About this featured photo Link to Home Page Site Map . Contact . Help . Home  
  Regional Programmes . Productions . Resources . About Us
 
 

Productions: Dossier de presse sur Haïti

Panoscope . Media Briefings . Island Beat . Our Own Voice . Le P'tit Nouvelliste
Order Publications

Media Briefing Index

Le droit à la vie pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA en Haïti
juillet 2002

Par: Roosevelt Jean-François, Journaliste et membre du Centre de Communication sur le SIDA (CECOSIDA)

Ce dossier est produit avec la collaboration et le support financier de Fogarty Center - Institutes Nationaux de la Santé (NIH) des États-Unis et des Centres GHESKIO dans le cadre du projet "Capacité les journalistes des Caraïbes et de l'Amérique centrale à faire de reportage sur le VIH/SIDA: focus sur Haïti." Ce projet est exécuté par le Centre de Communication sur le SIDA (CECOSIDA) et l'Institut Panos.

La prise en charge et l'accès aux soins médicaux représentent des défis majeurs pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA en Haïti. Les raisons sont liées particulièrement à la situation économique du pays, caractérisée au cours des dernières années par un chômage aigu et une contraction de l'économie globale, suivant les termes et les chiffres publiés par l'Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique.

Cependant, par-delà les médicaments et la fourniture de soins, plusieurs experts pensent que la meilleure assistance dans le processus de prise en charge est la réintégration sociale de la personne infectée.

La plupart sont unanimes à reconnaître que la personne infectée n'est pas acceptée chez elle, parce qu'elle devient une charge en plus pour la famille. Elle ne contribue pas. Voilà pourquoi, disent-ils, il faut éviter de laisser cette personne totalement dépendante des autres, avec l'idée que l'État va tout faire pour elle.

« Vous n'avez pas besoin de beaucoup d'argent. Ce qui est important, c'est une assistance humaine, surtout quand vous vous sentez faible physiquement et mentalement, et savoir que vous avez quelqu'un sur lequel vous pouvez compter », estime Adeline Benoit, une pâtissière professionnelle ayant dû renoncer à cette activité, après avoir appris son infection au virus, pour ne pas être ostracisée.

« Avoir le virus du SIDA ne signifie pas la fin de la vie. Je ne veux pas comparer les États-Unis à Haïti, mais, dans ce pays, l'accès aux soins n'est pas un cadeau. C'est le fruit du travail constant de toutes les personnes et organisations regroupant les personnes vivant avec le VIH/SIDA (PVVIH). C'est une lutte pour avoir droit à la vie ».

C'est la leçon que tire le séropositif Saurel Beaujour de sa participation (en octobre 2001) à un programme de visites internationales aux États-Unis, où les personnes infectées bénéficient d'un budget spécifique pour leur accès aux soins et aux médicaments, et où les entreprises privées seraient très impliquées dans le combat contre le VIH/SIDA.

43 ans, électricien de formation, Beaujour dirige depuis quelques années l'Association Nationale de Solidarité avec les personnes affectées et infectées par le VIH/SIDA (ASON), qui compte une cinquantaine de membres actifs.

Pour lui, outre une bataille permanente institutionnelle, à l'exemple de plusieurs pays, les PVVIH ont un rôle important à jouer dans les actions visant a bloquer l'expansion du virus et a favoriser l'accès aux soins pour les personnes infectées et familles affectées.

« Quand la personne infectée trouve une autre personne infectée comme elle, le dialogue et l'empathie s'installent plus facilement. On n'a rien à se cacher. Car, nous sommes dans la même situation », dit-il.

Saurel Beaujour est très actif dans des activités sur le VIH/SIDA au niveau de la Caraïbe. Il a participé dans de nombreuses rencontres sur les PVVIH à Trinité et Tobago où se tient la réunion annuelle des PVVIH de la Caraïbe. « Depuis 3 ans, nous avons été toujours présents à cette rencontre organisée par le Caribean Regional Network qui nous permet d'échanger des informations avec nos collègues caraïbéens », a t-il précisé.

« Ma présence dans ces rencontres a été très fructueuse du fait que j'ai pu observer sur place l'engagement des gens comme moi atteints du virus et qui se battent dans des pays de la Caraïbe qui partagent les mêmes moeurs et coutumes que Haïti », dit-il dans une interview.

La Caravane des jeunes et des artistes contre le SIDA en Haïti, mai - octobre 2000

La Caravane était une initiative haïtienne de plusieurs organisations gouvernementales, non-gouvernementales et internationales. La Caravane a traversé les villes de Jacmel, St. Marc, Gonaïves, Port-de-Paix, Miragoâne, les Cayes et Jérémie, en utilisant des moyens de communication culturellement adaptés aux jeunes, et aussi des spectacles (debats publics, marches, musique dàmbiance et autres divertissements). Le passage de la Caravane a été un grand moment pour promouvoir des comportements sexuels à moindre risque, en créant un environnement social qui valorise les rapports sexuels protégés, la fidélité mutuelle et l'acceptation des personnes vivant avec le VIH/SIDA.

