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"Jeunes, amis, je ne viens pas partager la peine avec vous. Mais un mot d'espoir à tous les jeunes qui doivent savoir que l'amour responsable est le meilleur code de conduite pour la protection et l'épanouissement de la vie. Ensemble bravons le SIDA!" C'est ainsi que la séropositive et vaillante Esther Bourcicault Stanislas, prenant la parole à l'ouverture de la Caravane des artistes et des jeunes contre le SIDA à Saint-Marc, sa ville natale le 20 juillet dernier, a courageusement appelé les jeunes à prendre leur destinée en main. Dans cette ville située à 96 kilomètres de Port-au-Prince, où l'on a enregistré la première "escale" du convoi de la Caravane qui devait tourner pendant cinq jours dans les départements de l'Artibonite et du Nord-Ouest, toutes les activités ont été déroulées notamment autour de la sensibilisation et de l'engagement des jeunes pour le triomphe de la vie sur la mort.
Testé séropositif il y a environ sept ans déjà, le Secrétaire exécutif de l'ASON a indiqué qu'il paye aujourd'hui le fruit de son incrédulité et du manque de respect pour son foyer. "Vous autres, jeunes, je vous exhorte donc à n'en pas faire autant," lance M. Beaujour. "Aujourd'hui, vous avez peut-être votre amoureux et demain votre conjoint, puis votre propre famille. Soyez fidèle et surtout vigilant, car le SIDA est très rusé !," dit-il. Devant une assistance d'environ 250 personnes, majoritairement des jeunes, du Maire de la ville de Saint-Marc, Paul Pollyx en passant par le président de l'ONUSIDA en Haïti, Bernard Hadjadj, la responsable de l'unité nationale de lutte contre les maladies sexuellement transmissible et le SIDA (MST-SIDA), Dr. Joëlle Deas Van Onacker, pour aboutir aux témoignages des séropositifs, les intervenants ont tous abondé dans le même sens: engagement pour un lendemain meilleur dans un monde sans SIDA ! "Aux parents, je demande de ne pas se considérer comme des gendarmes vis-à-vis de leurs enfants," a exhorté, Dr. Deas. Pour combattre le SIDA avec efficacité, il faut écouter, apprendre et vivre avec les jeunes et les enfants, force du changement et les mobiliser en campagne, a-t-elle ajouté. Tout au long de la deuxième tournée de la Caravane, les jeunes tant à Saint-Marc, aux Gonaïves et à Port-de-Paix ont pu montrer, comme c'en a été le cas à Jacmel lors de la première sortie de la Caravane le 13 mai dernier, qu'on peut compter sur eux dans cette lutte pour la vie. La Caravane qui a déjà parcouru quatre villes, fera sa plus prochaine tournée dans les villes de Miragoâne (Grande-Anse/Sud-Ouest) et des Cayes (Sud) les 18, 19 et 20 août 2000. Le programme visitera le Nord, le Nord-Est, le Plateau Central et l'île de la Gonâve dans l'Ouest entre les mois de septembre et de novembre prochains. Dans des chansons engagées, des scènes théâtrales, des allocutions et des débats ils ont fait ressortir leurs frustrations vis-à-vis du SIDA et leur engagement à combattre ce fléau qui n'a peur de personne. "SIDA n'a pas d'opposition, le mieux c'est de rester tranquille," a lancé vigoureusement la jeune Mirna Jean-Louis des Gonaïves qui s'apprêtait à participer à la marche des jeunes contre le SIDA dans l'après-midi du 21 juillet 2000. Les jeunes, intervenus à l'occasion des débats dans les différents sites d'activités de la Caravane, ont tous nourri l'espoir d'arriver un jour au bout de l'épidémie du SIDA. "Par le biais de cette campagne sérieuse engagée conjointement par l'ONUSIDA, le gouvernement haïtien et les ONGs nationales et internationales, nous finirons un jour par chanter la mort du SIDA," croit convaincu Junior Joseph de Saint-Marc . Au "Ciné Colombe," ce jeune de 19 ans participe à la projection du film "Pouki Se Mwen" conçu pour la prévention des jeunes. Au milieu de plus d'une centaine d'autres jeunes, Junior nous a confié: "Il y a deux ans, je ne prenais pas les discours concernant le SIDA au sérieux. Mais aujourd'hui, force de constater le ravage de ce fléau dans mon entourage, je suis conscient de la réalité que représente ce fléau." Déterminé résolument à prêcher la