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De grands arbres, des eaux qui ruissellent, des papillons, c'est le décor qui saute aux yeux de ceux qui visitent l'Habitation Leclerc, une réserve de plus de 8 hectares de terres située dans le quartier de Crepsac, localisé au sud ouest de la capitale haïtienne. À un moment ou presque toutes les montagnes de ce pays subissent les assauts du déboisement sauvage, cette réserve située à 3 kilometres du centre de la ville reste encore vivante. Elle a commencé à subir les méfaits du déboisement depuis la mise en chantier d'un hôtel dans la zône par un investisseur étranger dans les années 1970. Depuis lors et jusqu'à l'année dernière beaucoup d'arbres ont été abattus. Malgré tout cela n'empêche d'espérer. Evans Clermont, un homme agé de 42 ans qui a passé toute sa vie sur cette habitation, raconte l'histoire de la forêt. Cette zône était presqu'inhabitée dans les années 60, dit-il. Il n'y avait que quelques familles à y vivre. La construction de l'hôtel et d'autres habitations a eu un impact certain sur la forêt avec le déboisement induit par les travaux . La situation s'est aggravée dans les années 80, quand des gens ont commencé à construire sur la montagne. En 1986, c'était le désastre, raconte Clermont. " Nous vivons malgré tout ... malgré la présence dans la zône de délinquants. Avant nous vivions bien et avec amour. J'avais laissé la zône en 1981. J'y suis retourné en 1983 et j'ai récommencé à travailler ici. Ma mère est morte et aujourd'hui, je suis seul, sans parents dans la zône, mes amis sont en fait mes parents. Mes enfants sont aux États-Unis. " " J'ai toujours crû que ces arbres faisaient partie de notre vie il y a 40 ans. Autrefois, les gens protégeaient les arbres parce qu'ils n'avaient pas les mêmes besoins d'aujourd'hui. Je pense personnellement que les arbres sont une source de vie. Je m'obstine à rester ici à cause des arbres. J'aimerais bien participer à une campagne de réboisement pour proteger la terre. Nous devrions planter des arbres fruitiers, " témoigne-t-il. Clermont a vu grandir les arbres qui restent encore aujourd'hui dans la forêt. Sa génération n'a en fait planté que des fleurs dans les années 1970. En plus des constructions anarchiques qui représentent un danger pour l'environnement, la misère a aussi poussé les gens venus d'ailleurs à couper des arbres pour faire du charbon. Beaucoup d'espèces d'arbres comme le Gaic, l'Acajou, les Bayarondes, ont pratiquement disparu des montagnes de la capitale. " Certaines gens ont commencé à planter des arbres, mais c'est pas suffisant. En juillet 1994, nous avions mis sur pied un centre culturel et chaque jeudi nous allions à la recherche de variétés rares pour les transplanter ici. Le projet n'a pas réussi parce que les personnes les plus agées n'y étaient pas impliquées," explique-t-il. [472 mots]
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