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STE LUCIE : Gestions des oceans et du littoral dans une perspective de preservation, de recreation et de rentabilite
Octobre 1999

Par: Barbara Jacobs-Small, correspondent de CERN, Ste Lucie
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La communauté de la Soufrière à Ste-Lucie est un symbole de la terre reconnu comme l'Hélène des Antilles. Cette ville historique française située sur la côte ouest, est fière de posséder des paysages spectaculaires ainsi qu'une biodiversité marine et côtière. On y retrouve les fameux Pitons de renommée mondiale aussi bien que le versant du volcan de l'île, qui abrite la majeure partie de la forêt tropicale humide de Ste-Lucie. Ils constituent d'importantes attractions pour les touristes étrangers et les visiteurs locaux. Toutefois le tourisme a certains impacts sur l'antique et florissante industrie de la pêche de cette communauté.

Yves Renard, Directeur de l'Institut Caraïbéen des Ressources Naturelles (CANARI), mentionne qu'à la Soufrière, avec la croissance démographique, les changements dans l'économie et l'expansion du tourisme, plusieurs personnes ont commencé à utiliser les mêmes ressources, à des fins différentes. Elles sont entrées en graves conflits les unes avec les autres. Renard décrit quelques-uns des conflits qui existent depuis quelques temps déjà au sein de cette communauté.

" Il y a des conflits entre les pêcheurs et et les plongeurs amateurs. Les pêcheurs se plaignent que de toute évidence, ce sont les plongeurs qui coupent leurs filets et les plongeurs se plaignent de ce que les pêcheurs installent leurs filets sur les récifs. De plus, il y avait des conflits entre les plaisanciers et les pêcheurs parce ce que les bateaux de plaisance jettent leur ancre au milieu de la zone de pêche. Des conflits sont aussi apparus à cause d'une nouvelle jetée et d'une passerelle installées au milieu d'une des zones de pêche. Et la liste pourrait continuer de s'allonger encore.

Ces conflits ont attiré non seulement l'attention de CANARI, mais aussi celle d'autres institutions comme le Département des Pêches et celle de la Fondation Régionale pour le Développement de la Soufrière.

Selon Renard : " On admet que la façon traditionnelle de résoudre ces problèmes, telle qu'aménager séparément les ressources marines et les zones de pêche, n'offrait aucune solution. En séparant les utilisateurs et les utilisatrices de ces ressources, les pécheurs d'un côté, les plongeurs de l'autre, apportait plus de conflits que de solutions. Donc en 1992, plusieurs institutions se sont unies pour initier un processus de négociation. Des négociations entre les "anciens" groupes d'intérêts et les autres groupes d'intérêts à la conservation et à la gestion de ces ressources. "

Un processus de dialogue et de consultation s'ensuivit avec pour résultat, la mise sur pied de l'Aire de Gestion des Ressources Marines de la Soufrière (SMMA). D'après Kai Wulf, responsable de cette institution, la gestion des ressources marines et des autres ressources naturelles dans et autour de la Soufrière, est actuellement réalisée par un Comité Consultatif et Technique, composé d'environ 22 institutions différentes. Il inclue les pécheurs de la Soufrière et leurs coopératives, le Département des Pêches, les douanes, l'industrie des bateaux de plaisance, l'association des taxi sur l'eau, ...etc. Selon Wulf, c'est ensemble que ces groupes prennent des décisions à propos de n'importe quel problème touchant la région de la Soufrière.

L'une des principales tâches de la SMMA est la supervision des zones allant d'Anse l'Ivrogne à l'Anse Jabon. Des zones ont été clairement identifiées comme zone de plaisance pour les bateaux, zone de récréation, zones à usages multiples, des zones prioritaires pour la pêche et quatre réserves marines.

