Productions: Haiti: REPORT
Panoscope . Media Briefings .
Island Beat . Our Own Voice . Le P'tit Nouvelliste
Order Publications
Media Briefing Index
Organisé par le Plan Haïti, Promoteurs Objectif ZéroSIDA (POZ)
et l'Institut Panos, sous le patronnage du Ministère de la Santé
Publique et de la Population:
Forum National sur le SIDA 1999: "Solidarité avec les personnes
vivant avec le SIDA"
Ritz Kinam II, Pétionville, Haïti, 21-23 avril 1999
Résumé et analyse des activités médiatiques du Forum
Preparé par: Jean Claude Louis & Jan Voordouw
Introduction
Le Forum National sur le SIDA 1999 s'est déroulé
du 21 au 23 avril 1999 à Pétionville, Haïti.
Cet événement, avec une participation de plus de cent
personnes, était organisé par le Plan Haiti, l'Institut
Panos et la Fondation Promoteurs de l'Objectif ZéroSIDA (POZ),
sous le patronnage du Ministère de la Santé Publique
et de la Population (MSPP) et plusieurs autres institutions travaillant
dans la prévention de la maladie du SIDA.
Le forum visait à se solidariser avec les personnes infectées
et à tirer la sonnette d'alarme sur la maladie. Le SIDA a
toujours demeuré une épidémie à visage
caché. Cette rencontre a permis une mise a découvert
de la maladie ou les personnes atteintes doivent être considérées
comme des individus à part entière. L'un des points
forts du forum était tout au cours du déroulement
des sidéens et sidéenes qui n'ont éprouvé
aucune crainte à déclarer leur séropositivité
et c'était un moment enpreint d'émotion.
En connection au forum, une exposition était organisée
montrant les matériels de plusieurs groupes travaillant dans
la prévention de la maladie.
Les organisateurs du forum
Le forum était préparé et planifié
par POZ, l'Institut Panos, et le Plan Haiti. Les "Promoteurs
de l'Objectif ZéroSIDA (POZ)" est une organisation
non gouvernementale qui est activement impliquée dans la
prévention des MST/VIH/SIDA dans le pays depuis trois ans.
POZ a pris naissance à partir du programme AIDSCAP financée
par la USAID. POZ conduit actuellement un programme de prévention
des MST/VIH/SIDA en partenariat avec le Plan Haiti dans trois des
neuf départements du pays.
Le Plan est une
organisation internationale humanitaire axée sur le développement
des enfants, sans affiliation religieuse, politique ou gouvernementale.
Le parrainage des enfants est le fondement de l'Organisation. PLAN
fournit de l'aide dans les domaines suivants: Éducation,
Santé, Économie, Habitat et Promotion d'Échanges
culturels.
Pendant longtemps, l'Institut Panos avait voulu organiser en Haïti
une conférence régionale sur le SIDA pour les médias,
en collaboration avec Info-Services et l'Institut Caraïbéen
des Médias et de la Communication (CARIMAC) de Jamaïque.
Cette activité faisait parti d'un projet conjoint, financé
pour le gouvernement néerlandais pour la période février
1997 - janvier 1999. Toutefois cette conférence n'a pu avoir
lieu durant l'exécution du projet original, et le gouvernement
néerlandais n'a pas approuvé une extension de la durée
du projet pendant laquelle cette conférence pourrait se tenir.
Néanmoins, Panos a dans la mésure du possible essayé
d'apporter son apport vu que de telles activités rentrent
dans le champs de travail de Panos.
Contexte
Il résulte de l'expansion rapide du SIDA en Haïti le
taux d'infection le plus élevé de l'hemisphère
occidentale. Ces taux ont été estimés à
10% parmi les adultes dans les zones urbaines et aussi élevés
que 16% dans les zones urbaines les plus pauvres. Du fait que les
zones rurales ont un taux d'infection moins élevé
(4-5%) que les villes, le pourcentage national est calculé
entre 5,1 et 7,3% (statistiques de 1998).
