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Haïti-Ecologie: Un réseau pour encourager l'engagement des jeunes écoliers
April 2000

Par: Fritznel Octave, Correspondant Agence IPS et Radio Vwa Fawès, Port-de-Paix

Link to Plan Internationale Web SiteCet article de "Island Beat" a été réalisé avec le support financier de Plan Haïti, dans le cadre du projet "Droits des Enfants et des Média participatifs dans la Société civile."

La vision de PLAN est celle d'un monde dans lequel tous les enfants pourraient donner libre cours à leurs pleines capacités, au sein de sociétés respectueuses des droits et de la dignité des personnes. PLAN cherche à s'assurer que les enfants grandissent dans des habitats sûrs et sains. A travers ses interventions, PLAN fera la promotion d'un accès équitable et durable aux ressources naturelles et à leur utilisation par les populations avec lesquelles elle travaille, basée sur la compréhension de leur relation avec l'environnement.

En 1997, plusieurs écoles de la capitale haïtienne appuyées par l'organisation non gouvernementale dénommée « Réseau d'Enseignement Professionnel et d'Intervention Écologique » (REPIE) ont décidé de se regrouper en réseau dans le but de sensibiliser les jeunes écoliers du pays sur les problèmes environnementaux et les inciter à l'action.

Cette initiative qui a pris peu de temps pour réveiller l'enthousiasme de bon nombre d'écoles primaires et secondaires de la capitale ainsi que des provinces a débuté avec six (6) écoles sous l'appellation « Réseau des Écoles Vertes » (REV).

Le REV qui compte actuellement 22 écoles dont 16 basées en Province atteindra les chiffres de 35 établissements membres pour l'année 1999-2000, indique Jean-Robert Julien, un des principaux responsables de la coordination du réseau.

Selon M. Julien, le taux de demandes d'adhésion tant à Port-au-Prince que dans les communautés les plus reculées du pays est très élevé.

Toutefois, a-t-il souligné, le réseau dont les activités sont en grande partie financées par l'organisation haïtiano-québecoise, Société pour le Reboisement d'Haïti (SRH), ne dispose pas assez de moyens pour accueillir toutes les demandes.

Jean-Robert Julien qui est également Secrétaire Exécutif du REPIE précise qu'il ne s'agit pas tout simplement d'accepter l'adhésion de nouveaux membres au sein du réseau écologique. Mais, a -t-il expliqué, il faut les donner tous les encadrements nécessaires à leur réel fonctionnement.

Le REV est déjà présent dans les départements de l'Ouest, du Sud, du Sud-Est, de l'Artibonite et du Nord. Des demandes d'affiliation sont en attentes dans le Nord-Est et le Centre.

Au niveau des établissements membres, la représentation du réseau est assurée par des comités composés d'enseignants, de parents, d'élèves et de personnels non académiques des écoles.

Le rôle spécifique de ces comités ayant jusqu'à trois délégués au niveau de la structure centrale du réseau est de travailler annuellement à l'élaboration et l'exécution des programmes d'activités sur la formation écologique de ses membres, des élèves et éventuellement des enseignants.

Les comités de base réalisent également des activités relatives à l'amélioration et la protection de l'environnement telles le reboisement des mornes et l'assainissement des villes.

Outre la coordination et la recherche de fonds pour financer les activités, le bureau central du Réseau École Verte assure de son côté l'encadrement technique des unités de base.

En deux ans, le réseau dont la devise s'aricule autour du thème « Haïti peut redevenir verte » a fait beaucoup de progrès dans le cadre de ses objectifs, indique Georges Dady, Coordonateur du groupe écologique de base au Collège Les Normaliens Réunis (Port-au-Prince).

« Les réalisations des écoles membres du réseau dans le sens du développement de nouveaux comportements favorables à la protection de l'environnement dépassent même toute espérance », s'est pour sa part réjoui Jean-Robert Julien.

Le comité de base du Collège Les Normaliens Réunis est l'un des plus actifs du Réseau des Écoles Vertes. Ce comité encadré par les dirigeants du collège fonctionne sous la dénomination Comité d'Action et de Concertation en Education (CACE) relative à l'environnement.

Le CACE qui travaille en collaboration avec une vingtaine d'écoles basées à Léogâne, à 35 km au Sud de Port-au-Prince et à La Gonâve, Île de 684 km2 longeant les côtes Sud-Ouest de Port-au-Prince à 75 km joue le rôle d'un mini-réseau.

