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Si dans plusieurs pays comme ceux du monde arabe, la question de l'eau est cruciale et engendre des multiples conflits, en Haïti le problème majeur reste sa gestion face à une population en forte croissance dans les villes et meme dans le monde rural ou les besoins en eau pour l'agriculture se fait de plus en plus croissant. Le monde arabe est désormais parti a la conquete de cette denree rare et demeure inquiet devant la rarete de cette ressource et l'aggravation de la secheresse. Début mars 1999, lors de son visite en Egypte,le leader lybien Mouammar Kadhafi avait affirmé que " les prochaines guerres éclateraient a cause de l'eau." L'ONU explique régulièrement que les litiges à propos de l'eau sont en augmentation constante et peuvent être une source de graves conflits entre les pays concurrents. En Jordanie, par exemple, le problème de l'eau est maintenant le souci le plus pressant . L'inquiétude due à la séchéresse s'est aggravée lorsqu'Israël a annoncé le 14 mars dernier qu'il ne pourrait pas fournir cette année à Amman les 50 millions de m3 d'eau prévus par l'accord de paix de 1994. Israël veut réduire ses fournitures d'eau à la Jordanie proportionnellement à la pénurie. Ce qui pourrait conduire à une limitation de 60%. D'ailleurs, les autorités israéliennes ont même réduit de 25% l'eau fournie à leur propre agriculture, et envisagent de porter cette réduction à 40%. Entre temps, le gouvernement jordanien s'est dit prêt à se battre pour gagner chaque m3 d'eau qui lui revient. Le parlement a déclaré que " l'eau de la Jordanie est un droit et non une donation ou un faveur de la part d'Israël qui peut en disposer comme bon lui semble." En Iran aussi, la population est menacée de pénurie et un comité de crise a été formé. Par ailleurs, le conflit entre la Turquie, l'Irak et la Syrie illustre parfaitement le problème des eaux partagées, posé lors de toutes les conférences internationales. L'Irak et la Syrie accusent la Turquie de retenir les eaux de l'Euphrate en construisant des barrages sur ce fleuve, dans le cadre d'un grand projet d'irrigation et de production énergétique de l'Anatolie du sud-est. L'Irak pour sa part vient d'annoncer la construction d'un barrage-réservoir d'une capacité de 1.5 milliard de m3. De son côté, l'Egypte s'est lancée dans une nouvelle aventure: le développement de la nouvelle vallée, grâce à un canal de plus de 300 km alimenté par le barrage d'Assouan pour porter la surface cultivable du pays à 25% du territoire contre 6% actuellement. Elle est entrain de réaliser aussi un projet visant à transformer le nord du désert du Sinaï en jardin en y acheminant l'eau du Nil( le plus grand fleuve de la région). Face à la pénurie liée à la sécheresse ou à la mauvaise gestion de l'eau, les solutions sont rares et difficiles, surtout dans les pays à faible revenu. Un peu plus près de nous dans la Caraïbe, les gouvernements envisagent la gestion de l'eau sur un angle relativement complexe lié à la protection et à la conservation des ressources de l'environnement global. Certains pays comme Jamaïque, Trinidad &Tobago pratiquent même la technique de dépollution des eaux usées et leur réutilisation pour un meilleur rationnement dans les milieux urbains. En Haïti, l'approvisionnement en eau devient de nos jours de plus en plus un dilemme pour les résidents des régions urbaines comme rurales. En fait, pour bon nombre de gens préoccupés par la situation, le problème devrait être posé en terme de gestion réelle des ressources en eau du pays, et non en terme de rareté ou de ressources limitées comme c'est le cas dans d'autres pays. Selon Pierre Adam, ing-hydrologue haitien, les différentes prospections et études réalisées à travers tout le territoire ont permis de confirmer que les ressources en eau sont considérables. En moyenne, Haïti enrégistre 41.200 milliards de m3 de précipitations par an dont 29.090 repartent dans l'atmosphère par évaporation et transpiration des végétaux, selon les précisions fournies par le Service National des Ressources en Eau (SNRE). Selon cette même source, des 12 milliards de m3 restant, 4 milliards s'enfoncent dans le sol pour alimenter les nappes souterraines, et seulement 1 milliard de ce potentiel est exploité à des fins d'irrigation et d'alimentation en eau. Pour preuve, selon le rapport de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 1996, les services nationaux d'approvisionnement en eau saine ne couvre pas 50% des besoins de la population, dans un pays où seulement 3.496.865 sur plus de 7 millions d'habitants sont alimentés en eau potable à la fin de 1997. En effet, "cette situation est non seulement liée au manque de moyen relatif aux investissements nécessaires dans le secteur d'exploitation et de traitement d'eau, mai aussi au manque d'une politique de gestion véritable des ressources," indique l'ingénieur Ivelt Chéry, directeur du service national des resources en eau (SNRE). L'ingenieur Chéry a fait savoir qu'il "existe un véritable désordre au niveau de l'exploitation des ressources en eau du pays en raison de l'absence d'un cadre juridique autorisant la gestion et l'exploitation à une seule et même institution qui soit capable de faire toutes les études appropriées à ce sujet." M. Chéry déplore le fait que les outils légaux en vigueur donnent droit à plusieurs institutions d'exploiter les ressources en eau à travers le pays, alors que bon nombre d'elles n'ont pas l'expertise et les moyens techniques nécessaires à ces entreprises. Ce qui engendre gaspillage d'eau dans certaines régions et pénurie dans d'autres. Mise à part le SNRE, organisme technique déconcentré du Ministère de l'Agriculture, des ressources naturelles et du développement rural (MARNDR), les entreprises d'exploitation et de gestion sont confiees aussi : qu' au Service National d'eau potable (SNEP) qui ne couvre en réalité que 10 villes de provinces, à la Centrale Autonome Métropolitaine d'Eau Potable (CAMEP), organisme à caractère commercial couvrant toute les régions qui englobent la ville de Port-au-Prince, et même des ONGs nationales et internationales qui réalisent des forages, des captages un peu partout à travers le pays pour la mise en place des réservoirs et fontaines publiques à la disposition de la population. Selon un technicien du SNEP, dans certaines régions du pays les forages sont faits de manière anarchique sans ternir compte du niveau de réserve disponible en dépit des études techniques faites par le SNRE fournissant des détails à ce sujet. Les fontaines sont généralement mal réalisées. L'eau coule des robinets jour et nuit alors dans la majorité des cas on devrait utiliser des moyens techniques pouvant faire couler en cas de besoin, a fait savoir le technicien. Déjà le poids du manque de politique de gestion de l'eau pèse lourd sur la population, surtout celle des milieux urbains qui ont grand besoin du précieux liquide pour survivre quotidiennement. L'approvisionnenement à Port-au-Prince, région à plus forte croissance démographique du pays (5% l'an), est un véritable cauchemar dans beaucoup de quartiers. La CAMEP n'est en mesure de fournir que 120 mille m3 par jour dans l'aire métropolitaine, alors que, selon les dernières evaluations faites, le besoin réel en eau de cette population dépasse 200 mille m3 journalièrement. En plus de l'incapacité de cet organisme d'équilibrer l'offre et la demande, il fait face à des sérieux problèmes qualitatifs liés à des difficultés techniques et géodémographiques qui l'empêche de fournir de l'eau sainement traitée. Face à ces problèmes les risques de maladie dans les couches défavorisées augmentent, et l'investissement particulier dans la distribution d'eau potable, dans l'approvisionnement des piscines et réservoirs rapportent considérablement sur le marché de l'eau. [1270 mots]
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