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C'est ce qui ressort globalement des deux journées de sensibilisation organisées dans la capitale haïtienne par l'association de personnes infectées et affectées par le Syndrome hummuno-déficitaire acquis (SIDA), Association de Solidarité Nationale (ASON), dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre cette pandémie. Les membres de ASON appuyés notamment par le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) ont placé les activités réalisées les 1er et 3 décembre derniers dans le cadre de leur croisade visant à sensibilisation des milliers de jeunes écoliers à travers le pays sur les effets dévastateurs du SIDA. Cette campagne d'information et de formation sur la prévention du virus responsable du fléau mondial (VIH) a débuté le 2 novembre 2000 à Marigot, une petite localité située dans le département du Sud-Est. Avant de poursuivre leur marathon de conscientisation dans plus d'une quinzaine d'établissements scolaires basés dans l'aire métropolitaine de l'Ouest, y compris des lycées et des collèges jusqu'au 23 décembre prochain, les activistes de ASON avaient donné rendez-vous au Lycée de Cité Soleil, l'un des plus grands bidonvilles de la capitale, et à la Faculté d'Ethnologie de l'Université d'État d'Haïti au Champ de Mars. Entre autres activités, figurent des témoignages de personnes vivant avec le VIH (PVVIH), des débats entre les jeunes et des intervenants sur la problématique du SIDA ainsi que la distribution des préservatifs et des matériels d'information sur la prévention du SIDA. Les messages véhiculés étaient clairs tant à Cité Soleil où les membres de ASON ont pu rencontrer environ 300 jeunes lycéens qu'à la Faculté d'Ethnologie où une centaine de jeunes, invités par le groupe « Club Intellectuel des Amants du Savoir » (CIAS), ont participé à cette campagne. « Pour ne pas se laisser détruire par cette maladie jusqu'ici incurable, vous devez prendre votre responsabilité en pratiquant : l'abstinence, la fidélité ou l'usage de préservatif », préconise Bégerl Chéry, un des activistes de ASON qui s'exprimait allègrement devant les jeunes. L'ASON concentre toutes ses actions autour de la solidarité. Et les jeunes semblent bien comprendre cette notion toute nouvelle pour eux. Elle suppose, selon ASON, la prise en compte des personnes infectées et affectées sur tous les plans et le partage des informations de prévention et d'auto-protection avec les autres. « Je suis vraiment satisfaite de ma participation à cette rencontre », dit Pauldine Sarrette, 26 ans. Au seuil du point des débats à la Faculté d'Ethnologie, émue, elle a déclaré avoir été particulièrement touchée par le courage des séropositifs acceptant de partager sans honte ni peur leurs expériences avec les jeunes, catégorie la plus touchée par cette maladie. « Et cela m'a fait vraiment découvrir à quel point la solidarité peut nous aider à endiguer le flux de contamination qui menace notamment la force productrice du pays d'extermination », estime-t-elle un peu encouragée. Au Lycée de Cité Soleil, les jeunes qui assistaient pour la plupart à une rencontre de ce type pour la première fois ont pris l'engagement d'appliquer les informations reçues et de les partager avec leurs voisins. « Le témoignage de Christian Jules et de Jean Saurel Beaujour, tous deux avouant leur séropositivité, doivent me servir de stimulant pour aller partager avec mes camarades de la Cité ce que je maintenant comprends du SIDA qui est effectivement une maladie réelle», a fait savoir le jeune Anderson Bien-Aimé, 17 ans. « En participant à cette journée de sensibilisation, j'ai finalement compris que le SIDA ne constitue nullement une honte ni une peur. Au contraire, il faut en parler partout et toujours. Nous devons non seulement manifester notre sympathie à l'endroit de ceux-là qui sont infectés ou affectés, mais aussi nous engager dans cette lutte pour le triomphe de la vie sur la mort en appliquant les mesures et méthodes de prévention », a déclaré pour sa part la lycéenne Jésumène Barthélémy, âgée de 20 ans. Elle estime que tout cela fait partie de la solidarité que doivent faire montre les uns envers les autres vis-à-vis les effets psycho-sociaux du VIH/SIDA. La solidarité, croit-elle, vaut beaucoup plus que des millions de dollars qu'on pourrait donner à Haïti pour soulager les infectés médicalement. Environ 10,000 à 12,000 dollars américains l'an pour le traitement d'un sidéen, mais comment en Haïti où les revenus moyens sont largement inférieurs à cette somme peut-on parvenir à augmenter la durée de vie des milliers de sidéens ? S'interrogent plusieurs jeunes. « Responsabilité dans les relations sexuelles, solidarité dans la dissémination des informations de prévention et pitié pour les 365 mille infectés dénombrés dans le pays sans compter les malades du SIDA. Voilà comment on pourra arriver à éviter le plus grand désastre sur Haïti », conseille M. Beaujour, Secrétaire Exécutif de ASON. Posant diverses questions relatives à la prévention et à la propagation du VIH/SIDA, les jeunes ont au cours des débats fait ressorti tout haut ce qui a toujours fait l'objet d'inquiétudes dans le pays, à savoir les préservatifs sont peu utilisés ou souvent mal utilisés dans les rapports sexuels par faute d'ignorance. On pouvait le constater, des jeunes s'étonnaient quand Marie Yolaine Pierre, un membre de ASON, était en train de faire une démonstration sur l'utilisation des condoms. Ils n'ont pas caché leur ignorance quant à la manière de s'y prendre pour un usage du condom. Munis de matériels pour femmes et hommes, l'éducatrice a expliqué aux jeunes comment minimiser les risques de contamination au VIH et aux autres maladies sexuellement transmissibles (MST) en utilisant le condom comme cela devrait être. [920 mots] Cet article est produit avec la collaboration et le support financier du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) dans le cadre du projet ASON: "Campagne de Sensibilisation et de Motivation par la voix des Personnes Atteintes du VIH/SIDA," une campagne qui couvrira les départements du Sud-Est et de l'Ouest d'Haïti pendant novembre et décembre 2000.
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