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Pour autant qu'on sache, les enfants des rues d'Haiti sont bien en proie à une multitude de fléaux s'abattant sur eux sans répit. Parmi lesquels se range manifestement celui de la drogue. Drogues dures, drogues douces peu importe la spécificité, tout est voué à la consommation. En partant de quelques évidences, il incombe de poser les questions suivantes: Pourquoi se dopent-ils? Quels types de stupéfiants consomment-ils? Où et comment s'en procurent-ils? Et quels en sont les retombées immédiates sur leur vie et sur la société en général? Jusquà dâte, il n'existe pas une littérature spécialisée traitant de ce paramètre de la vie de ces mineurs. Ce qui empêche d'ailleurs d'avoir des chiffres valables et fiables pour cette catégorie. Cependant à partir de l'observation directe et d'une enquête menée par certaines institutions caritatives comme Foyer Lakay, 4 enfants sur 8 avouent leur addiction aux stupéfiants ou aux produits dopants: la cocaine, la marijuana, la sansimilia, le diluant (thinner), la colle utilisée par les cordonniers. Dans l'ouvrage titré LAKAY, UN FOYER POUR LES ENFANTS DES RUES, réalisé par l'UNICEF, Frantz Lofficial soutient que ces malheureux, lorsque mûs par la misère et la désespérance quotidienne, tombent facilement dans le piège de la drogue et en sont des malheureuses victimes. Pierre-Richard Jediné, basé à Champs de Mars, déclare s'être désaccoutummé de ces nocives substances. "Elles font plus de mal que de bien," souligne-t-il. Il considère que l'inhalation de la colle utilisée par les cordonniers cause de sérieux dégats sur le système cérébral de l'usager. Cinq gourdes suffisent pour s'en procurer. Le sujet, après en avoir consommée devient mentalement déséquilibré, perdu, sourd à tout et s'apprête à commettre des forfaits et des actes malhonnêtes. Kenson Hilaire toujours de la base Champ de Mars, renchérit en signalant la présence de cocainomanes autour de lui. Il pointe carrément du doigt un bonhomme surnommé Ti Bob, l'ainé et le grand maintou du cartel. Ce dernier, fait remarquer Hilaire, ne fait que voler et exécuter des crimes crapuleux pour avoir de l'argent et pour s'alimenter à la drogue. Souvent, il devient violent, furieux comme une fauve et s'attaque aux plus petits. Ti Bob vit actuellement dans le maquis et serait très recherché par la police. Selon les occupants de la base Champ de Mars, la place "Pigeon" est le lieu des transactions afférentes à la drogue. Les drogués, pour dissimuler le stupéfiant, l'enroulent dans les feuiles de tabac. Regard attristé, déprimé, un contenant de juna rempli de diluanten main, Adler Jean de la rue des Fronts-forts, affirme être constamment à l'affût de sensation extatique et de somnolence. De son avis, le diluant (thinner) à la vertu de soporifique. Quelques minutes d'inhalation, il oublie son infortune et se détache de son mileu physique. A en croire le Révérent Père Attilo Stra de Foyer Lakay, un tel usage les abétit, détruit leur santé et les rend plus crasseux que ceux qui s'y abstiennent. A défaut des drogues dures (cocaine) d'ailleurs trop chères, les adictés compensent leur manque par l'acquisition de la marijuana, la sansimilia étant de moindre importance et moins difficiles à trouver. En échange à un menu service rendu à un vendeur, le fumeur recoit en retour un "joint" coûtant 5 gourdes suivant la qualité et le contexte du marché. Patrick St Fort posté et interviewé au portail de Magic Dry Cleaning de la rue du Centre, déclare la drogue le plonge dans l'insouciance absolue et le porte même à s'oublier. John Kilove, un enfant âgé de 16 ans, établi à la rue des Césars, compare la drogue à un démon. C'est pourquoi il s'en départit nettement. Car, pense-t-il, elle provoque la paranoia et la folie peut s'en suivre. Selon Baby Dorisma de la base "Cathédrale" de Port-au-Prince, la drogue est une chose et il en consomme quotidiennement. Il prend énergiquement la défense de la marijuana et la sansimilia préconise la légalisation entière de celle-ci. Il continue à dire qu'elles sont des plantes naturelles de prove. [660 mots]
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