Un environnement peu favorable

La solidarité entre les personnes vivant avec le VIH/SIDA est d'autant plus nécessaire qu'elles évoluent généralement dans un environnement peu favorable.

« Vivre avec le SIDA en Haïti est très difficile. Rien que la rue est un cauchemar avec tous ces détritus qui fragilisent encore plus notre système immunologique », comme l'explique Adeline Benoit.

Adeline Benoit confie par ailleurs que l'environnement socio-économique la traumatise : le trop plein de stress quand elle attend un tap-tap et quand elle doit s'employer à fond pour y obtenir une place, les longues minutes d'attente des PVVIH chez les médecins, la discrimination dont ces dernières font l'objet dans la société de manière générale, etc.

Esther Boucicault, une autre séropositive haïtienne, pense aussi que le secteur privé des affaires peut aider directement en octroyant des bourses d'études aux enfants des PVVIH.

« Si quelqu'un a des frustrations personnelles, comme ne pas avoir un endroit où se loger, ne pas pouvoir envoyer ses enfants à l'école, comment lui demander honnêtement de s'engager à sauver d'autres personnes », s'interroge Mme Boucicault, signalant que le milieu est difficile et que l'éducation de la population n'est pas encore faite.

Elle se rappelle le cas d'un jeune homme à Saint-Marc (à 96 kilomètres au nord de Port-au-Prince), lors de la Caravane des artistes et des jeunes contre le SIDA en l'année 2000, qui s'est déclaré positif. Il a été conspué, hué dans son quartier et il a failli être lynché. Aussi, accusé de donner son SIDA aux gens de la zone, a-t-il laissé son quartier.

« Je ne veux pas que ce soit, après ma mort, qu'on va parler à grand renfort de publicité des efforts de la Fondation Esther Boucicault et du grand courage de cette petite dame. Je veux de mon vivant voir cette fondation fleurir en aidant les autres, comme me l'a dit ma fille Michèle : ‘Maman, en sauvant les autres, tu seras sauvée' ».

Plaidoyer

Les groupes solidaires constituent, pour les PVVIH, une plate-forme idéale de discussions sur des questions spécifiques, comme l'accès aux soins, le traitement des maladies opportunistes, le support et l'encadrement de la famille, des amis, et d'autres besoins prioritaires comme la nourriture, les médicaments et le travail.

Réduction de prix sur les médicaments anti-SIDA pour les pays des Caraïbes

Six grands laboratoires pharmaceutiques internationaux ont formellement conclu, en juillet 2002 avec les pays des Caraïbes, un accord pour obtenir des réductions de prix sur les médicaments anti-SIDA.

GlaxoSmithKline, Hoffman-La Roche, Boehringer Ingelheim, Bristol-Myers Squibb Co., Merck & Co et Abbott ont souscrit à des réductions allant de 70 à 90% avec les pays regroupés sous la bannière du bloc commercial CARICOM, a annoncé le Premier ministre de St Kitts et Nevis, lors d'un sommet du CARICOM à Georgetown.

"Ils ont accepté de négocier avec nous en tant que région. Les médicaments vont devenir abordables et les Caraïbes vont pouvoir entamer un traitement généralisé", a expliqué le ministre de la Santé de Guyana, Leslie Ramsammy.

L'accord, qui a été négocié lors de réunions en Jamaïque et au siège de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Genève en mai 2002, vient d'être signé lors de la conférence sur le SIDA tenue à Barcelone du 7 au 11 juillet dernier.

De nouvelles statistiques publiées avant Barcelone supputent que le nombre de 40 millions de personnes vivant actuellement avec le virus VIH devrait passer à 100 millions d'ici l'année 2012.

A la fin de l'année 2001, environ 420.000 personnes étaient infectées par le virus dans la région des Caraïbes, contre 1,5 million en Amérique latine, selon les Nations Unies.

Très bien encadrée et très utile dans ses activités à la Fondation Promoteurs de l'Objectif Zéro-SIDA (POZ) où elle travaille, Adeline Benoit plaide inlassablement en faveur de l'accès des PVVIH au marché du travail.

« Si je vous dis que je suis malade, vous devez avoir une attention particulière à mon égard. Et plus précisément, les PVVIH auraient dû avoir des autobus particuliers ou tout au moins avoir la priorité dans les lieux publics ».