trilogie "abstinence, préservatif, fidélité," Alabré Guilaumme, 20 ans, encourage ses camarades à aller se faire tester afin de connaître leur statut. Frappé par le témoignage de Christian Jules, séropositif et membre de l'ASON appelé à délivrer un message aux jeunes, Nedjie Dominique pense que tous les Haïtiens sans distinction de classe ou de profession doivent être désormais sensibles aux problèmes des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) en particulier et à la problématique même du SIDA en général. Elle est une jeune de 17 ans, membre de la Fanfare "Frères Unis" de Saint-Marc. "Si vous êtes infectés, dommage mais prenez courage et protégez les autres. Si vous ne l'êtes pas, dites merci Dieu et prenez la décision de ne l'être jamais tout en participant à la sensibilisation des autres," exhorte-t-elle avec vigueur. À l'instar de Claudette Mésidor de Port-de-Paix, la jeune Nedjie espère que la découverte d'un vaccin va bientôt venir s'opposer à la propagation du VIH. Et même là encore, dit-elle fermement, "attention danger! prévenir vaut mieux que guérir." À Port-de-Paix, avant le passage de la Caravane nombre de jeunes se sentaient étrangers aux rétombées de l'épidémie du SIDA. "Ah, merci aux organisateurs de cet événement qui m'ont permis de mieux comprendre ce qu'est le SIDA, ainsi que les dangers qui accompagnent ce fléau", a laissé entendre Claudette Mésidor. Elle travaille dans un hôtel de la ville de Port-de-Paix. Elle a avoué que beaucoup de jeunes de cette ville ne prenait pas le SIDA comme une réalité. "La Caravane est venu à temps," estime-t-elle souriante. Emu par les statistiques données concernant le taux de personnes vivant avec le VIH dans le Nord-Ouest, Philia Louis pense que le pari est difficile. "Mais face à la détermination des secteurs publics et privés, des séropositifs qui se sont livrés dans la lutte contre la propagation de la maladie dans le pays, nous pouvons espérer de meilleurs jours car difficile n'est pas impossible," croit-elle. Suivant les données publiées par les spécialistes haïtiens en décembre 1998, le département du Nord-Ouest avec environ 20,000 personnes infectées est classé parmi les cinq régions du pays les plus touchées par la contamination au VIH. Les départements de l'Ouest et du Nord comptant respectivement environ 185,000 et 45,000 PVVIH, occupent les deux premières places du classement. Puis viennent à égalité le Nord-Ouest et l'Artibonite, et la Grande-Anse (Sud-Ouest) avec près de 18,000 personnes infectées par le VIH. Le Nord-Est accusant un nombre de séropositifs évalué à environ 6,000 personnes est placé en dernière position dans le tableau de séroprévalence pour l'ensemble de ce pays caraïbéen qui est avec la Guyane anglaise le plus touché de la région par le VIH/SIDA. Ces chiffres donnent seulement une idée du niveau de propagation du VIH dans les différentes régions d'Haïti au cours de ces dernières années. Déjà les prévisions faites par les spécialistes haïtiens qui avaient publié l'enquête en octobre 1998 sous le thème "population et développement: l'urgence d'agir," précisent que six personnes sont nouvellement infectées toutes les heures. Cette même étude indique que tous les jours 110 décès sont enregistrés dans le pays à cause du SIDA, tandis 110 nouveaux cas de SIDA se développent quotidiennement chez les personnes déjà infectées le virus. Et les orphélins du SIDA sont évalués à plus de 150.000 enfants. [1280 mots] Cet article est produit avec la collaboration et le support financier de la Caravane des Artistes et des Jeunes contre le SIDA, une initiative haïtienne de plusieurs organisations gouvernementales, non-gouvernementales et internationales dont MSPP, ONUSIDA, UNICEF, SEJSSC et VDH, etc. La Caravane utilise un moyen de communication culturellement adapté aux jeunes, le divertissement, pour promouvoir des comportements sexuels à moindre risque, en créant un environnement social qui valorise les rapports sexuels protégés, la fidélité mutuelle et l'acceptation des personnes vivant avec le VIH/SIDA.
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