Donc, il y a en Haïti, une très grande quantité
de personnes qui vivent avec le SIDA. Le nombre de cas est passé
approximativement de 12.000 en 1987 à 300.000 cas aujourd'hui
avec entre 28 - 40.000 nouveaux cas par année. D'ici l'année
2005, près d'un million de personnes seront infectées.
L'épidémie est aggravée par un nombre de facteurs
dont une très faible infrastructure en santé se debattant
pour fournir des services de soins préventifs et curatifs
à la grande population. Par exemple, moins de 30% des enfants
ont reçu leurs doses régulières de vaccination
malgré le fait que les vaccins sont souvent fournis gratuitement.
Il est donc clair que le traitement des individus vivant avec le
VIH/SIDA ne sera pas possible dans l'infrastructure actuelle de
santé.
La majorité des efforts des organisations au service du
SIDA est concentrée sur la prévention de la transmission
de la maladie et d'autres maladies sexuellement transmissibles,
aussi bien que leurs traitements. Même les ressources allouées
à ce type d'activité ont été drastiquement
réduites durant ces dernières années. D'après
les estimations, les dépenses courantes en Haïti sur
les activités liées au SIDA sont seulement de 10%
du niveau des montants alloués durant les années 90:
de 1990 à 1995, plus $US 2 millions étaient destinés
annuellement aux projets spécifiques du SIDA. Depuis 1996,
seulement $US 200 - 250.000 sont rendus disponibles pour entreprendre
des activités de prévention du SIDA.
Jusqu'ici, peu d'attention est accordée aux personnes vivant
avec le SIDA et leurs besoins. Il est de même des stratégies
à définir pour contrecarrer le problème. Il
est évident que des approches multiples et innovatives seront
nécessaires dans le pays.
Les médias de communication
La sensibilisation sur la maladie est encore tres lente et timide
et les mass média sont vitaux pour faire ressentir la gravité
de la maladie. Toutefois, les média se sont à peine
impliqués dans la lutte et la réalité du SIDA.
La presse souffre du sous-développement généralisé
de la société haïtienne caracterisée par
la faiblesse du système éducatif. En Haïti, très
peu de journalistes pratiquants ont reçu la formation nécessaire
avant d'entrer dans la profession. D'une façon générale,
la presse haïtienne est une presse d'information sur les événements
politiques actuels qui se passent, mais manque un rôle actif
dans les analyses, la critique constructive et l'éducation.
La manque d'articles de fond et d'analyse résulte presqu'en
une absence de couverture de VIH/SIDA. De 1994 à 1998, seulement
40 articles ont écrits dans le journal Le Nouvelliste, le
principal quotidien Haïtien. La majorité de ces articles
n'ont pas été rédigés par des journalistes,
mais par le personnel médical, des scientifiques, des immunilogistes
et d'autres citoyens, certains sont des textes repris des journaux
étragers ou émanés des agences de presse. La
presse tend à limiter la couverture journalistique sur le
VIH/SIDA au premier décembre, journée mondiale du
SIDA ou quand il y a une conférence sur le sujet. En Haïti,
il n'y a pas d'émissions écrites ou audio assurant
la formation et l'éducation sur le SIDA, mis a part les publicités
commerciales pour les condommes.
Dans les pays anglophones de la Caraïbe, avec la compétition
croissante de la radio, on peut noter un changement dans le style
de la radiodiffusion, en dehors du service public, de nouvelle,
divertissement, de la musique et de publicité. L'emphase
sur les programmes d'informations a aussi changé de la perspective
internationale à la perspective locale. Toutefois, des programmes
de ligne ouvertes grandissent avec une plus large part de discussion
sur des sujets plutot delicats, à la fois politiques et sexuels,
des avis de service public sur la santé et d'autres thèmes
sont radiodiffusés fréquemment. Ces sujets sont parfois
générés par les stations elles-mêmes,
mais très souvent par les agences telles l'Union Caraïbéenne
de Diffusion (CBU) et le Centre Caraïbéen d'Épidémiologie
(CAREC).