De nombreux compatriotes, qui avaient sollicité l'asile politique aux États-Unis pendant la période du coup d'État militaire (septembre 1991 – septembre 1994), ont dû faire face au choc du constat de leur séropositivité après plusieurs tests effectués.

C'était le cas de Saurel Beaujour qui travaillait comme agent de développement communautaire à la Centrale Autonome des Travailleurs Haïtiens (CATH). Il était alors délégué dans plusieurs départements géographiques du pays pour la création et la formation des groupes syndicaux paysans quand il a opté pour l'asile politique aux États-Unis pour échapper, dit-il, aux persécutions politiques de la part des partisans du régime en place.

Et des psychologues ont alors conseillé à tous ces séropositifs de se regrouper su sein d'une association, qui verra plus tard le jour sous le nom de ASON.

« Mon plus grand problème était de l'annoncer à ma femme. J'ai été obligé de lui dire la vérité, parce qu'elle était au courant de la suspension des démarches entreprises pour l'obtention de l'asile politique aux États-Unis. C'était la désolation dans la famille. Et c'est là que la bataille a commencé », affirme Beaujour.

« C'était un choc pour moi d'apprendre que mon test est positif. Je ne croyais pas mes yeux. J'ai refait le test cinq (5) fois avant d'accepter le résultat », nous dit-il, ses yeux balayant le plafond.

Un événement capital

Les 21, 22 et 23 avril 1999, la Fondation POZ, en partenariat avec Plan Haïti et l'Institut Panos, a organisé, à Pétion-Ville, un grand événement destiné à encourager les personnes vivant avec le VIH/SIDA à rompre le silence, à sortir de l'ombre, à assumer leur séropositivité sans atteinte à leur dignité humaine.

Les professionnels de la santé, les journalistes, les responsables religieux et politiques, qui participent au forum, manifestent publiquement leur désir d' « attirer l'attention de la société haïtienne toute entière sur les besoins en termes de soins, de support et de considération des personnes vivant avec le VIH/SIDA.

Mettant l'accent sur la situation d'exclusion et de discrimination dont sont victimes les personnes vivant avec le VIH/SIDA, ils appellent les pouvoirs publics à bâtir un climat de justice et d'équité favorable à leur épanouissement. Ils exhortent, par ailleurs, les instances impliquées dans la lutte contre le SIDA à mettre à contribution l'expérience des PVVIH dans le travail d'éducation, d'information et de support.

La déclaration finale de ce premier forum de solidarité avec les PVVIH invite, en effet, ces dernières à cesser de se considérer comme des victimes, mais à adopter de préférence des attitudes positives et responsables, afin de reprendre le contrôle de leur vie.

Les retombées

Suite à cette assemblée tenue en 1999, divers réseaux, dont le Centre de Communication sur le SIDA (CECOSIDA), constitué de journalistes, ont vu le jour. Ce forum a marqué un tournant crucial dans la lutte contre le SIDA en Haïti, selon le directeur de la Fondation POZ, Dr Eddy Génécé.

" La sensibilisation des décideurs a commencé. Le plan stratégique national a une composante qui accorde une place assez grande à l'aspect soins et support. Nous avons beaucoup plus de personnes vivant avec le VIH/SIDA qui se sont déclarées ouvertement ".

Le plan stratégique du Ministère de la Santé Publique et de la Population accorde une place importante au dépistage volontaire éclairé, pour lequel divers centres sont disponibles à travers Haïti.

Des institutions comme la fondation POZ mettent aussi, à la disposition des PVVIH, des cellules de support et d'assistance conseil (counselling) en vue d'accélérer le travail de dépistage.

" Nous faisons des tests. Dans le cas où la personne testée est négative, nous assurons, avec son adhésion, un suivi. Et cette personne sort de chez nous avec un paquet d'informations. Nous l'invitons à nous envoyer ses parents et amis. Au cas où la personne testée est positive, nous l'invitons à intégrer les groupes de support que nous appelons groupes d'entraide communautaire ", indique Dr. Génécé.

Des kits de prévention sont remis aux membres des groupes d'entraide communautaire qui sont en moyenne une quinzaine (par groupe). Ces kits contiennent 7 ou 8 articles d'usage courant, tels : pâte dentifrice, brosses à dents, rasoirs, vitamines, préservatifs (condoms), Bactrin (antibiotique) .

Déjà en 1998, avant même la tenue du Forum, la Fondation POZ a mis en place des groupes de support dénommés GIPA (Greatest Involvement of People Living with AIDS) et a privilégié l'aspect plaidoyer, étant donné la limitation des ressources.

Au cours de la même année, a vue le jour le Téléphone Bleu permettant à des milliers de personnes, en majorité des jeunes de la capitale et des principales villes de province d'Haïti, de s'informer, dans l'anonymat et sans être obligées de se déplacer, sur l'infection VIH, la sexualité et la planification familiale.

