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SIDA - CABARET : Des jeunes motivés pour des rapports sexuels protégés
Décembre 2000

Par: Ronald Colbert, Journaliste, l'Institut Panos, Haïti
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Plusieurs jeunes de Cabaret, à 35 kilomètres au nord de la capitale d'Haïti, ont exprimé mercredi soir 21 décembre leur intention d'avoir désormais des comportements sexuels moins à risques, au terme d'une rencontre-débat sur les dangers d'infection au virus du SIDA, auxquels jeunes gens et jeunes filles non avertis s'exposent aujourd'hui.

Déroulés sur le thème JEUNES ET SIDA à la gaguerre publique « Eperons », les échanges avec les jeunes de Cabaret sont le prolongement d'une initiative, commencée dans le Sud-est du pays, par l'Association de Solidarité Nationale (ASON) avec les personnes vivant avec le virus de l'immunodéficience humaine (PVVIH) et les personnes affectées par la maladie.

Une grande émotion a gagné l'assistance, forte de plus de 200 personnes jeunes pour la plupart, au fur et à mesure des témoignages et recommandations de Saurel Baujour, secrétaire exécutif de ASON, qui n'a pas hésité à avouer sa séropositivité acquise en 1993.

« La personne infectée par le SIDA ne doit ni avoir honte ni se cacher. Le SIDA existe bel et bien, et son virus est si rusé qu'il emportera à la tombe, tôt ou tard, la personne qu'il a atteinte. Aussi, jeunes gens et jeunes filles, voudrais-je vous exhorter à ne pas avoir de rapports sexuels précoces, à respecter vos foyers et vos familles en restant fidèles à vos partenaires », a imploré Beaujour.

Ne voulant pas demander pitié pour lui affecté, le secrétaire exécutif de ASON a convié les jeunes qui l'écoutaient à adopter des comportements sexuels sécuritaires. Il a aussi appelé les jeunes filles et les femmes à ne pas céder aux avances des jeunes garçons et des hommes pour des rapports sexuels non protégés et / ou sans préservatifs.

Il a dénoncé dans le même temps les « méchants hommes » qui font des chantages et harcèlements sexuels sur les jeunes filles et les femmes pour des « motifs économiques ». Faisant remarquer que la vie n'est pas une marchandise négociée dans les marchés publics, Saurel Beaujour a condamné « comme criminelles » les personnes infectées qui transmettent volontairement le virus à d'autres personnes.

«En cas d'infection au VIH, tous les investissements consentis par les parents sont compromis. C'est pourquoi les jeunes doivent accorder beaucoup d'importance à leurs études et se soumettre volontairement au test de dépistage du SIDA lorsqu'ils et elles décident de vivre ensemble avec un ou une partenaire », a plaidé le secrétaire exécutif de ASON.

Begerl Chéry, responsable des activités au sein de ASON, a justifié la campagne de sensibilisation et de motivation auprès des jeunes par le rôle de ces derniers dans le développement du pays. Les premiers rapports sexuels des jeunes, dit-il, ont lieu généralement avec beaucoup d'émotion, mais sans réflexion pertinente sur les conséquences de l'acte : risques de grossesses précoces et non désirées, contamination aux maladies sexuellement transmissibles (MST), dont le SIDA, la syphilis, la blennorragie, le chancre mou, l'herpès vaginal.

Les jeunes de Cabaret se sont montrés attentifs à une démonstration-représentation du mode d'utilisation des préservatifs masculins et féminins, faite par Marie Yolène Pierre, responsable des relations publiques de ASON.

Au cours du débat qui a suivi les interventions des représentants d'ASON, jeunes garçons et jeunes filles ont surtout réclamé des suppléments d'information sur les modes de transmission du virus du SIDA, la disponibilité de médicaments ou de remèdes contre la maladie, les précautions à prendre pour ne pas être infectés et affectés.

Après avoir salué avec ferveur le courage de Saurel Beaujour qui n'a pas eu peur de déclarer sa séropositivité, les jeunes de Cabaret qui composaient l'assistance à la gaguerre « Eperons » ont juré de respecter leur vie en refusant d'avoir des rapports sexuels précoces, mais en restant fidèles à leurs partenaires sexuels. Parallèlement, tout en promettant un sourire de solidarité aux personnes vivant avec le VIH, ils ont observé une minute de recueillement à la mémoire de tous ceux et toutes celles que la maladie a déjà emportés / emportées dans leur commune.

La rencontre-débat de ASON à Cabaret s'est terminée dans un enthousiasme débordant des jeunes composant l'assistance, se bousculant pour pouvoir obtenir des préservatifs masculins et féminins délivrés gratuitement par ASON qui a aussi fait don d'affiches et de fiches d'information comportant, entre autres, des recommandations pour « promouvoir les droits de la personne humaine dans le contexte du VIH et du SIDA ».

« Les statistiques sur le taux d'infection au VIH à Cabaret ne sont pas connues. Cependant, nous savons qu'un nombre non déterminé de jeunes a déjà succombé dans la commune et les sections communales de Cabaret, où certains parents superstitieux croient plutôt aux pratiques fétichistes pour soigner leurs enfants tombés malades », a indiqué à Panos un agent de santé de Cabaret.

Environ 500 préservatifs sont distribués chaque jour dans le centre de santé de Cabaret, alors que la même quantité est distribuée chaque semaine dans les quatre sections communales : Sources Matelas, Giton, Nan Galgal et Potanso, a signalé à Panos l'agent de santé.

Après Cabaret, la « campagne de sensibilisation et de motivation » de ASON « par la voix des personnes atteintes du VIH/SIDA » (PVVIH), qui est financée par la branche haïtienne du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF), doit se poursuivre à Croix des Bouquets, Carrefour, Delmas et Pétionville, dans le département de l'Ouest d'Haïti.

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Cet article est produit avec la collaboration et le support financier du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) dans le cadre du projet ASON: "Campagne de Sensibilisation et de Motivation par la voix des Personnes Atteintes du VIH/SIDA," une campagne qui couvrira les départements du Sud-Est et de l'Ouest d'Haïti pendant novembre et décembre 2000.

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