Dans une enquête réalisée par Panos en 1997
sur la couverture médiatique du VIH/SIDA, la majorité
des stations de la Caraïbe déclarent que les thèmes
VIH/SIDA sont mentionnés une à deux fois par semaine,
et parfois aussi souvent q'une fois par jour. La couverture apparait
plus souvent dans le format de nouvelles, ligne ouverte ou de drame.
Les sources les plus unanimement citées sont: les nouvelles
et les annonces de service public, générées
par la station. Le temps généralement alloué
à la couverture du VIH/SIDA était de 2 à 5
minutes, suivie de celle d'une minute. L'aspect le plus souvent
couvert est la prévention, les nouvelles étrangères
sur le SIDA sont très loin derrière.
Il y a beaucoup d'organisations qui travaillent sur la prévention
de VIH/SIDA et qui s'impliquent dans des campagnes d'informations
et de sensibilisation. Elles peuvent et devraient impliquer davantage
les médias en leur fournissant des informations pertinentes
à être diffusées au grand public. En Haïti,
l'accès et la diversité des médias se sont
grandement accrus durant ces dernières années, avec
la création de plusieurs stations audiovisuelles. La directrice
de Info-Services a rapporté qu'au début de 1997, il
y avait environ 132 stations de radio, 23 stations de télévision
et 51 publications écrites. L'explosion ne s'est pas arrêtée
là et il y a aujourd'hui près de 300 stations de radio.
Capacité des médias: l'Expérience de l'Institut
Panos
En collaboration avec de nombreux partenaires institutionnels,
Panos a eu à organiser une grande quantité d'activités
pour promouvoir le reportage objectif sur les thèmes liés
au VIH/SIDA. En addition de la formation des journalistes, une mine
d'information sur le VIH/SIDA faisant autorité est produite
et disséminée dans des livres, des magazines et autres
réportages et émissions radiophoniques, des articles
et des rapports spéciaux. Une assistance mutuelle entre collègues
et l'établissement des réseaux entre reporters étaient
aussi facilité par Panos.
Les séminaires et les ateliers de média sur les thèmes
liés au VIH/SIDA tenus sous les auspices de Panos dans la
région de la Caraïbe et de l'Amérique Central
durant les dernières années sont:
- Atélier régional CARIMAC/CAREC/Panos: Reportage
objectif sur le VIH/SIDA, Kingston, Jamaïque, 3 au 17
juillet 1993. Cet événement ciblait les travailleurs
seniors de la presse responsables et gérant des médias
(radio, Télé et imprimerie) des pays caraïbéens
les plus durement frappés par la maladie. L'objectif était
d'accroître leur capacité de reportage, aussi bien
que leur compréhension des impacts culturels, et socio-économiques
de la maladie dans la Caraïbe. Les participants ont travaillé
ensemble avec un groupe de personnes ressources de la Caraïbe
sur le VIH/SIDA et un résultat important fut le changement
d'attitude de plusieurs participants, aussi bien qu'un sens élevé
de sensibilisation et d'engagement sur le sujet.
- Cours de Production régionale CARIMAC/CAREC/Panos:
Reportage objectif sur le VIH/SIDA, Kingston, Jamaïque, 18
juin - 2 juillet 1994. Cet événement de suivi a
réuni plusieurs travailleurs de la presse des pays qui
n'étaient pas représentés pendant le séminaire
de 1993. L'accent a été mis sur le rôle du
journaliste à fournir des informations au public sur le
VIH/SIDA et d'autres thèmes connexes en produisant des
articles de fond et de recherche scientifique via un groupe de
journalistes engagés et d'autres productions médiatiques.
Un parténariat fut établi avec Panos, lequel a rendu
disponible un budget de frais de voyage pour collecter des informations
à un niveau de la région.