La Fondation POZ caresse le vœu de rendre ce service disponible 24 heures sur 24, afin de permettre à celles et ceux qui sont pris dans la matinée ou qui sont privés de téléphone d'en bénéficier, déclare la responsable de ce programme, Magalie Chèrenfant.

Déclaration du Premier Forum de Solidarité avec les Personnes vivant avec le VIH/SIDA (PVVIH) - 21-22-23 Avril 1999

Nous, répresentants d'organisations et participants à titre individuel, réunis à l'Hôtel Ritz Kinam II, à Pétion-Ville, les 21-22-23 Avril 1999, dans le cadre du Premier Forum National de Solidarité avec les victimes du SIDA en Haïti, conscients de la situation d'exclusion et de discrimination dont sont victimes les personnes vivant avec le VIH/SIDA (PVVIH); désirant attirer l'attention de la société haïtienne toute entière sur les besoins en termes de soins, de support et de considération des PVVIH en Haïti; voulant surtout encourager les PVVIH à rompre leur silence et à sortir de l'ombre; choisissons cet événement historique pour déclarer ce qui suit:

1.Les PVVIH doivent assumer leur état de séropositivité et s'affirmer en toutes circonstances, sans préjudice et sans atteinte à leur dignité humaine;
2.Les pouvoirs publics doivent bâtir un climat de justice et d'équité, favorable à l'épanouissement des PVVIH;
3.Les instances impliquées dans la lutte contre le SIDA doivent utiliser l'expérience des PVVIH notamment dans le travail d'éducation, d'information et de support;
4.Les PVVIH doivent cesser de se considérer comme des victimes, mais plutôt adopter des attitudes positives et responsables afin de reprendre le contrôle de leur vie;
5.La société civile dans toutes ses composantes devra appuyer l'État dans ses efforts de solidarité avec les PVVIH, à travers un soutien approprié et efficace.

Fait à Pétion-Ville, Haïti, le Vendredi 23 Avril 1999.

AOPS * APROSIFA * ASON * ASPHA * BIREBS * CARE HAITI * CDS * CECPH * CEPROMEC * CONAHDE * CPFO * FANM YO LA * FEPLS * FNUAP * FOSREF * GHESKIO * GRASADIS * HELP * HTN * INSHAC * JHM * MAISON ARC-EN-CIEL * MSPP * MSPP-IDA * NPFS * ONUSIDA * OPS/OMS * PANOS INSTITUTE * PLAN HAITI * PNUD * POLICY PROJECT * POZ * PREVENCION IDS * PSI HAITI * RADIO CARAIBES * RADIO GALAXIE * RADIO GUINEN * RADIO KISKEYA * RADIO MEGA STAR * RADIO PHARE * RADIO PLUS * RADIO ST. LUCIA * REDOVIH+ * SHP * SIGNAL FM * UNASCAD * USAID * VDH * WORLD VISION * ZANMI LASANTE

Responsabilité et discipline

Esther Boucicault est la femme infectée la plus engagée ouvertement dans la lutte contre l'expansion de l'épidémie et dans la prise en charge des personnes infectées et affectées en Haïti. Elle se plaint que tout le monde ne peut pas avoir accès aux médicaments, tout en soulignant que la prise des médicaments requiert une discipline très stricte.

" Ce serait bien que tout le monde puisse avoir accès aux médicaments ", déclare Boucicault mais il faut, selon elle, 'une campagne d'éducation constante'. "Il faut apprendre à la personne infectée à bien doser ses médicaments, à les prendre à l'heure, à connaître son corps et, surtout, à faire face aux effets secondaires. Dans la plupart des cas, il faut un travailleur social pour accompagner la personne, pour voir l'évolution de son état de santé, les effets secondaires, contrôler les tests comme le CD-4, la charge virale. Il faut un bilan général de manière régulière ", ajoute-t-elle.

" Je n'ai jamais stoppé les médicaments. Au fil du temps, j'ai développé une certaine résistance à ces médicaments. J'ai du voyager pour faire un bilan et les médecins m'ont donné de nouveaux médicaments. Maintenant je prends le Ziagène, le Viracept et le Sostivan. Je prends 7 comprimés le matin et 10 le soir. Il faut une discipline stricte pour prendre ces médicaments. Par exemple, je sais que je ne peux pas prendre le Sostivan après avoir mangé, parce que ce médicament ne doit pas rencontrer la graisse pour faciliter sa dissolution dans le corps ", souligne Esther Boucicault, mère de deux filles dont l'une est séropositive.

