About this featured photo Link to Home Page Site Map . Contact . Help . Home  
  Regional Programmes . Productions . Resources . About Us
 
 

Productions: Island Beat

Panoscope . Media Briefings . Island Beat . Our Own Voice . Le P'tit Nouvelliste
Order Publications

Les articles d'Island Beat

Caravane des artistes et des jeunes: ou croisade contre le SIDA
Décembre 2000

Par: Nicole Siméon, le Nouvelliste, Haiti
English
français
español
kreyol
Depuis les années 80, période à laquelle ont été relevés les premiers cas du SIDA, le taux de séroprévalence n'a cessé d'augmenter. Plus de 5% de la population adulte d'Haïti est atteinte. Des enquêtes ont révélé un manque d'informations liée à l'état d'une population ancrée dans ses superstitions.

Fort de ce constat, les responsables de la Santé publique en partenariat avec de nombreuses organisations nationales et internationales a institué dans le pays le projet de la Caravane pour l'année 2000. Cette initiative qui sera réalisée dans plusieurs villes du pays réclame la participation de certains artistes et de nombreux jeunes. La Caravane est une campagne de vulgarisation des informations relatives à la maladie du Sida et de sensibilisation de la population face à ce fléau.

Après Jacmel, Saint-Marc, Gonaïves et Port-de-Paix, les Cayes et Miragoâne ont été, à leur tour, les hôtes de la Caravane des Artistes et des Jeunes contre le SIDA, les 18, 19, et 20 Août dernier.


Le cortège de la caravane composé entre autres des représentants du ministère de la Santé publique dont le Ministre Michaelle Amédée Gédéon, du Dr Joëlle Deas Van Onacker, responsable de l'unité MST/IDA, des jeunes du VDH, des représentants de ASON, de l'ONUSIDA, de FOSREF, de Panos, etc., a opéré son premier escale à Miragoâne.

Les activités habituelles de la Caravane des Artistes et des jeunes contre le SIDA ont été lancées à l'issue d'une cérémonie ponctuée des témoignages de personnes atteintes de la maladie et des conseils de plusieurs responsables de la santé, au local de la coordination sanitaire de la ville, dans l'après-midi du vendredi 18 août.

Miragoâne a un port ouvert qui l'expose à une recrudescence incontrolée de la maladie, a fait savoir la Ministre de la Santé. Conscients de l'impact catastrophique que pourrait avoir la propagation du virus dans la région, les initiateurs de la Caravane ne sont pas passés par quatre chemins, pour exposer à l'assistance sa situation et les précautions qu'elle devrait prendre pour se protéger contre le fléau.

Le Dr. Michaëlle Amédée Gédéon, a insisté: "le SIDA n'est pas une politique ni une maladie surnaturelle," comme veut le croire beaucoup de jeunes gens, "le SIDA existe et est acquis - à part quelques exceptions - à partir d'un comportement sexuel à risque." Elle a précisé: "On ne connait pas de remèdes qui accordent une guérison complète comme c'est le cas de la tuberculose, de la syphillis ou du malaria."

Une chose est certaine: "Avec beaucoup de volonté, nous pouvons bannir le SIDA en Haïti et vous les jeunes, vous êtes les principaux acteurs en adoptant un comportement sexuel sécuritaire," a-t-elle souligné.

Le Dr. Jocelyne Pierre Louis, directrice de la Santé publique pour la région des Nippes, a pour sa part fait savoir que la jeunesse représente la principale force du travail du pays et que cette dernière doit rester saine pour assurer l'avenir du pays: "Le SIDA est une réalité mais on peut le vaincre."

La ville de Miragoâne située à 96 km de Port-au-Prince se trouve entre les départements de la Grand-Anse et la région des Nippes. Cette ville selon le Dr Pierre-Louis abrite un nombre de prostitués. Un fait, s'il n'est pas pris en compte dans les programmes de prévention, peut servir à répandre la maladie.