- ILPES/Panos Premier Atelier médiatique de l'Amérique
Centrale sur le VIH/SIDA, San José, Costa Rica, 12-19
février 1995. Cet atelier destiné aux journalistes
des médias écrits, radio et Télé visait
à améliorer la compréhension de l'expansion
et de l'implication du VIH/SIDA, les questions d'éthique
dans le reportage sur ce thème et accroître l'implication
des médias dans la prévention. L'histoire sociale
de l'épidémie occupait le centre du programme, laquelle
a occasioné un grand nombre de visites de terrain aux organisations,
cliniques, familles. Ceci a mis l'emphase sur les thèmes,
tels la statut des femmes, les minorités sexuelles, la
réligion et les droits humains. Cet atelier a suscité
une équipe hautement motivée et la qualité
des reportages fut très élevée.
- Radio St-Lucie/Panos "Le SIDA aujourd'hui",
Séminaire des responsables de médias, Castries,
St-Lucie, 14-15 juin 1997. Après une enquête sur
la couverture actuelle médiatique du VIH/SIDA par les stations
de radio de la Caraïbe et un processus intensif de consultation
avec un grand nombre d'organisations médiatiques régionales,
cette conférence a rassemblé 17 superviseurs de
station de radios de 14 pays anglophones de la Caraïbe. Ce
séminaire a révisé les résultats de
l'enquête et établi une politique générale
de couverture du VIH/SIDA adoptée pour toutes les stations
de radios de la Caraïbe. La conférence fut co-sponsorisée
par l'Union Caraïbéene de Radiodiffusion, le Centre
Caraïbéen d`Épidémiologie, CARIMAC et
CANA.
- Radio Ste-Lucie/Panos "Le SIDA aujourd'hui",
Atelier de production de radio, Castries, Ste-Lucie, 15-21 juin
1997. Tout de suite après le séminaire pour les
superviseurs de station, 24 reporters et présentateurs
de radio de 11 pays se sont réunis en un atelier de production
et de distribution. Beaucoup d'informations sur le sujet furent
présentées et utilisées dans les productions
médiatiques. Celles-ci ont couvert de façon compréhensive
les aspects diagnostiques, démographiques et psychologiques
de la maladie aussi bien que les aspects de la transmission, de
counseling, conduits sur les lieux de travail et le rôle
des journalistes. Plusieurs production ont été évaluées
par le public de la rue.
Les objectifs
Les objectifs du volet médiatique du Forum sont les suivants:
- Sensibilisation des médias et des journalistes sur les
besoins dont font face les personnes vivant avec le VIH/SIDA;
- Favoriser/ouvrir le débat entre journalistes et les personnes
ressourcesdu VIH/SIDA, aussi bien que les personnes infectées
et affectées par le SIDA;
- Inciter tous les médias à consacrer une partie
de leur programmation à traiter du VIH/SIDA ou d'autres
thèmes connexes de façon à pouvoir toucher
toutes les couches de la population;
- Inciter les ONG à mettre au profit des journalistes des
informations pertinentes sur le VIH/SIDA;
- Établissement d'un réseau médiatique local
afin de fournir et de promouvoir des messages sur les MST/VIH/SIDA.
L'Équipe médiatique
L'équipe médiatique était composée
comme suivante:
Barbara Jacobs-Small, directrice de Radio St-Lucie participait
comme conférencière sur les médias au niveau
de la région et facilitatrice de l'atelier des médias.
Elle s'était activement impliquée dans les conférences
médiatique Panos/Radio St-Lucie sur le VIH/SIDA en juin 1997
et comme telle, elle a de pertinentes expériences dans des
thèmes relatifs aux médias de la Caraïbe.
Nancy Roc, journaliste travaillant à TéleEclair,
était une moderatrice d'un des panels du forum. Elle a aussi
préparé le draft des récommendations de l'atelier
média. Un autre journaliste travaillant à Radio Vision
2000, Leontes Dorzilmé, est intervenu publiquement sur les
médias et des thèmes liés au VIH/SIDA en Haïti.
Jean Claude Louis, consultant pour l'Institut Panos, s'enchargait
des relations publiques du forum. Il a assisté le service
de presse en maintenant les contacts avec les journalistes et en
facilitant la distribution des dépêches. Aussi a-t-il
géré l'exposition des matériels de Panos et
a proposé les grandes lignes de discussion et le contexte
pour l'atelier média.