Ce mini-réseau réalise également des projets coinjoints avec des associations locales telles l'Association pour le Développement Écologique de Bellevue (Léogâne) et l'Association des Pécheurs de l'Anse-à-Gâlet (La Gonâve).

Des écoles et groupements de la communauté de Cavaillon-Pliché basée dans le département du Sud s'intègrent également dans le mouvement écologique du REV avec lesquels collaborent le CACE.

Selon Georges Dady, Coordonateur du Comité d'Action et de Concertation en Education, l'aménagement d'un site écologique à Bellevue/Léogâne, la protection des littorales par le reboisement, le nettoyage des villes, l'éducation des jeunes et adultes dans une perspective écologique figurent parmi les activités les plus importantes déjà réalisées par les membres du réseau.

M. Dady qui est également Professeur de chimie et de biologie indique par ailleurs que le Réseau des Écoles Vertes, à travers les programmes du CACE, intègre les élèves et les communautés paysannes dans des activités de recherche environnementale afin de les conscientiser et les rendre plus responsables vis-à-vis des problèmes écologiques auxquels fait face le pays.

Le réseau écologique a déjà travaillé sur plusieurs thèmes de recherche comme déchets et pollution, santé et environnement, impacts de l'absence des mangliers et des lambris sur les zones côtières de la région métropolitaine.

M. Dady précise que le recyclage des déchets à la préparation de compost et de détergence figure également parmi les activités du CACE.

Le Coordonateur du CACE a précisé que ces activités du réseau entre dans le cadre d'un programme visant à susciter non seulement l'engagement des jeunes écoliers haïtiens en faveur de l'amélioration et la protection de l'environnement, de la conservation des espèces naturelles, mais également à éveiller en eux l'esprit d'entrepreneur.

Une journée verte organisée par le groupe de base du REV au Collège Les Normaliens Réunis, le 3 juin dernier, a été l'occasion pour des centaines de personnes présentes de découvrir les progrès enregistrés par l'organisme de protection environnementale.

Les invités au programme ont pu constater la manifestation des connaissances relatives à l'écologie acquises par les élèves et les paysans des différentes zones d'intervention du réseau.

Des échantillons de compost et de détergence réalisés par les écoliers à l'aide des déchets organiques, métalliques et en plastic ont été exposés.

La journée verte du Collège Les Normaliens Réunis a été appuyée par le Réseau d'Enseignement Professionnel et d'Intervention Écologique (REPIE), l'Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture (UNESCO), le Réseau des Écoles Vertes de BreatLand (REVB) basé au Canada et l'Association Culturelle Haïtiano-Dominicaine (ASCOHADO) basée en République Dominicaine.

Les responsables ne sont pas les seuls à dresser un tableau satisfaisant des activités de formation et de recherche du réseau dans le domaine écologique.

Oriol Lapointe, élève en classe terminale au Collège Les Normaliens Réunis, exprime sa satisfaction d'avoir participé aux activités de recherche du réseau.

" Grâce au programme de formation et de recherche du REV, je suis à même de comprendre le fonctionnement des phénomènes environnementaux, les utilités et l'interdépendance des espèces dans un système écologique donné et partager mes connaissances avec d'autres," a-t-il déclaré.

Animé d'envie de travailler en faveur de l'amélioration et de la protection environnementale, le jeune Lapointe à l'instar de plusieurs autres de ses camarades, a pris l'initiative personnelle de former un groupe écologique dans sa communauté résidentielle.

Ainsi, entend-il encourager ses voisins à s'intégrer dans les activités de propreté et de protection du milieu vivable.

Le groupe écologique dirigé par Oriol Lapointe organise régulièrement des séances de réflexion sur la lutte en faveur du reboisement des mornes, de l'urbanisme et de la protection des espèces naturelles.

Des scènes de théâtre écologique sont entre autres activités entreprises habituellement par le groupe dans son quartier pour sensibiliser les gens sur la nécessité de protéger l'espace communautaire.

De son côté, Fritzner Sainrizier s'estime heureux du fait que le réseau lui a servi de guide dans l'orientation vers ses études de médecine.

L'étudiant Sainrizier indique que la compétence de s'exprimer en public est également l'un des plus précieux profits qu'il a pu tirer de sa participation dans les activités du réseau.

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