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Les articles d'Island Beat

La Dominique: La philosophie de l'Agriculture biologique
Aôut 1999

Par: Steinberg Henry, correspondent de CERN, Dominique

Andrew Roe est un entrepreneur bien connu et un fermier de la Dominique qui a initié ou fait oeuvre de pionnier dans plusieurs grands projets de développement dans la communauté. Pendant les dix dernières années, M. Roe s'est consacré à l'agriculture. Avec la même compétence, la même détermination et la même intelligence dont il fait preuve dans ses autres activités, il a réussi a transformé une ferme ordinaire d'environ 2 acres ( environ 1 hectare ) en exploitation biologique. Roe est âgé de 71 ans et vit dans la communauté de Giraudel, à 5 kilomètres de Roseau, la Capitale de la Dominique.

Roe cultive sur son terrain une grande variété d'espèces : poivrons, laitue, choux chinois, carottes, bananes, et plusieurs sortes de plantes fourragères pour les animaux. Il explique son dernier système de culture biologique pour la banane: "Nous traitons la plante de manière différente par rapport au système traditionnel. Nous coupons la plante à ras le sol. Nous ne la nettoyons pas et nous n'ajoutons pas de produits chimiques. Après avoir creusé un trou de 2 pieds de profondeur et d'environ un pied de diamètre, mettez dans le trou du fumier jusqu'à une hauteur d'environ 8 pouces et couvrez avec une épaisseur de terre de 4 pouces. Ensuite, on a juste à faire une cavité et à y placer le plant. Vous verrez comment cela donne de bons résultats."

Roe soutient que les produits biologiques ont meilleur goût à cause de l'absence de produits chimiques; la vigueur naturelle et la saveur sont conservées. Il approvisionne 6 à 8 personnes chaque semaine parce qu'elles préfèrent ses produits. Sa stratégie de marketing commence chez lui, deuxièmement à l'épicerie et ensuite ce qui reste va aux animaux. Sa philosophie est "cultive ce que tu manges, manges ce que tu cultives et vends le surplus."

Roe ne pratique pas seulement l'agriculture biologique, il contribue aussi aux réflexions qui sont derrière ce changement vers une manière naturelle de cultiver des aliments. Il considère que l'agriculture biologique est la seule voie pour assurer la durabilité de nos sociétés caraïbéennes futures.

Il souhaiterait qu'on pratique davantage l'agriculture biologique dans la Caraïbe, parce que la vie y serait meilleure. Il ne comprend pas ceux qui se disent concernés par les écosystèmes, mais continuent d'utiliser des fertilisants chimiques qui détruisent les micro-organismes du sol et qui se répandent dans la mer : " De quoi parlons-nous ? Si on est réellement sensible à l'environnement, nous devons arrêter d'utiliser des produits chimiques dans notre agriculture." Il rajoute qu'avec un peu d'expériences, on peut obtenir d'excellents résultats: "Vous serez émerveillés de voir le développement de certains produits biologiques."

D'après Roe, les gens du marché de Roseau savent bien que ses produits sont cultivés avec des moyens biologiques. Quand il a débuté, on l'a ridiculisé. Maintenant se sont les gens qui viennent à lui pour être conseillés et savoir comment faire l'agriculture biologique. Roe est au marché de Roseau chaque samedi et il a toujours assez de produits à vendre. Il y a environ 1,000 agriculteurs comme lui en Dominique et quelques fois, ils n'ont rien à vendre. "Quelques-uns des villageois-es n'y croient pas et disent que je trompe les gens, que c'est un mystère, je dois avoir jeté un sort sur leur vente. Pourtant, c'est à cause de ce système naturel si les rendements sont si bons."

Il aime en parler. "Je veux enseigner aux gens ce que je fais. Je ne vais pas forcer qui que ce soit, mais si tu viens me voir, je te donnerai des informations. Mon travail c'est de faire pousser, de cultiver et quelques soient les connaissances que j'ai acquises, je les offre au monde entier. J'adore les gens."

Quoique qu'il y ait 25 ans, la Dominique n'était pas encore connue comme l'un des milieux naturels de la Caraïbe, on savait que cette île possédait d'énormes ressources en eau, en terres vierges et toutes une variété de sols,...etc. Pourquoi la Dominique en est-elle venue à utiliser des produits chimiques ? Selon Roe, cest par appat du gain et par ignorance. "Les gens de la Caraïbe sont soumis à un lavage de cerveau par les américains et les européens. Et je dois dire aussi que nos propres intellectuels sont des traîtres à leur nation. Ils partent à l'étranger, se bourrent le crâne avec ce qu'on leur apprend, ils laissent de côté et oublient ce que notre propre pays peut leur offrir. Ca me rend furieux. Pourquoi n'apprécions-nous pas notre propre savoir, pourquoi n'acceptons-nous pas ce qui saute aux yeux ?"

"Certains appellerons cela un retour à nos racines, mais j'aime dire que nous devrions bien regarder les faits, comprendre l'essentiel de l'affaire et exercer un contrôle sur notre pays. Si nous visons la sécurité alimentaire, nous devons nous reconvertir à l'agriculture biologique. Sans cela, nous aurons de graves problèmes."

Il a ajouté qu'en Amérique, déjà plusieurs régions ont des difficultés, parce que tout l'humus disparait du sol à cause des intrants chimiques utilisés en agriculture. "Nous dans la Caraïbe, nous sommes petits, nous devons nous démarquer de cette tendance. L'Amérique et l'Europe peuvent se permettre de gaspiller le sol de quelques régions parce qu'ils ont un vaste territoire. Mais nous n'avons pas tout cet espace, nous devons tirer le maximum du peu qu'on a, en prendre soin et l'utiliser avec sagesse. Si on ne le fait pas, la Dominique comme le monde entier, en subiront les conséquences."

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En collaboration avec le Réseau Caraïbéen des Reporters de l'environnement (CERN), Panos produit une émission radiophonique hebdomadaire de 10 minutes: "Island Beat - des nouvelles de première ligne en provenance de la Caraïbe". Cette émission documente des thèmes environnementaux de la communauté, mettant en premier plan les expériences des communautés dans la résolution des problèmes concernant l'environnement tels que rapportés par des journalistes à travers la région Caraïbéene. Cet article a été tiré d'un programme radiophonique produit en juillet 1997.

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