" Ces médicaments développent des effets secondaires. J'ai des crampes au pied. Je souffre de cholestérol, de sucre, et je suis hypertendue. Je prends mon insuline deux fois par jour: 35 millilitres le matin et 15 millilitres le soir. Et je mange beaucoup de salades, de fruits. Je ne consomme pas de viande de bœuf ni de porc. Je mange du poulet local, mais pas du poulet importé qui a trop d'hormones ", poursuit-elle.

Négocier des médicaments génériques contre le SIDA

La 14e conférence internationale sur le SIDA s'est ouverte à Barcelone en juillet 2002 avec un appel en faveur de la disponibilité, pour les pays les plus pauvres, de médicaments génériques à faible coût, pour enrayer l'épidémie SIDA qui fait rage dans le monde. Alors que la réunion débutait dans la capitale catalane, plus de 500 activistes manifestaient dans les rues de la ville pour réclamer un accès aux traitements antirétroviraux pour deux millions d'habitants des pays les plus pauvres à l'horizon 2004.

Peter Piot, le directeur exécutif de l'agence ONUSIDA, a démenti qu'il soit techniquement impossible d'apporter des médicaments évolués à des millions de personnes dans les pays les plus pauvres de la planète.

"Le monde a regardé sans rien faire le SIDA submerger l'Afrique sub-saharienne. Plus jamais cela", a déclaré Piot devant 15.000 personnes réunies pour la cérémonie d'ouverture de la conférence, qui a durée une semaine.

"Nous ne pouvons rester là en observateurs passifs, tandis que l'histoire se répète sur d'autres continents et nous ne devons pas abandonner l'Afrique maintenant", a-t-il ajouté.

"Le traitement est techniquement réalisable dans chaque partie du monde (...). Ce n'est pas la connaissance qui constitue une barrière, c'est la volonté politique", a poursuivi le chef d'ONUSIDA.

Selon l'agence onusienne, l'épidémie n'en serait qu'à ses débuts et pourrait tuer 70 millions de personnes dans les 20 prochaines années, alors que le virus continue sa progression en Asie et en Europe de l'Est. Le VIH affecte aujourd'hui 40 millions de patients à travers le monde. L'Afrique sub-saharienne en compte 28,5 millions et 30.000 seulement bénéficient d'un traitement approprié.

UNE REPONSE ECOEURANTE DES DONATEURS

Face à ces chiffres, les experts estiment qu'il faudrait dix milliards de dollars par an pour lancer un programme efficace de prévention et de traitement avec des médicaments génériques. Pour l'instant, seul un tiers de la somme a été réunie.

"La réponse des donateurs a été écoeurante, (alors que la somme) correspond à seulement quatre jours des dépenses militaires globales", a jugé Mogha Smith del'ONG britannique OXFAM.

Au cours des deux dernières années, le prix des traitements antirétroviraux ont baissé d'au moins 90% en Afrique sous la pression des militants. Ils restent cependant hors de portée pour des millions de séropositifs qui ne peuvent s'en remettre qu'à des programmes financés par la communauté internationale.

Pour Morten Rostrup, président de Médecins sans Frontières, l'absence de réelle volonté politique est seule en cause.

"Ne venez pas me dire que nous n'avons pas de ressources pour cela. Nous avons appris avec le 11 septembre qu'il était possible de mobiliser une large coalition et des milliards de dollars en quelques semaines pour combattre une menace commune."

"Cette inertie est un crime contre l'humanité, rien d'autre", s'est-il emporté

A la différence d'Esther Boucicault, Saurel Beaujour fait le choix de ne pas prendre de médicaments anti-rétroviraux.

" Je prends des vitamines. J'apprends à connaître mon organisme. Je sais que, dès qu'une infection commence à sortir, je dois aller chez le médecin. Et je fais beaucoup de prévention contre la tuberculose ", indique-t-il.

" Le plus important, c'est de savoir que vous êtes important. Et que la vie continue. Et aussi d'avoir un comportement sexuel responsable. Vous pouvez vous ré-infecter et mourir plus vite. Il faut être positif. Je veux bien voir mes trois enfants grandir ", conclut le dirigeant de l'ASON.

Un nouveau médicament prometteur contre le SIDA

Un médicament expérimental qui attaque le virus du SIDA différemment des traitements existants, a produit des résultats positifs lors des premières expérimentations sur l'homme et les tests ont maintenant été élargis, a annoncé le laboratoire à l'origine de ce nouveau produit.

Ce médicament, le S-1360, aussi appelé GW810781, est développé en association avec le japonais Shionogi par le groupe britannique GlaxoSmithKline qui a précisé qu'il avait été administré à 24 volontaires sains, sans entraîner d'effets indésirables importants.

