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Dans les régions rurales d'Haïti le bois est un combustible important . Ici comme un peu partout à travers le pays les femmes marchent quotidiennement durant des heures et franchissent parfois des dizaines de kilomètres à la recherche de ce combustible précieux. A Mabial, une localité située à 18 kilomètres au nord de la ville de Jacmel dans le sud-est du pays, le déboisement a atteint son point culminant. Les paysans doivent désormais parcourrir des kilomètres pour en faire provision dans d'autres localités. Paléus Garraud est une de ces dames qui utilisent le bois pour la cuisson de ses aliments, elle parle de son expérience.
" Le bois dit-elle venait de mes jardins, maintenant les "petites forêts" ont disparu. Il n'y a plus d'arbres près de ma maison. Pour trouver suffisamment de bois, je dois marcher longtemps, quelquefois pendant des heures. Mes pieds me font mal. Il est difficile de marcher de longues distances et porter de lourds fardeaux" raconte-t-elle. Sarah Jean-Louis qui habite la section communale de la Gosseline (commune de Jacmel) a regardé pousser les arbres autour de sa maison. Elle les a vus disparaitre les uns après les autres, d'année en année. Cela veut dire beaucoup de choses pour elle. Cela signifie en fait moins d'oiseaux et d'animaux, moins d'eau et bien moins de bois à brûler. Pour faire face à cette situation des ONG (organisations Non gouvernementales) de la zone ont entreprise des programmes de vulgarisations de nouvelles techniques conduisant à une utilisation rationelle du bois. Pour mieux utiliser le bois dont elle dispose aujourd'hui Elijean s'assure qu'il soit très sec avant de le brûler. Elle recouvre sa "chaudière" pendant la cuisson pour cuisiner plus vite. Elijean prépare tout ce dont elle a besoin pour cuisiner à l'avance et met la chaudière directement sur le feu pour économiser l'énergie. "Avant la pénurie de bois de chauffage, je préparais deux repas par jour. Maintenant je ne prépare qu'un seul dit-elle. Quelquefois nous mangeons des vivres sans les cuire. C'est triste mais nous n'avons pas le choix. En constatant cette rareté du bois de combustion, Jeanilia Dougé de la section communale de La Montagne de Jacmel (15 kilomètres au sud-ouest de Jacmel) a tenté de trouver des solutions pour faire face à cette situation. Avec une famille de 7 enfants elle fait des paniers de latanier ou de palme séchée. Elle les vend au marché. Ce travail lui permet de gagner un peu plus d'argent pendant la saison sèche. "Je dois prendre une mule et marcher pendant des heures pour trouver le bois . Quand il n'y a pas de bois, ma famille en souffre. Pendant de nombreuses années, je pensais qu'il n'y avait rien que je puisse faire. Mais un jour je me suis dis : ' Pourquoi ne planterais-je pas des arbres dans mon jardin, même s'ils sont tous petits ?'' J'ai planté des arbres dans le périmètre de la cour comme une clôture : des arbres fruitiers et des arbres qui croissent rapidement . J'ai commencé à planter ces arbres qui me donnent de l'avocat, des noix de coco, des mangues et des oranges." Point n'est besoin d'être écologiste ou environnementaliste pour constater la disparition d'année en année de la couverture végétale d'Haiti. La couverture forestière est passée de 20% en 1956 à 9% en 1978 et en 1989 à 2% de la superficie totale du pays. De nos jours, on ne parle que 1 à 2% et les statistiques officielles avanvent le chiffre de 1.44% (UNOPS, Haïti Econet 1998; et BME, Synergique 1999). " A l'heure actuelle, l'une des solution immédiates susceptibles de préserver les derniers arbres d'Haiti au fléau du déboisement serait l'utilisation du GPL (Gaz Pétrolié Liquefié) et une bonne conservation de l'énergie dans les secteurs de consommation. Cependant, Haiti est l'un des pays de la Caraibe ou le GPL (propane et butane) n'est pas à la portée des ménages ou du moins leur revient très cher." Indique Jean-Robert Altidor, un ingénieur qui travaille comme conseiller technique au Bureau haitien des Mines et de l'énergie Le GPL qui est livré aux consommateurs haitiens à: 0.70 US$ le kilo se vend à 0,56 US$ à la Jamaique, 0.37 US$ à Trinidad et Tobago, 0.24 US$ à Cuba et 0.10 US$ en République Dominicaine. Pourtant, ici les consommateurs du GPL avaient bien accueilli l'entrée sur le marché local d'une nouvelle compagnie de distribution. Ils s'attendaient à une diminution des prix du produit à la consommation. Rien n'a été fait en ce sens. Tout au cours de ces derniers mois les prix ont connu une nouvelle hausse alors que le gouvernement annoncait en grandes pompes qu'il allait inaugurer une campagne promotionnelle pour l'utilisation du GPL dans les ménages. La faible capacité de stockage estimée aujourd'hui à 1800 tonnesjustifierait le niveau des prix à la consommation estiment les spécialistes. Enfin, parallèlement aux mesures en cours, le Conseiller Technique du BME exhorte les dirigeants du pays à mettre en place un système de subvention croisé pour le GPL. Il encourage les utilisateurs à l'acquisition d'équipements à hauts rendements énergétiques et à des prix abordables. Aussi il suggere de contrôler l'approvisionnement du pays en GPL en demandant aux compagnies d'importer en commun afin de réduire le coût du baril à l'importation et les frais de transport. Finalement, il recommende d'encourager la mise en place des centres de remplissage et le contrôle de la vente des bonbonnes vides. " Un mesure proposée est le subventionnement (partiel ou total) d'investissement pour l'achat de gaz butane ou popane ou de l'énergie alternative au charbon de boisPeut-on avoir un statisque sur la consommation de bois de feu en Haiti ? Un effort a été réalisé dans le cadre du projet "Agroforestry Outreach Project" en vue d'aboutir à une certaine fiabilité des données statistiques sur la consommation du bois de feu et du charbon de bois. Le résultat basé sur des comptages réalisés dans des stations localisées à l'entrée des villes principales a permis d'aboutir à des données plus ou moins précises. On constate donc, de ce fait, une différence notoire entre les estimations des forestiers et celles des énergiciens qui tiennent compte des relations entre la source énergétique et les équipements de transport. [1110 mots]
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