pour être véritablement à la hauteur de leur tâche.

Stiven Junior, 22 ans, professeur en classe de 7e Année Fondamentale, se borne à fustiger le mépris affiché par les dirigeants du pays à l'égard des institutions scolaires de Cité Soleil. L'éducation ne constitue pas une priorité pour eux. Sans l'apport de ces écoles, ces enfants seraient livrés à la délinquance, confie-t-il.

Après avoir fait sa propre évaluation du fonctionnement de l'établissement scolaire, dont il est membre, Oriel Macé estime qu'il est impératif d'entrer en possession d'un nouveau local répondant aux normes pédagogiques.

"Il n'est pas correct que 4 classes fonctionnent dans une même salle. Lors des exposés, les élèves sont dissipés et importunés,"commente-il.

Les besoins et les aides sont divers et pressants, déclare Sylvine Lindor. Ils partent de la fourniture, des uniformes, des manuels classiques, des matériels didactiques, jusqu'à l'allocation régulière servant de salaire aux enseignants.

Le personnel composé de 8 maîtres et de 2 administrateurs, communique leur motivation à aller de l'avant et à atteindre leur objectif pour l'année 2002, celui d'accueillir 400 élèves et de leur offrir un repas chaud chaque jour avec l'aide bien entendu des organismes internationaux et institutions étatiques oeuvrant dans le domaine éducatif et humanitaire .

[760 mots]

Les articles d'Island Beat