Ce produit est le plus avancé d'une nouvelle famille de médicaments anti-SIDA connus sou l'appellation d'inhibiteurs d'intégrase qui empêchent le virus VIH d'insérer ses gènes dans l'ADN normal d'une cellule.

"Il (le S-1360) a été très bien toléré et il n'y a que très peu de personnes qui ont eu à arrêter la thérapie," a dit le Docteur Michelle Berrey, de GlaxoSmithKline (GSK), précisant que les effets indésirables s'étaient limités à des démangeaisons et à quelques cas de maux de tête.

En conséquence, GSK a lancé le mois dernier des tests de "Phase II", auxquels participeront une centaine de patients infectés par le virus VIH aux États-Unis. Les résultats de ces tests devraient être connus au début de l'an prochain et, si tout va bien, le médicament devrait arriver sur le marché vers 2006.

Les inhibiteurs d'intégrase sont la deuxième catégorie de nouveaux médicaments placés sur les feux de l'actualité à l'occasion de la 14e conférence internationale sur le SIDA à Barcelone, ce qui montre que la recherche pharmaceutique continue de progresser alors même que les pays les plus pauvres de la planète n'ont toujours pas réellement accès aux traitements de la première génération.

Le laboratoire suisse Roche et la société américaine de biotechnologies Trimeris ont annoncé que des tests avaient montré que leur nouvel "inhibiteur de fusion" T-20 pourrait réduire la quantité de virus dans le sang des patients insensibles aux traitements habituels.

La phase de développement de ce médicament devrait bientôt s'achever et il pourrait arriver sur le marché au premier trimestre de l'année prochaine.

La prise en charge

" Certaines fois, même le médecin vous traumatise. Mieux vaut garder le silence et ne pas avouer sa séropositivité si ce n'est pas nécessaire ", estime Adeline Benoit.

Heureusement, dit-elle, un groupe de dames de son église l'a aidée à remonter la pente, à combattre la tristesse qui se lisait sur son visage et à intégrer le Conseil Consultatif (CAB) des Centres dénommés Groupe Haïtien d'Étude du Syndrome de Karposi et des Infections Opportunistes (GHESKIO) où elle a pu trouver des soins et des médicaments de façon régulière.

" Chaque fois que je dois aller aux Centres GHESKIO, c'est comme une bénédiction du ciel. GHESKIO aide de nombreuses personnes à vivre avec la maladie en les soulageant des infections opportunistes. Mais l'environnement est toutefois difficile avec des centaines de patients chaque jour. Tu reçois des médicaments dans des petits sachets pas toujours trop bien emballés ".

Par ailleurs, la CARE milite depuis 1980 dans ce secteur de la santé dans plusieurs régions d'Haïti. Cette ONG américaine participe activement à des programmes de prévention et à un programme intégré de soins aux PVVIH. En 1999, elle a entamé un projet pilote d'encadrement dans la Grande Anse (Sud-Ouest d'Haïti), en accord avec le Ministère des Affaires Sociales, dans le but de donner directement la parole aux communautés à travers les Unités Communales de Santé (UCS).

Esther Boucicault note, de son côté, que la plupart des hôpitaux n'acceptent pas de garder les PVVIH. Sitôt que l'hôpital apprend la séropositivité d'un malade, il ordonne d'exéater le patient immédiatement.

" Il y a là une grande responsabilité. Vous savez bien que la personne est infectée, la personne le sait aussi, et vous la laissez partir sans aucune prise de conscience. Cette personne va continuer à vivre et contaminer d'autres personnes ", ajoute-t-elle.

ASON est impliquée dans un programme de soins à domicile pour les PVVIH dans un quartier pauvre attenante à une zone résidentielle au haut de Port-au-Prince. En effet depuis presqu'un an, l'organisation Plan Haïti a développé une initiative à Frères où des visites domiciliaires constantes sont faites chez des PVVIH. Au moment de ces visites, les personnes infectées reçoivent une trousse de médicaments et de produits de première nécessité. Mais ce qui est plus important, c'est la capacité d'être avec la personne en présence de sa famille et de renforcer les liens sociaux.

La trithérapie : disponible, mais limitée

" Nous sommes aujourd'hui en mesure d'offrir la trithérapie aux volontaires qui prennent part aux essais vaccinaux, même quand l'usage de cette méthode n'est pas le standard de soins en Haïti et dans la région ", annonce le Dr. William Pape, directeur général des Centres GHESKIO, principale institution de recherche et de prise en charge des PVVIH en Haïti.

Dr. Pape ne cache pas ses appréhensions de voir les volontaires, qui participent aux essais vaccinaux, s'exposer davantage à être contaminés par le VIH en ayant des comportements à risques, comme cela a été documenté aux États-Unis.

