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Haïti : Femmes populaires de Martissant en lutte
Janvier 2000

Par: Jean Denis Bien Aimé, Radio Haïti Inter, Jérémie
(Transcription et adaptation: Ives Marie Chanel, Agence IPS)
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" Les femmes populaires de Martissant," c'est le nom d'une organisation féminime basée dans le sud ouest de la capitale haïtienne.

Dans le but d'améliorer la situation économique des femmes, cette organisation a mis sur pied un atelier de couture qui assure la production de sous-vêtements, de draps, de rideaux et de nappes entres autres.

L'initiative était partie en 1995 de la concertation entre différents groupes de femmes en situation difficile, dans le chômage où qui travaillaient dans des manufactures dans la région métropolitaine de la capitale.

Le projet a dû faire face à de nombreuses difficultés au cours des premières années de fonctionnement. En janvier 1998, 75 femmes du quartier de Martissant se sont regroupées en coopérative pour développer l'atelier.

Cette activité de production a permis à plusieurs couturières de travailler et aux marchandes d'écouler les produits.

L'atelier est équipé de 7 machines et embauche 6 personnes à plein temps.

Yvrose Pierre Louis, qui vit à Martissant depuis 41 ans, est un membre de cette coopérative. Couturière de formation et évoluant à côté de celles choisies pour exécuter le boulot à la coopérative explique sa situation et celle des femmes de son quartier.


" Je suis née ici le 13 septembre 1957. J'y ai grandi et mes parents y habitaient. Tout le monde me connais et je n'ai aucun problème avec les gens," dit-elle.

Yvrose a 2 enfants. Elle avoue les avoir conçus assez tard. Son mari vit à l'étranger. Avant il travaillait. Mis au chômage, il a dû partir dans un "racket" (voyage clandestin). Yvrose continue de travailler pour éduquer ses enfants.

" Avant, j'allais en République Dominicaine pour acheter des produits et les revendre ici. J'avais une boutique près de chez moi. Elle a été saccagée durant le Coup d'État (1991-1994). On a tout emporté et j'ai fait faillite. Je continue de mener des activités commerciales mais à une plus petite échelle. Pas comme avant," raconte-t-elle.

Yvrose affirme qu'elle pouvait mener sa vie de ses activités. Elle travaille aujourd'hui dans une clinique mise sur pied par une organisation de défense des droits des femmes, la Solidarité des Femmes Haïtiennes (SOFA).

Elle insiste sur l'aide apportée par cette organisation dans le cadre de la mise en place de cette coopérative.

Les femmes ne sauraient vivre sans le travail. Le travail procure à la femme son indépendance selon Yvrose.

Elle note cependant que dans son quartier la majorité des femmes sont réduites au chômage. De jeunes femmes qui devraient aller en classe ou apprendre un métier sont obligées de rester oisives dans le quartier à cause de problèmes financiers.

Les femmes doivent s'organiser pour changer leur vie, dit-elle. Yvrose coordonne le mouvement des femmes de la zone de La Sagesse.

"Les femmes populaires de Martissant" est affiliée à l'organisation féministe SOFA qui regroupent des paysannes, des professionnelles et femmes des quartiers populaires.

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