Ronald Colbert, journaliste indépendant et chef du
service de presse a produit 5 dépêches et articles
durant et immédiatement après le forum. Ces productions
sont inclues dans ce rapport. Fritznel Octave, journaliste, a aussi
produit un article de presse et assisté le service de presse
dans l'enregistrement. Ives Marie Chanel de Inter Press Service
(IPS) et ancien coordinateur du projet régional de Panos/Info-Services/CARIMAC,
a aidé dans la dissémination des dépèches
à travers les structures de IPS.
Et finalement, Jan Voordouw, coordinateur régional
pour l'Amérique centrale et la Caraïbe de l'Institut
Panos, qui malgré son absence dans le forum, a joué
un role très important dans la préparation et l'organisation
de cet événement.
Les activités développées et les résultats
La participation de l'Institut Panos a été très
remarquable pendant tout le déroulement du forum.
- Exposition/Distribution de matériel: Panos a été
l'une des organisations qui a exposé et distribué
du matériel pendant le forum. Panos a exposé plusieurs
ouvrages traitant du SIDA que bon nombre de gens ont pris la peine
de consulter. Les gens se sont precipités sur nos articles
sûrement à cause de leurs titres évocateurs:
"le SIDA et les hommes," "le SIDA et les femmes."
En deux jours, les participants ont rafflé des centaines
d'articles. Vu que la majorité des personnes présentes
représentaient leurs organisations, elles en ont apporté
plusieurs exemplaires pour remettre à leurs membres.
- Le service de presse: Toutes les depêches produites
par notre chef de service de presse ont été disseminées
dans toutes les stations via le courrier électronique.
Beaucoup des depêches ont été reprises dans
les émissions de nouvelles. Plusieurs journalistes et plusieurs
médias ont aussi assisté aux conférences
y compris des chaines de Télé, comme TéléMax,
TéléEclair, Haitian News Network. Trois jours avant
la tenue du forum, trois des panelistes en lise et Jean-Claude
Louis ont participé à Contraste, une émission
hebdomadaire animée par la journaliste Nancy Roc sur TéléEclair.
L'émission se déroulait sur les différents
points qui allaient être abordés pendant le forum.
Quelques jours après le forum, TéléEclair
a diffusé en deux reprises un résumé complet
du forum. Dr. Eddy Génécé de POZ a aussi
accordé plusieurs interviews à de nombreux journalistes.
Toutefois, nous déplorons que nos textes et depêches
envoyés au Nouvelliste n'ont pas été publiés
dans ses colonnes. Mais heureusement, nos textes ont été
repris par le journal le Matin.
- L'atelier sur le rôle des médias: Plus d'une
dizaine de journalistes de plusieurs médias et des médecins
ont pris part à cet atelier. C'était un atelier
riche en discussions. Les journalistes ont fait part de toutes
leurs contraintes à couvrir des thèmes liés
au VIH/SIDA. Ils ne sont pas toujours bien informés sur
le problème et ont beaucoup de difficultés à
manier le jargon médical. Beaucoup de journalistes ont
promis leur engagement, mais toutefois ils n'ont pas toujours
les pouvoirs de décision et dépendent du directeur
du média qui d'abord s'intéresse aux reportages
pouvant générer de l'argent. Les médecins
présents déclarent que les journalistes ne viennent
pas souvent leur demander de l'information, mais les journalistes
ne peuvent pas disposer de temps d'antenne pour des émissions
qui ne trouvent pas de sponsors. Les journalistes ont aussi souligné
que certaines ONG pouvaient sponsoriser des programmes liés
au VIH/SIDA. À noter aussi que les proprietaires de média
n'ont pas pris part au forum et ils demeurent le groupe le plus
réticent à convaincre. Pour plus de détails,
voir les récommandations émanées de l'atelier
média.
- Assistance générale (interprétariat,
etc): Toutes les personnes parlant la même langue se
mettaient en groupe avec leur interprête. Le service a été
très bien assuré et tout le monde est sorti satisfait.