La valeur de la SMMA en tant que gestionnaire de conflits, devient évidente lorsqu'on s'entretient avec Edward Mongroo, Président de la Coopérative des Pêcheurs de la Soufrière. Il explique : "Nous les pécheurs pensons qu'il y a trop de réserves marines. Sur les 11 km de longueur de la Baie, environ 9 km sont désignés comme réserves marines. Ceci, quand nous avons un si grand nombre de pêcheurs engagés dans différents types de pêche. Par conséquent, nous pensons qu'il faut convertir quelques zones réservées en zone de pêche. Cela résoudrait le conflit entre les pêcheurs et les aires de gestion des ressources marines. "

Renard a déclaré que : " Des conflits comme ceux que la SMMA entend résoudre, il y en aura toujours. Cela veut dire qu'on ne peut résoudre les conflits de manière définitive. A cause de cela, une institution utilisant une approche participative devrait être chargée de s'occuper de la résolution de ces problèmes en faisant participer tous les groupes d'intérêts concernés aux prises de décisions concernant la manière d'aborder ou de solutionner ces conflits.

Glen Miller, le responsable des opérations des bateaux de plaisance pour les mouillage de Marigot, a pensé que la création de la SMMA est nécessaire et tombe à point. " C'est une chose très positive. Depuis le démarrage de l'institution et l'établissement de ses règlements, je peux dire que les touristes de passage et les plaisanciers en général, se plaignent beaucoup moins. Maintenant, il y a moins de problèmes et les touristes de passage sont contents de rester dans la zone de la Soufrière."

Depuis ses débuts en juillet 1995, la SMMA en collaboration avec les institutions, les utilisateurs et utilisatrices de ces ressources et les ONG, a eu un impact significatif en terme de rationalisation économique, d'activités touristiques, de durabilité des industries connexes et de conservation des ressources marines. Comme ces problèmes persisteront, ce sont ces mêmes problèmes qui justifient l'existence de cette entité. C'est dans la gestion adéquate de conflits semblables que réside le succès de la SMMA.

Cette institution devra aussi trouver les moyens de s'autogérer, d'où les cotisations des utilisateurs et des utilisatrices. Kai Wulf a dit que les revenus sont générés par la mise en pratique des règlements de la SMMA, fondamentalement, par les bateaux mouillant dans la zone, qui paient donc pour des mouillages permanents et par les plongeurs qui paient un droit d'entrée dans les réserves.

Il dit que: " Les frais à payer sont collectés par la SMMA et tout cet argent est réinvesti dans la gestion de la SMMA. Actuellement, la SMMA couvrent tous ses frais généraux à partir de ses propres revenus. "

Pendant que des douzaines de touristes s'empilent dans les autobus qui les prennent à leur bord pour encore un autre tour, c'est un autre jour dans la vie de la Soufrière. Wulf a expliqué que les activités récréatives en mer, sont partout dans le monde, un commerce florissant. Et c'est la même chose à la Soufrière. " Par conséquent, les Parcs Marins doivent fonctionner avec des entités règlementaires. Des zones de gestion des ressources marines sont en train d'être établies partout dans le monde. A Ste-Lucie, nous sommes sur la bonne voie et présentement beaucoup de gens ont les yeux tournés vers cette expérience réalisée à la Soufrière. Nous recevons plus d'appui d'autres institutions comme la Mission Française pour la Coopération Technique, et aussi bien d'ENCORE et de l'Association Caraïbéenne de Conservation. La situation est prometteuse. Même si on nous a beaucoup critiqué, spécialement les pêcheurs, la SMMA arrivera bien à trouver sa place parmi la communauté de la Soufrière. "

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En collaboration avec le Réseau Caraïbéen des Reporters de l'environnement (CERN), Panos produit une émission radiophonique hebdomadaire de 10 minutes: "Island Beat – des nouvelles de première ligne en provenance de la Caraïbe". Cette émission documente des thèmes environnementaux de la communauté, mettant en premier plan les expériences des communautés dans la résolution des problèmes concernant l'environnement tels que rapportés par des journalistes à travers la région Caraïbéene. Cet article a été tiré d'un programme radiophonique produit en août 1997.

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