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STE-LUCIE : Comment tirer ce qu'il y a de meilleur d'une mangrove
April 2000

Par: Barbara Jacobs-Small, correspondent de CERN, Ste Lucie
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A Ste-Lucie, la mangrove de Mankòtè est la plus vaste forêt de mangliers du sud-est de la côte. Elle s'étend sur environ 100 acres ( environ 50 hectares ). Comme plusieurs mangroves de l'île, vue leur fragilité, cet écosystème est une aire protégée. Malgré son statut d'aire protégée, Mankôtè est aussi le principal moyen de subsistance pour la communauté avoisinante d'Aupicon. Cette communauté a prouvé qu'avec une gestion appropriée, la mangrove, tout en restant intacte, pouvait servir à différents usages.

Nicolas Samuel, Président du groupe des Producteurs de Charbon d'Aupicon de Ste-Lucie, dit qu'à chaque jour durant la saison sèche, des gens de toutes les régions rurales viennent pêcher dans cette mangrove. " C'est un endroit où les poissons grossissent vite grâce aux substances nutritives présentes dans la mangrove. Elle approvisionne aussi le récif corallien situé près du littoral, en poissons et en substances nutritives."

Il aurait pu être en train de décrire n'importe quelle mangrove en santé de la Caraïbe, car cet écosystème est très productif. Les mangroves procurent un habitat à plusieurs variétés d'oiseaux, de poissons et autres animaux. A Vieux-Fort, la mangrove Mankòtè offre un habitat aux oiseaux migrateurs autant qu'à d'autres animaux: Le Petit héron Bleu, appelé localement Kayal, le Brochet de mer connu ici sous le nom de Bushay, le Kapon, nommé Buddy Kai et le Tilapia, appelé Akison. Les crabes terrestres et les Crabes Violonnistes, ou Mafford dépendent aussi de ce milieu de vie qu'est Mankòtè.

Mis à part les animaux, les gens dépendent aussi de la mangrove. Il y a un commerce florissant de charbon de bois produit par les Producteurs de Charbon d'Aupicon. Mais il n'y a pas que cela à Mankòtè. Julius James, le responsable de la région Sud pour le Fonds National de Ste-Lucie, affirme que : " Ce projet fait partie d'un plan de développement écotouristique pour Ste-Lucie. Un atelier de travail sur l'écotourisme, organisé par l'Institut Caraïbéen des Ressources Naturelles ( CANARI) et le Fonds, en collaboration avec un groupe de l'Université York, en ont conclu que la mangrove Mankòtè serait un site idéal pour un tel projet. Le groupe de l'Université York a consulté CANARI et le Fonds, puis a fait la promotion du projet au Département de la Planification."

James est aussi le responsable du Centre d'Interprétation des Iles Maria. Il explique que la composante écotourisme dans le cas de Mankòtè, vise à ajouter un moyen de subsistance pour les Producteurs de Charbon d'Aupicon, car le commerce de charbon ne peut se faire qu'en période sèche.

Il ajoute qu'il a été décidé de construire une tour d'observation de la mangrove afin que les gens puissent observer les oiseaux, différents types de mangroves et différentes espèces animales. L'Agence Canadienne pour le Développement International ( ACDI) a fourni juste assez de fonds pour débuter le projet avec la construction de la tour. Bien qu'encore jeune, le projet d'écotourisme a commencé à progresser.

Selon James: "Nous sommes en train de rendre plus facile la vente locale d'excursions. Nous avons un bureau d'inscription à l'entrée de la mangrove et nous utillisons toutes les opportunités de promotion des excursions dans les mangroves. Nous faisons cela avec des ateliers de travail, des séminaires, la distribution de dépliants; nous amenons les écoliers en excursion et nous organisons des activités éducatives. Chaque dimanche, nous avons un grand nombre de visiteurs à la mangrove. En gros, les choses commencent à marcher et les producteurs de charbon sont heureux de voir ce type de commerce prendre forme."

Samuel ajoute que les ressources humaines du projet sont en place. " Il y aura des tours correctement guidés. Nous voulons éduquer la communauté et en fait, tout le pays au sujet des mangroves, de leur utilité pour le pays et de ce qui existe à l'intérieur d'une mangrove. Faire en sorte que les gens apprennent, voilà la raison pour laquelle on a décidé d'introduire à Mankòtè, ce projet d'écotourisme.

James donne une idée de ce que pourrait être une très intéressante visite de la mangrove, par terre et par mer. " La tour d'observation est probablement la première étape dans le développement de l'écotourisme à la mangrove de Mankòtè. La tour est le point central de l'excursion. De là, on peut emprunter différents sentiers pour accéder aux autres parties de la mangrove. De plus, parmi les espèces de mangroves comme les oiseaux et les autres animaux, on peut y voir les grandes espèces aquatiques du littoral, là où se fait la pêche. C'est une excursion intéressante qui amène les gens du côté de la partie terrestre de la mangrove jusqu'à la limite de la mangrove dans la mer."

D'après James, il y a même un espace pour le développement de micro-entreprises. Il pense que si les excursions dans les mangroves peuvent être développées, il y aura alors de la place pour accueillir d'autres activités, outre celles du groupe des Producteurs de Charbon d'Aupicon. " Nous pensons par exemple organiser dans la mangrove, un tour guidé en bateau, plus spécialement pendant la saison pluvieuse. Ceci pourrait être réalisé par d'autres personnes qui viendraient avec un bateau ou un radeau appropriés pour ce genre de tour. Nous pensons aussi qu'il y a un espace pour une micro-entreprise de produits artisanaux inspirés des ressources de la mangrove."

L'histoire de Mankòtè est l'histoire d'une gestion extrêmement efficace d'une mangrove, réalisée non par le gouvernement, ni par des organisations non-gouvernementales (ONG), mais par les gens de la communauté avoisinante. Ils ont reçu le pouvoir de gérer leurs propres ressources. Des gens ordinaires, qui pour vivre, ont commencé comme producteurs de charbon pour ensuite devenir auto-suffisants avec la diversification de leurs activités économiques. Les Producteurs de Charbon d'Aupicon ont étendu leurs activités à l'agriculture, à l'élevage de bétail et maintenant à l'écotourisme.

Ils ont reçu l'appui de quelques partenaires sociaux, d'ONG et d'institutions comme le Département des Forêts, CANARI et le Fonds National de Ste-Lucie. D'après Yves Renard, Directeur de CANARI, c'est la meilleure stratégie pour marier la conservation des ressources naturelles avec des enjeux économiques : Derek Walcot a dit que " Ce qui est caché ne peut pas être aimé ". En effet, les gens ne prendront pas soin de ce qu'il ne connaissent pas. Il faut qu'il y ait une interrelation entre l'économie et les ressources. C'est lorsqu'ils dépendront de cette interrelation, que ce mariage sera durable."

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En collaboration avec le Réseau Caraïbéen des Reporters de l'environnement (CERN), Panos produit une émission radiophonique hebdomadaire de 10 minutes: "Island Beat – des nouvelles de première ligne en provenance de la Caraïbe". Cette émission documente des thèmes environnementaux de la communauté, mettant en premier plan les expériences des communautés dans la résolution des problèmes concernant l'environnement tels que rapportés par des journalistes à travers la région Caraïbéene. Cet article a été tiré d'un programme radiophonique produit en août 1997.

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