![]() |
![]() |
Site Map . Contact . Help . Home |
| Regional Programmes . Productions . Resources . About Us | ||
Les moyens économiques de subsistance de plusieurs habitants et habitantes de Ste-Lucie dépendent largement des ressources forestières et de leur gestion. Willy est membre de l'Association des Producteurs de Charbon d'Aupicon à Vieux-Fort, une ville située au sud de Ste-Lucie. Son commerce c'est la production de charbon durant la saison sèche, lorsque la mangrove de Mankòtè, située à peine à un mille, est ouverte pour la coupe de bois. Willy utilise la mangrove comme source de bois depuis assez longtemps. Néanmoins, en dépit de son activité et de celles des autres producteurs de charbon, Mankòtè ressemble à une mangrove très saine. Willy explique que son groupe a mis un système en place pour assurer la protection de leur moyen de subsistance : " Nous avons expliqué à notre groupe comment effectuer la coupe du bois, quels arbres on pouvait couper et quels arbres on devait laisser." Nicolas Samuel, Président des Producteurs de Charbon d'Aupicon, a ajouté que le diamètre minimal de coupe est de deux pouces. L'arbre ne peut être retaillé qu'après une période de deux ans. Il dit que les mesures et le contrôle sont effectuées par un assistant de l'Institut Caraïbbéen des Ressources Naturelles (CANARI). Le résultat est qu'une quantité appréciable de bois est ainsi transformé en charbon. Yves Renard, de CANARI, a été étroitement impliqué dans le processus de reforestation de Ste-Lucie. Il est à l'origine du développement de l'idée générale à la base de la sylviculture communautaire, de la planification avisée aussi bien que de la parcimonieuse gestion des forêts par les communautés qu'elles desservent. Il explique que le système du groupe Aupicon est avant tout de la sylviculture, ce qui signifie la gestion et la conservation des forêts dans une perspective de développement durable. " La gestion de la forêt pour et par la communauté signifie que la communauté doit en tirer des bénéfices. Tout au moins, quelques-uns des bénéfices de la gestion des forêts devraient-ils revenir directement à la communauté, que ce soit en matière d'approvisionnement en eau, de culture de bois-d'oeuvre ou d'activités écotouristiques." " Mais une telle gestion devrait aussi être réalisée par la communauté; celle-ci devrait être impliquée non seulement dans l'accomplissement des activités de gestion, mais aussi au niveau de la prise de décisions. La communauté devrait, dans certaines limites, percevoir la forêt comme étant sa ressource et considérer comme étant sa responsabilité, de bien la gérer." Selon Renard, la sylviculture communautaire est un nouveau concept pour certaines personnes, mais cette pratique est ancienne. Elle remonte au temps des marrons du 18ième siècle et plus récemment, aux communautés agricoles qui, pour diverses raisons ont conservé des relations avec les forêts. Cependant, l'économie, l'urbanisation et les populations grandissantes ont engendré des pressions croissantes sur les ressources forestières, que ce soit pour la construction, l'agriculture et l'élevage ou l'artisanat. En même temps, il y a selon Renard, des pressions croissantes exercées sur les gens et qui sont liées à la pauvreté et aux changements économiques. " Nous devons être beaucoup plus raisonnables dans notre recherche d'activités économiques rentables pour la communauté. Pratiquement tout le bois que nous utilisons dans la région est importé. Peut-être pouvons-nous planter des arbres, peut-être est-il possible d'améliorer et d'organiser la production de charbon de manière durable et constituer ainsi une ressource énergétique additionnelle pour les communautés de la Caraïbe, comme cela existait il n'y a pas très longtemps. Et peut-être y a-t-il d'autres potentialités comme la nature ou l'écotourisme. Avec cette dernière potentialité, on ne devrait pas se limiter à montrer la forêt aux visiteurs, on devrait aussi leur montrer les relations culturelles entretenues par les gens avec leur communauté et leur environnement. Cette potentialité devrait évidemment procurer à la communauté bénéficiaire autant de revenus et d'emplois que possible." Renard dit aussi que le groupe d'Aupicon, qui compte actuellement 14 membres, est un bon exemple. Pendant la saison pluvieuse, personne ne peut pénétrer à l'intérieur de la mangrove à cause du niveau d'eau élevé. Alors en collaboration avec les Ministères des Forêts et de l'Agriculture, des fermes communautaires ont été organisées pour les membres afin que durant la saison pluvieuse, ils puissent produire des légumes comme substituts au charbon. A partir de ce moment là, les producteurs de charbon d'Aupicon ont cultivé du maïs, des concombres, des ignames, des melons et des cantaloupes. Ils ont aussi assurer la maintenance d'un bassin de poissons. Edward Bellas, le coordonnateur du marketing au Ministère du Commerce de Ste-Lucie, dit que le ministère offre des garanties bien déterminées aux cultivateurs : " Nous leur procurons des contrats pour qu'ils cultivent pour nous, à un certain moment donné, des produits agricoles spécifiques. Nous leur demandons de travailler de façon à assurer une continuité et ce ne sont pas tous les cultivateurs qui livrent les mêmes produits agricoles en même temps. Nous leur garantissons aussi un prix minimum. " Willy affirme qu'il mène une vie très satisfaisante avec la production contrôlée de charbon de bois, combinée à des activités agricoles ainsi garanties. Il dit que pendant un bon mois, il réalise quelques milliers de dollars dans la vente de ses produits, auxquels s'ajoutent 500 à 600 dollars par mois avec la vente de charbon durant la saison sèche. [883 mots] En collaboration avec le Réseau Caraïbéen des Reporters de l'environnement (CERN), Panos produit une émission radiophonique hebdomadaire de 10 minutes: "Island Beat - des nouvelles de première ligne en provenance de la Caraïbe". Cette émission documente des thèmes environnementaux de la communauté, mettant en premier plan les expériences des communautés dans la résolution des problèmes concernant l'environnement tels que rapportés par des journalistes à travers la région Caraïbéene. Cet article a été tiré d'un programme radiophonique produit en juillet 1997.
|
|||||
|
|
|||||