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Le 15 février 2000, J.G., un garcon âgé de 15 ans originaire de Jérémie, était surpris en flagrant délit de vol. Au bout de quelques mois d'incarcération, il tombait malade et présentait des symptômes inquiétants exigeant de lui un test VIH. Les résultats de lexamen avaient révélé qu'il était infecté. C'était depuis lors le commencement de son calvaire, comme le précise le précédent article "LE CALVAIRE D'UN DÉTENU SÉROPOSITIF." Face à l'urgence imposée par la gravité de l'état physique du détenu séropositif matriculé FNGM242, la directrice de la prison des mineurs Mary Magg Gracieux Joseph s'est hâtée d'exécuter l'ordre de libération dâté du 5 octobre 2000 émis par le Substitut du Commissaire du Gouvernement et Chargé des affaires des Mineurs, Mimose Janvier. Le mardi 10 octobre 2000, en quittant la prison en direction du Centre Hospitalier des Soeurs de la Charité sis à la rue St Martin, J.G. était littéralement plongé dans un état comateux. Arrivé au centre, il était accueilli à bras ouverts par Soeur Antonine, responsable de la Congrégation des Missionnaires de la Charité en Haïti. A en croire celle-ci, J.G. serait à sa deuxième hospitalisation à ce dit centre médical qu'il avait abandonné au profit de la rue. Toutefois, Soeur Antonine promet de lui apporter le maximum d'aide. Actuellement, J.G. partage la même salle que d'autres malades provenant des couches sociales défavorisées du pays ayant contracté des infections comme le VIH, le syphilis, etc. La vie à l'intérieur de cet hôpital est différente de celle de la prison. Désormais il est peinard et n'aura plus à faire face aux mauvais agissements des ex-codétenus.
A 8h a.m. il est déjà hors de son lit. Après avoir procédé à l'arrosage des parterres de la résidence des Soeurs, il s'adonne au jeu de cartes en compagnie de ses copains, eux-aussi hospitalisés. Le soir, avant de se coucher, il s'assure d'être informé des lots gagnants de la loterie de New York. Ce jeu de hasard est sa passion et constitue son unique planche de salut, confie-t-il. En l'espace de trois mois, sa santé s'est notablement améliorée. Il a pris de l'embompoint et a recouvré sa vitalité d'autrefois, selon les remarques de Yvrose Vernet, une infirmière qui était à son chevet à la prison. Cependant les lésions cutanées n'ont pas disparu. L'administration des médicaments rétro-viraux et des vitamines a la fonction de prolonger ses jours, bien entendu s'il ménage sa santé, ajoute Yvrose Vernet. Pour sa part, J.G. met l'accent sur la persistance des douleurs d'articulation musculaire dûes à son avis aux violents coups de pied encaissés lors de son arrestation par la police. Toujours dans l'ignorance de sa séropositivité, J.G. affirme n'éprouver aucune envie sexuelle. Il ne découche pas et ne vagabonde pas. Il ne sort que pour rendre visite à sa cousine Irène qui est le seul membre de sa famille à être en connaissance de son hospitalisation. Cette dernière, semble elle-aussi ignorer la maladie de son cousin. Quetty Moise, une travailleuse sociale, ayant longuement enquêté sur la vie du malade, indique que le danger demeure. Il a maintenant le libre-arbitre et peut échapper en temps voulu à la surveillance des responsables de l'hôpital, dont le souci primordial est de lui prodiguer une assistance médicale. Par conséquent, il encourt le haut risque de surcontamination et peut du même coup être le vecteur de transmission du virus VIH, si toutefois il renoue avec ses anciennes pratiques sexuelles non-protégées, précise Quetty Moise . J.G. se plaint continuellement d'être quasiment dénudé. "Je ne porte que de pauvres habits et suis privé de chaussures," s'écrie-t-il d'une voix pathétique. Avide de savoir, il manifeste sa grogne du fait qu'il n'a jusqu'à présent pas bénéficié du pain de l'instruction, qu'il juge indispensable à son épanouissement. Le chemin de l'école, poursuit-il, l'aurait détourné de celui de l'analphabétisme et de la délinquance. À ce titre, il projette de laisser la Maison des Soeurs de la Charité pour adhérer au centre d'accueil Foyer Lakay, situé au Bicentenaire, ayant à sa tête le révérend Père Attilo Stra. Se référant aux normes régissant la matière judiciaire, le Substitut du Commissaire pour Enfants, Mimose Janvier, souligne que J.G. peut être éventuellement remis en tôle et par la suite déféré en justice. La détérioration de son état physique lui a valu le bénéfice de la levée d'écrou. La nouvelle de sa possible incarcération le chagrine et le force à croire que son calvaire ne fait que continuer. [770 mots]
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