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Les enfants vivant avec le VIH exposés aux discriminations
Décembre 2000

Par: Strauss Védrine, Journaliste, l'Institut Panos, Haïti
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"Il faut que l'Etat Haïtien applique une politique de prise en charge vis-à-vis des enfants orphelins du SIDA," a déclaré le Secrétaire Exécutif de l'Association de Solidarité Nationale (ASON), Jean Saurel Beaujour.

Cette declaration de Jean Saurel Beaujour vient juste après qu'il eut visité un proche d'une petite fille de 12 ans infectée au VIH, dont sa mère et son père sont déjà décédés du SIDA à la Vallée de Jacmel, une petite ville du Sud'Est d'Haiti.

"Cette petite fille est obligée de se rendre à Port-au-Prince chez un autre grand-parent, parce qu'elle est exposée aux préjugés et à la négligence de son tuteur à la Vallée de Jacmel" a laissé entendre Jean-Julien Raymond, Responsable du Club Cool de Jacmel.

"A Marigot, une localité voisine, quatre enfants, eux aussi laissés par un père décédé du SIDA, sont l'objet de multiples préjugés de la part de la communauté," a confié Jean-Julien Raymond.

"Une politique de prise en charge à domicile des orphelins du SIDA serait plus efficace," a suggeré Begerl Chéry, le Coordonnateur des activités de l'ASON.

Cet article est produit avec la collaboration et le support financier du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) dans le cadre du projet ASON: "Campagne de Sensibilisation et de Motivation par la voix des Personnes Atteintes du VIH/SIDA," une campagne qui couvrira les départements du Sud-Est et de l'Ouest d'Haïti pendant novembre et décembre 2000.

Les responsables de l'ASON ont suggéré au gouvernement de tirer la sonnette d'alarme et de faire appel à tous secteurs qui sont chargés d'informer, de former et d'éduquer afin qu'ils fournissent un encadrement aux enfants orphelins du SIDA.

Plus de 150.000 orphelins de SIDA luttent pour leur survie aujourd'hui en Haïti.

Le taux de transmission verticale, c'est-à-dire de la mère à l'enfant, se range autour de 30% en Haïti. Toutes les deux heures et demie, un bébé séropositif nait dans le pays selon une étude de l'Initiative Nationale pour la recherche d'un Vaccin Contre le SIDA en Haïti (INAVAC/MSPP).

En outre, les orphelins dont les parents sont morts du SIDA courent un risque supérieur à la moyenne de souffrir d'un retard de croissance. Ce serait le cas de 50% des orphelins du SIDA dans le monde ("Le progrès des Nations 1999," UNICEF).

"Je connais des orphelins vivant à Port-au-Prince qui ont été obligés de laisser l'école pour revenir à Marigot à la charge des grands-parents qui fort souvent sont dans l'impossibilité de subvenir à leurs besoins," a déclaré un notable de Marigot qui participait à une conférence-débat organisée par l'Association Nationale de Solidarité (ASON) avec le financement de l'UNICEF le 3 novembre dernier.

"En général, les orphelins du SIDA sont livrés à la domesticité ou encore vont grossir le nombre des enfants des rues et celui des prostituées. Ceux qui ont été testés négatif au VIH à la naissance sont inévitablement exposés à nouveau au VIH par des contacts sexuels non protégés," selon les responsables de l'INAVAC/MSPP.

A l'heure actuelle, selon ONUSIDA, "le nombre d'enfants dont l'un des parents est séropositif serait largement supérieur au nombre d'enfants déjà orphelins, une perspective qui n'augure rien de bon pour l'avenir."

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Cet article est produit avec la collaboration et le support financier du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) dans le cadre du projet ASON: "Campagne de Sensibilisation et de Motivation par la voix des Personnes Atteintes du VIH/SIDA," une campagne qui couvrira les départements du Sud-Est et de l'Ouest d'Haïti pendant novembre et décembre 2000.

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