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S.O.S Pour les mangroves de la Savane
Février 2001

Par: Jean-François St. Félix, Port-au-Prince
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Les mangroves ont toujours été identifiées comme une espèce de notre flore qui a une importance vitale pour notre ecosystème. Des études ont mis en lumière l'énorme avantage qu'on en tirerait à les protéger. En témoigne un document intitulé "Les mangroves de la Caraïbe: Pour une gestion durable," publié par l'Institut.Panos en collaboration avec deux autres organismes intéressés à l'environnement.

Pourtant à la Savane, quartier populaire de la ville des Cayes, la troisièment ville en importance du pays, des menaces de destruction assez sérieuses pèsent sur les mangroves.

En effet, un décret gouvernemental déclarait le 28 novembre 1980 d'utilité publique huit (8) hectares de terre de la Savane. Cependant en 1986, à la chute de la dictature des Duvaliers, l'Entreprise de promotion de logements sociaux (EPPLS) entreprenait de construire dans le voisinage de cette portion de terre à partir d'un financement du gouverment belge des unités de logements destinées aux couches nécessiteuses de la population.

De cette date à nos jours, 468 unités de logement ont été construites et remises aux bénéficiaires, devait nous confier l'ingénieur Girodier, responsable de construction. L'EPPLS compte pour le moment entamer ce qu'il appelle la deuxième phase de son projet compromettant ainsi l'avenir des mangroves.

Des habitants de la zone questionnés avouent ne rien savoir concernant ces plantes. Toutefois, ces dernières ont une utilité pratique pour les riverains qui, à côté de la pêche, s'en servent dans la construction de maisonnettes de fortune et dans la production du charbon de bois.


Pour sa part, l'agronome Jean-Yves Banatte a fait remarquer que les mangroves représentent un site écologique qui nécessite plusieurs dizaines d'années pour se développer. Faisant ressortir que les mangliers représentent plusieurs espèces de plantes qui s'adaptent aux conditions du littoral, Monsieur Banatte y voit un gîte de reproduction d'espèces aquatiques et unrempart contre l'effet érosif de la mer sur le littoral, sans parler de leur écorce qui sert à tanner le cuir.

Face à l'imminence du danger qui pèse sur les mangroves, c'est l'ASPREN (Association Sud pour la protection et la réhabilitation de l'environnement) qui a donné l'alerte. Une lettre dont la date n'a pu être indiquée a donc été adressée aux instances compétentes de l'État, notamment la Primature et le ministère de l'environnement en vue d'attirer leur attention sur la perte irréparable que la destruction des mangroves pourrait constituer pour l'environnement en général et pour la pêche en particulier.

On sait que les mangroves en plus d'être une réserve écologique favorable à la reproduction de crustacés, de mollusques, de paloudes et d'autres espèces, constituent également un lieu d'hebergement d'espèces migratrices telles que les bécasses, les pluviers et autres oiseaux des côtes qui les utilisent comme aires de repos et de ravitaillement.

Même si rien n'est encore décidé, l'agronome Saurel Félix, responsable de l'ASPREN, se veut rassurant eu égard au sursis observé par les autorités en ce qui concerne les nouvelles constructions.

Monsieur Banatte formule des propositions très concrètes qui d'après lui permettront de pallier au problème. Il propose entre autres, la dissémination dans le milieu marin de carcasses de voitures pouvant servir de site de reproduction pour les poissons.

Et il a fait également remarquer que l'Etat haïtien dispose d'espace plus approprié pour effectuer ces constructions. D'ailleurs, l'investissement que nécessiterait le remblayage des mangroves pourrait bien servir à autre chose.

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