" La trithérapie ne débute pas tout de suite après la documentation de l'infection du patient au VIH. Pour des raisons multiples, dont la diminution de la période d'observance de la prise des médicaments et les problèmes liés à la résistance médicamenteuse, la trithérapie est administrée seulement à un stade avancé de la maladie. Le fait pour un patient de recevoir cette dose ne va pas amener à sa guérison, le SIDA étant encore un mal incurable. D'où la nécessité d'adopter des comportements sécuritaires ", recommande le directeur général des Centres GHESKIO.

La clientèle privée augmente

Quoique le coût des médicaments soit passé de US$ 1.250,00 à US$ 150,00 le mois, dépendant des molécules disponibles sur le marché local, la grande majorité des Haïtiens vivant avec le VIH ne peuvent pas se permettre le luxe de consentir ce débours. Un budget avoisinant les 3 millions de dollars américains serait estimé pour une plus grande circulation des médicaments antirétroviraux dans le pays.

" Nous sommes très en retard sur ce dossier. Le programme national étant particulièrement axé sur la prévention, les activités décidées sur la prise en charge et le support remontent seulement à deux ans. Jusqu'ici, les bailleurs de fonds n'ont pas ce volet dans leurs priorités de financements ", constate Dr. Eddy Génécé de la Fondation POZ.

N'ayant pas d'expérience dans ce domaine qui exige une expertise particulière, POZ ne compte pas se lancer dans les médicaments antirétroviraux, sauf à avoir un programme de partenariat avec d'autres institutions qui travaillent dans ce champ.

Cependant, " la vulgarisation des informations et la baisse du prix des médicaments sont parmi les facteurs expliquant une hausse constante en ce qui concerne le taux de fréquentation des cliniques privées par les PVVIH. Il y a des malades qui ont des moyens et qui peuvent payer des services privés répondant à leur statut ", révèle Dr. Damoclès Patrice Sévère de Centres GHESKIO, spécialiste des maladies infectieuses et de la prise en charge des IST/SIDA.

Des médecins voulant garder l'anonymat se prononcent en faveur de la mise en place de structures pour la production et la mise en vente de médicaments génériques, à l'instar de nombreux pays comme le Brésil et l'Argentine. Dans des milieux professionnels proches du secteur de la santé, on fait état de " l'intêrêt " de plusieurs entreprises pharmaceutiques et de laboratoires haïtiens dans la fabrication de médicaments génériques.

Houngans et médecine naturelle

" Les gens de Saint-Marc m'ont vu très malade et rétablie pendant les dernières années. J'ai un impact plus fort sur eux, parce qu'il y a des tabous que nous avons percés ", déclare Esther Boucicault qui dirige un centre portant son nom.

La Fondation Esther Boucicault travaille avec des houngans et participe très souvent à des sessions de formation pour le personnel médical de l'hôpital de Saint-Marc avec le concours de plusieurs institutions comme POZ et Family Health International (FHI/IMPACT).

Esther Boucicault juge nécessaire une implication sérieuse des houngans dans la lutte contre le SIDA. Souvent, des médecins ne se sentent pas capables de donner les résultats des tests aux patients qui, suivant leur croyance, pensent être la proie de " mauvais esprits ".

Une personne infectée de zona peut croire qu'elle est affectée par un " mort petit bébé " jeté sur elle. Dans sa tête, chaque fois que ce bébé s'agite, le zona s'élargit sur sa peau. Dans de tels cas, il est préférable de conscientiser les houngans pour qu'ils reconnaissent la maladie et en parlent ouvertement, surtout qu'il y a des pratiques à risques dans ces milieux, précise Mme Bourcicault.

" Jusqu'ici, une bonne partie de la population ne va pas chez le médecin pour des maladies courantes. Allez voir pour le SIDA qui reste une énigme même pour les scientifiques ", indique pour sa part Jacob Pierre, 54 ans, qui possède un péristyle (temple vaudou) à Carrefour Feuilles (banlieue sud-est de la capitale) et est très actif dans une association de houngans.

Jacob Pierre ne prétend pas traiter le SIDA, mais il soutient que " dès qu'une personne sentant un malaise vient chez lui, il doit jeter de l'eau pour voir ce qu'elle a ".

Le houngan Pierre s'exprime en faveur de la médecine naturelle et de la vertu des plantes, ainsi que de la relation de l'être humain avec son environnement.

" Tout est dans la nature, et il suffit d'avoir certaines connaissances pour pouvoir demander à la nature de répondre à certains problèmes, dont le SIDA " .

Questionné sur les coûts des traitements dans son péristyle, il mentionne que son travail n'a pas de prix et qu'il revient à la personne traitée de donner ce qu'elle a. Dans certains cas, la plupart des malades veulent toujours avoir l'avis du houngan à qui ils se fient davantage que le médecin, ajoute Jacob Pierre.

