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L'Association de Solidarité Nationale (ASON) a réalisé du 2 au 12 Novembre 2000 dans quatre localités du Sud-Est d'Haiti, une campagne de Sensibilisation et de Motivation sur le SIDA. Cette campagne financée par le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) vise à contribuer à la réduction du taux de contamination au VIH et à briser les barrières sociales et les discriminations vis à vis des séropositifs. La première escale de cette "croisade" a eu lieu le vendredi 3 novembre 2000, au local de l'établissement scolaire "Emile Posy" et à la Plage COJURELLE de Marigot. "Comment vivre avec le SIDA; Le SIDA, une menace pour la société; Quel avenir pour un sidéen?" est le thème qui a fait l'objet de débats durant cinq (5) heures d'horloge entre les membres de l'ASON et une assistance estimée à plus de 300 personnes. L'assistance de Marigot, ville située à 24 kms de Jacmel, composée d'adultes et de jeunes, est intervenue en maintes occasions pour poser des questions sur les modes de contamination au VIH.
Des séropositifs, membres de l'ASON ont apporté de nombreuses témoignages devant une assistance de plus de 450 jeunes. Les conférenciers ont fait état de difficultés auxquelles ils se trouvent confrontées avec les membres de leur famille. Ils ont raconté aux participants les souffrances qu'ils endurent et ont fait état de lourdes dépenses encourues pour l'achat de médicaments. "Il me faut US$ 6.000 par année pour l'achat de médicaments. J'en trouve parfois grace à la générosité de quelques institutions dont ASON par exemple," a dit Christian Jules. Au lycée des Cayes-Jacmel, une fille de 20 ans qui a participé au tournage d'un documentaire: "ALERTE SIDA" nous a déclaré: "Autrefois, je ne prenais pas le SIDA au sérieux. Je disais comme les autres, c'est une politique. Mais aujourd'hui, à force de constater les dégâts causés par ce fléau sur l'humain, je suis convaincue maintenant que c'est de la réalité." Les jeunes cayemelais sont intervenus en maintes occasions pour poser des questions. Ils ont tous nourri l'espoir d'arriver un jour à freiner ce fléau "SIDA." Le dimanche 5 Novembre 2000 dernier, le troisième rendez-vous était donné sur la place de Anne de Jacmel. Carmelle Dimercie, une jeune fille de 20 ans qui a participé à cette rencontre a déclaré que "Le témoignage de Christian Jules est triste, il nous a frappé avec beaucoup d'émotion, parce que c'est un jeune comme nous." La quatrième rencontre de Sensibilisation et de Motivation s'est déroulée à la Vallée, ville située 26 kms au Nord-Ouest de Jacmel. La réunion a eu lieu en présence de 600 collegiens et lycéens le mardi 8 Novembre 2000. Monsieur Jerome Altidor, le Maire principal de cette ville qui participé à cette manifestation s'est déclaré très satisfait. Il a profité de cette occasion pour remercier ASON spécialement l'UNICEF qui a financé ce programme. "C'est pour la première fois que les jeunes Valléens ont eu la chance de recevoir cet antidote. J'espère que ce ne sera pas la dernière," a dit le Maire de la localité. "J'ai souvent entendu parler de cette maladie, mais c'est pour la première fois que j'ai vu des personnes accepter d'avouer publiquement qu'elles vivaient avec le SIDA. C'est une chose incroyable pour moi," a dit Jean Nazaire, élève du lycée Philippe Jules de la Vallée. Frappé par le témoignage des personnes infectées, un parent a confié aux membres de l'ASON qu'il a une petite fille de 12 ans qui est infectée du VIH. Son père et sa mère sont déja décédés du SIDA à la Vallée. Une infirmière de 38 ans qui mène une vie cachée dans la localité voisine de La Voûte, section communale de la commune de Jacmel, après avoir été informée de sa maladie par son médecin, a meme invité les responsables de ASON à la visiter. "Votre présence m'a beaucoup réconfortée. Je me sentais isolée, mais aujourd'hui avec vos paroles d'encouragement, je sens un brin d'espoir de vivre," a dit l'infirmière infectée aux membres de l'ASON. La cinquième rencontre de l'ASON a eu lieu le vendredi 10 décembre à la salle de conférence de la Mairie de Jacmel vers les 3 heures 30 de l'après midi. Pendant trois heures d'horloge, les conférenciers de l'ASON ont témoigné devant une assistance d'environ 400 personnes composée en majorité de jeunes. Ils ont exhorté les participants à prendre des précautions. "Car le SIDA est rusé, c'est une maladie incurable," a dit Christian Jules, l'un des séropositifs. Bon nombre de personnes composant l'assistance sont intervenues pour poser des questions. Gina, une jeune fille de 21 ans du collège St. Louis de Jacmel a demandé aux responsables de l'ASON de continuer ce travail dans le Sud'Est. "Le SIDA est en train de faire son petit bonhomme de chemin sur les jeunes surtout à Jacmel," dit-elle. Jocelyne, une jeune fille de 22 ans a pour sa part déclaré: "Je suis très contente de participer à cette rencontre combien intéressante, j'ai appris beaucoup de choses que je ne savais pas, je suis prête à travailler comme volontaire dans un programme pareil pour sensibiliser les jeunes." Le Samedi 11 Novembre 2000, vers les 4 heures 30 pm, sur l'invitation des jeunes du Groupe Club Cool et du Groupe Jeunesse Croix-Rouge, les membres de l'ASON ont repondu aux questions de 150 jeunes qui participaient à cette rencontre. La tournée de ASON a été cloturée le dimanche 12 novembre 2000, vers les 5 heures pm, sur la place de Toussaint Louverture de Jacmel. Devant plus de 400 personnes, recrutées parmi toutes les tranches d'age, les membres de l'ASON ont mis fin à cette campagne. Jean Saurel Beaujour, Secrétaire Exécutif de l'ASON a pris la parole pour demander aux gens de se protéger contre le SIDA. Il a fait une présentation de la situation épidémiologue en Haïti soulignant que "Tous les jours 120 décès sont enregistrés en Haïti a cause du SIDA, tandis que 120 nouveaux cas de SIDA se développent tous les jours chez les personnes déja infectées du virus." Jean-Julien Raymond, Responsable du Club Cool de Jacmel a indiqué pour sa part que "L'impact de cette campagne de sensibilisation et de motivation va à coup sûr accomplir des progrès à Jacmel. Les jeunes vont probablement repousser à plus tard leurs premières expériences sexuelles, changeront moins souvent de partenaire et utiliseront plus systématiquement le préservatif surtout grâce à la démonstration de l'ASON sur l'utilisation des préservatifs." Cette campagne de sensibilisation et de motivation de l'ASON dans le Sud'Est donne raison au Dr. Peter Piot, Directeur Exécutif du Programme commun des Nations-Unis sur le VIH/SIDA (ONUSIDA), qui affirme que les effets de prévention "ne reposent non pas sur de nouvelles percées technologiques, mais sur de nouvelles percées en matière de détermination."
Cet article est produit avec la collaboration et le support financier du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) dans le cadre du projet ASON: "Campagne de Sensibilisation et de Motivation par la voix des Personnes Atteintes du VIH/SIDA," une campagne qui couvrira les départements du Sud-Est et de l'Ouest d'Haïti pendant novembre et décembre 2000.
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