Analyse, les conclusions et les récommandations
Le forum a bénéficié d'une large couverture
médiatique. Beaucoup de journalistes de différents
médias sont venus couvrir l'évenement. La production
régulière de dépêches par le service
de presse a énormément facilité leur travail.
Grâce à ce service, les journalistes ont eu à
leur disposition toutes les informations de base sur le forum et
pouvaient facilement comprendre le développement des discussions
en cours et les conclusions préliminaires. Ces informations
les aidaient dans leurs interviews.
La majorité des journalistes présents étaient
de la radio. Ceci démontre que beaucoup de médias
manifestent de l'intérêt de reporter mieux et plus
sur des thèmes liés au VIH/SIDA. L'un des objectifs
du forum fut de sensibiliser le public et acroître leur compréhension
sur l'extension de la maladie, aussi bien que ses impacts sociaux,
culturels et économiques. A cause de la large couverture
médiatique, nous croyons qu'une étape importante a
été accomplie dans cette direction.
Il faut noter aussi que, en terme de nouvelles à rapporter,
regrettablement le forum devrait être en concurrence avec
le haut niveau de troubles politiques. Il y avait quelques manifestations
et désordre dans les rues durant les trois jours du forum,
ce qui a démandé l'attention des médias. Les
journalistes étaient obligés d'être sur tous
les fronts à la fois et seulement quinze journalistes étaient
disponibles pour participer entièrement dans le forum.
L'absence d'une ligne téléphonique au service de
presse a ralenti beaucoup la dissémination de nos dépêches
de presse qui n'a pas pu se faire directement, on a dû aller
ailleurs pour l'envoi du courrier électronique ou du fax.
C'est une habitude dans ces types d'événement que
les patrons de presse s'absentent. Il est difficile de convaincre
et de démontrer aux patrons de presse qu'il est de leur avantages
qu'ils jouent un rôle actif dans le développement du
pays et en apaisant les tensions sociales, comme celles liées
au VIH/SIDA.
Les travailleurs de la presse qui on pu consacrer du temps et participer
activement, ont montré beacoup d'enthousiasme et ont fait
de l'atelier média un succès. Cet atelier a clairement
défini le rôle du média dans le changement d'attitude
et de comportement en évitant les comportement sexuels à
risque et la lutte contre les tabous entourant les personnes vivant
avec le SIDA. Le débat fut ouvert entre les journalistes,
les personnes ressources dans le VIH/SIDA, les personnes infectées
et affectées. A cet égard, il a été
réitéré que les sources d'informations et des
réseaux de distribution doivent étroitement collaborer
dans le but d'atteindre le maximum de résultats.
Il a été aussi déclaré plus loin que
les médias doivent consacrer plus d'espaces aux sujets liés
au VIH/SIDA et conçevoir des programmes locaux permettant
aux personnes vivant avec le SIDA de s'exprimer. La création
d'un centre Média et communication était évoquée,
aussi bien que des formations spéciales pour les journalistes,
l'établissement d'un réseau de journalistes et de
séminaires d'information pour les patrons et les superviseurs
de presse. Voyez aussi le rapport d'atelier V.
Environ 15 représentants de la région caraïbéenne,
venant principalement d'organisations de lutte contre le SIDA et
assistant des séropositifs à Cuba et la République
Dominicaine ont pris part à la rencontre. Yolanda Simon de
Trinidad et Tobago, bien-connue dans les activités de Panos
dans le passé, a participé aussi comme représentante
de l'Association Régionale des Personnes Vivant avec le SIDA.
A cause de la coupure de financement de Panos pour la conférence,
la presse caraïbéenne fut représentée
seulement par Barbara Jacobs- Small, directrice de Radio Ste-Lucie.
Son rôle était vital en mettant l'emphase sur le potentiel
d'une collaboration régionale et d'une assistance mutuelle
entre les médias.
A cause de la participation minime de la région, il sera
de toute importance que les résultats du forum soient communiqués
aux médias, agences et ONG de la région.