Différentes activités ont été coordonnées par les organisateurs à cette occasion: un défilé sur la place du marché avec le fanfare des jeunes, des projections cinématographiques, des rencontres avec les jeunes et concerts, dans le cadre de leurs croisades contre le SIDA.

Deux (2) personnes vivant avec le VIH, Esther Stanislas Bourcicault et Christian Jules ont partagé avec une assistance majoritairement jeunes, leur espoir de voir le SIDA complètement éradiqué en Haïti.

Ils ont pris officiellement l'engagement d'amener des milliers de personnes à réaliser l'urgence d'avoir un comportement responsable.

"Je souffre tellement de la maladie du SIDA que jamais je n'aurais aimé voir d'autres personnes s'en infectées," a expliqué M. Jules qui a reconnu avoir adopté un comportement irresponsable vis-à-vis de sa vie et de sa famille. Ayant été diagnostiqué sidéen, il y a plus d'un an, ce père de famille n'a pas tari de conseils pour les jeunes: "Votre seule protection c'est de faire attention, une fois que vous êtes ciblée, il ne vous ratera pas," affirme-t-il.

Mme Bourcicault quant à elle a expliqué aux jeunes les souffrances qu'elle a endurées: "A un moment critique de ma maladie, j'étais affreuse à voir, j'avais en même temps, la tuberculose, le zona, des ecchymoses et des boutons partout sur le corps, outre ma maigreur et ma pâleur cadavérique." Elle les a exhortés à jouir de leurs opportunités de pouvoir bénéficier du travail de la caravane et d'agir de façon à se protéger : "Si seulement j'avais bénéficié de l'engagement, du courage et des témoignages de tant de personnes, jamais je n'aurais été infectée... Nous sommes là pour vous prouver que le SIDA existe."

"Dieu m'a donné la vie, c'est pour cela que je prends le courage de venir jusqu'à vous pour vous dire de faire attention au SIDA. Il ne se manifeste pas toujours physiquement, le meilleur moyen de bloquer la contamination, c'est de n'avoir confiance en personne," a-t-elle conseillé.

L'engagement des jeunes des Cayes à lutter contre le SIDA a été témoigné par l'ambassadrice de la jeunesse des Cayes, Rose Ivica Roche et Rose Mirlie Joseph, représentante des jeunes à la cérémonie.

"Ne cherchez pas à faire du sexe, l'oxygène de votre vie sinon vous finirez par découvrir l'infinité de sa répugnance," a conseillé Mlle Roche à ces camarades ajoutant que "la jeunesse est trop courte pour en perdre la moindre parcelle et trop sérieuse pour l'occuper à des riens."

Mlle Joseph a continué sur la même lancée. Elle a exhorté les jeunes à une prise de conscience pour braver le SIDA, "puisque nous sommes l'espoir du pays, ranimons cette espérance, je vous invite chers jeunes à vous lever et à bâtir votre avenir en luttant contre le SIDA," a-t-elle affirmé.

Les journées d'activités ayant lieu dans ces deux villes, a chacune a été couronnée par un concert offert par les artistes Boulo Valcourt, Azor et d'autres artistes haïtiens connus et moins connus ont fait montre de la même motivation: lutter contre le SIDA.

La caravane des Jeunes et des Artistes se donne pour défi de réduire de façon significative la transmission du VIH/SIDA à travers Haïti d'ici 2010, a fait savoir un des responsables.

Tout au cours de ces activités, des condoms et des brochures d'informations ont été distribués à travers les foules par les jeunes de VDH.

[1190 mots]

Cet article est produit avec la collaboration et le support financier de la Caravane des Artistes et des Jeunes contre le SIDA, une initiative haïtienne de plusieurs organisations gouvernementales, non-gouvernementales et internationales dont MSPP, ONUSIDA, UNICEF, SEJSSC et VDH, etc. La Caravane utilise un moyen de communication culturellement adapté aux jeunes, le divertissement, pour promouvoir des comportements sexuels à moindre risque, en créant un environnement social qui valorise les rapports sexuels protégés, la fidélité mutuelle et l'acceptation des personnes vivant avec le VIH/SIDA.

Les articles d'Island Beat