Panos a pu présenter tout un paquet de matériaux
utilisés par des médias aussi bien des ONG et qui
peuvent être toujours utilisés comme base pour produire
des informations locales. Les matériaux sont inclus à
la section 4, version française de ce rapport. Le rôle
positif de ces matériaux dans le suivi du forum est devenu
extrêmement clair. Au moment ou nous rédigeons ce rapport
(juillet 99), nous continuons de reçevoir des réactions
sur ces matériaux.
Étant donné que ce forum était le premier
de son genre organisé en Haïti, nous devons reconnaitre
qu'il a été un succès total. L'organisation
de ce forum traduit la détermination de la societé
civile et de l'État à attaquer le fléau du
SIDA d'un front commun et les rétombées se ne sont
pas faites attendre. Tous les groupes cibles étaient présents,
des témoignages très émouvants étaient
partagés, et aussi les autres interventions étaient
de haute qualité. Les leçons apprises et les recommandations
fournies par les participants peuvent être déjà
prises en compte pour le futur.
La coopération entre les trois institutions impliquées
dans l'organisation du forum a bien marché et fournit une
excellente base pour le suivi. Une session d'évaluation,
tenue par POZ le 5 mai 1999 avec la participation de toutes les
institutions organisatrices et de sponsoring, a identifié
un programme sérieux de média comme une priorité
pour le suivi, incluant la collection de témoignages oraux
des personnes vivant avec le SIDA, la formation des journalistes,
une activité spéciale pour attirer les propriétaires
de média et une liaison continue avec les média de
la région caraïbéenne. Il a été
aussi discuté que ces activités et d'autres de suivi
cibleront les médias communautaires des provinces.
Rapport d'atelier V: "Engagement des médias dans
la lutte contre les MST/SIDA"
I. RÔLE DES MÉDIAS
- Informations régulières pour apporter un changement
dans les comportements et attitudes sexuelles à risque;
- Prise de conscience nationale au niveau des directeurs de média
dans la diffusion des messages contre la propagation du virus
VIH;
- L'obligation pour l'État de mettre en vigueur la loi
sur les radios télédiffusion - vis-à-vis
de leur rôle social.
II. SOLIDARITÉ AVEC PERSONNES VIH
- La nécessité pour les institutions travaillant
dans la prévention des MST/SIDA de maintenir un contact
permanent avec les médias;
- Permettre aux personnes infectées et affectées
de s'exprimer;
- Enlever les préjugés, les tabous, l'exclusion.
Sensibiliser la population à les accepter parce qu'ils
sont des gens normaux;
- Les médias doivent créer plus d'ouverture aux
agences et institutions engagées dans la prévention
des MST/SIDA.
III. CONTRAINTES
- Mentales: (a) Sujet tabou; (b) La politique occupe toujours
la première place et le SIDA fait peur; (c) Très
peu de journalistes sont formés.
- Financières: Les patrons de presse pourraient ouvrir
leurs grilles de programmation à la lutte contre le SIDA,
moyennant un minimum de patronage même symbolique.
- Manque de conscientisation des patrons de presse sur les MST/SIDA.
IV. ENGAGEMENT
Mise sur pied d'une cellule de communication avec des journalistes
choisis qui pourraient avoir des liens privilégiés
avec tous les organismes concernés comme les organismes internationaux
ou privés. Cette cellule de communication pourrait être
même élargie d'une de lutte contre les MST/SIDA, composée
de journalistes, chercheurs, médecins, etc.
V. ACTIONS
- Organiser des séminaires de formation pour les journalistes
et patrons de presse;
- Trouver des sponsors pouvant encourager la participation des
journalistes haïtiens à couvrir les conférences
nationales et internationales sur le SIDA, en particulier dans
la Caraïbe;
- Inspirer de nouveaux programmes localement où un prix
pourrait être remis annuellement à trois journalistes
engagés dans la lutte contre les MST/SIDA, à savoir
un journaliste de la radio, un de la Télé et un
de la presse écrite;
- Un prix pourrait être remis aux médias qui se sont
distingués dans la lutte contre les MST/SIDA (Radio/Télé/Presse
Écrite).
VI. RECOMMANDATIONS
- L'urgence d'une consultation nationale réunissant les
institutions MST/SIDA, les médias, les institutions religieuses,
les partis politiques, les associations socioprofessionnelles
afin d'identifier et d'analyser les différentes facettes
de la problématique des MST/SIDA et de permettre à
tout un chacun de déterminer son rôle à jouer
en s'engageant dans la lutte. Suite à cette consultation,
les médias s'engageront solennellement à créer
plus d'espace dans leur programmation à la diffusion des
messages relatifs à la prévention des MST/SIDA pour
une éducation sexuelle complète en vue de dissiper
les tabous et d'encourager des comportement sexuels plus responsables;
- Les institutions travaillant dans la prévention des MST/SIDA
devraient maintenir un contact permanent avec les médias
afin de faciliter un flux et reflux des informations pertinentes.
Les médias devraient créer plus d'ouverture aux
personnes vivant avec le SIDA afin de leur permettre de s'exprimer
librement;
- Déraciner les tabous - combattre les préjugés.
Sensibiliser la population à changer d'attitudes vis-à-vis
des séropositifs;
- Après la consultation, un esprit de coopération
devrait s'établir entre le Gouvernement, les médias
et les partenaires sociaux dans le but de: (a) Permettre au Gouvernement
de patronner des séminaires de formation à l'intention
des presses parlée, télévisée et écrite;
(b) Encourager le Gouvernement à exonérer d'impôt
les dons faits par le S.P. aux institutions engagées dans
la lutte contre les MST/SIDA; (c) Permettre aux médias
d'identifier une équipe de journalistes devant se spécialiser
dans la vulgarisation des informations sur les MST/SIDA et les
questions relatives à la santé; (d) Permettre aux
institutions nationales et aux organisations non gouvernementales
locales d'établir des contacts au profit des médias
pour faciliter l'échange de programmes, de productions,
d'équipements et le financement des programmes de radio
et de télé plus sophistiqués, par exemple:
feuilletons radiophoniques et télévisés;
(e) Mettre sur pied une commission nationale multisectorielle
de lutte contre les MST/SIDA. Cette commission regroupera des
journalistes, des médecins, des éducateurs, des
avocats.
Matériels distribués par l'Institut Panos
Panos a distribué les matériels suivants au course
du Forum:
- Présentation de l'Institut Panos. (Distribué
en anglais et français)
- Le SIDA dans le tiers-monde: Un désastre global. D'après
un article paru dans "The Economist", 2 janvier 1999
et basé sur un nombre de rapports ONUSIDA. (Distribué
en anglais et français)
Le SIDA et les hommes: Prendre des Risques ou ses Responsabilités?
Basé sur un livre récent par Martin Foreman de l'Institut
Panos, lequel examine la relation entre les actions de l'homme
et le VIH à travers le monde, l'impact de ces actions sur
les hommes et sur les femmes aussi bien que des initiatives conçues
pour aider les hommes à se protéger ansi que leurs
partneraires (Distribué en anglais et français)
- Chronique mensuelle sur le SIDA: "Le HIV/SIDA, un thème
hors de portée des ondes de la radio centraméricaine."
Par Ernesto Landos de la Radio Cadena YSU en El Salvador et publié
le 28 février 1997. (Distribute en espagnol et français)
- Chronique mensuelle sur le SIDA: "Les femmes et le HIV:
un cri dans l'obscurité." Un compte rendu d'une
1997 publication de l'Institut Panos concentrant les femmes et
le SIDA en Amérique centrale, par Marcela Sánchez
de l'Institut Panos, publié le 22 diciembre 1996. (Distribué
en espagnol et français)
- MediaNET bulletin. Dossier de presse
sur Haïti, No 1, mars 1999: "Perspectives sur le SIDA:
Entre la peur, l'ignorance et l'incrédulité en Haïti
- Quelles réponses dans la Caraïbe? Par Ronald
Colbert, Journaliste Indépendant. (Distribué en
anglais, français et espagnol).
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