Perspectives

Les autorités accordent une grande priorité à la lutte contre le VIH/SIDA. " Nous sommes très conscients de la situation et avec des moyens limités nous faisons de notre mieux en partenariat avec des organisations de la société civile haïtienne et avec le concours des institutions internationales pour contrôler et limiter l'expansion du VIH/SIDA dans le pays ", a déclaré le ministre de la Santé Publique, le Dr Henri Claude Voltaire dans une interview.

" Nous sommes dans un pays ou tout est une priorité ", dit-il ajoutant que " la lutte contre le VIH-SIDA concerne tout le pays et pas seulement le gouvernement, parce que la pauvreté, le taux élevé d'analphabétisme et le chômage sont autant de facteurs qui rendent la population beaucoup plus vulnérable à ce virus qui tue chaque jour de nombreuses personnes et laissent des familles dans le deuil et le désarroi ".

" Nous sommes appelés à conjuguer nos forces et rejoindre les efforts de la communauté scientifique nationale et internationale pour trouver des solutions appropriées à la maladie qui a des conséquences socio-économiques graves ", poursuit le ministre Henri-Claude Voltaire.

Il reste à définir les mécanismes à mettre en place pour assurer un suivi approprié au plan stratégique national élaboré sur la question du SIDA, notamment au chapitre de la prise en charge et de l'accès aux soins médicaux pour les PVVIH.

Même si les prix des médicaments ont nettement baissé par suite de l'accord intervenu avec des laboratoires pharmaceutiques, l'accessibilité aux ressources financières pour venir en aide convenablement aux PVVIH demeure une problématique à ne pas négliger. Car, non seulement les fonds disponibles pour le SIDA doivent être utilisés sur plusieurs années, mais la valeur existante arriverait difficilement à supporter la prise en charge d'un nombre très faible de PVVIH.

Néanmoins, les PVVIH peuvent globalement avoir beaucoup d'espoir avec la baisse déjà effective, sur le marché, du coût des médicaments. Les essais vaccinaux, qui ont commencé en Haïti en 2001, ont commencé à porter fruit et auraient des résultats beaucoup plus prometteurs que ceux obtenus avec les mêmes essais à Trinidad et au Brésil, selon des informations concordantes. De plus, dans cette république caraïbe, les effets de la transmission verticale auraient diminué de beaucoup, à partir des efforts déployés par certaines institutions oeuvrant avec les PVVIH.

Dans ce contexte, il importe de signaler que l'ASON compte organiser dans la capitale haïtienne un plaidoyer avec des juristes pour établir une législation devant protéger les droits des personnes vivant avec le VIH, suivant des perspectives dégagées par Saurel Beaujour.

Quelques institutions de référence

Association for National Solidarity (ASON)
16, rue Malval, Turgeau
Port-au-Prince, Haiti
Tel: (509) 555-2219
Email: ason@mediacom-ht.com

CARE
92, Rue Grégroire
Pétion-ville, Haiti
Tel: (509) 257-1571/5358/5389
Fax: (509) 257-6785

Catholic Relief Services (CRS)
1, Delmas 81
B.P. 1118
Port-au-Prince, Haiti
Tel: (509) 249-1992/ 510-4586

Centre for Communication on AIDS (CECOSIDA)
c/o POZ
2, rue Tertulien Guilbaud, Bourdon
Port-au-Prince, Haiti

Centres GHESKIO
(Groupe Haïtien d'Étude du Sarcome de Karposi et des Infections Opportunistes)

33, Bicentenaire
Port-au-Prince, Haiti
Tel: (509) 222-0031/2241
Fax: (509) 223-9044

Family Health International/IMPACT
83, rue Lambert/Rigaud
Pétion-ville, Haiti
Tel: (509) 257-9100

Foundation Esther Boucicault Stanislas (FEBS)
24, Rue Bonnet
St. Marc, Haiti
Tel: (509) 279-9144/9165

Foundation Promoters of the Goal No-AIDS (Fondation Promoteurs de l'Objectif Zéro-SIDA) (POZ)
22, Rue Carlstrom
Port-au-Prince, Haiti
Tel: (509) 245-2308/244-4024

Haitian Institute of Childhood (IHE)
41, Rue Borno
B.P. 15606
Pétion-ville, Haiti
Tel: (509) 257-3101/ 1508/ 510-8438

Haitian Medical Association (AMH)
33, 1ère Avenue du Travail
Port-au-Prince, Haiti
Email: amh@haitiworld.com

Ministry of Public Health and Population (MSPP)
Palais des Ministères
Champ de Mars
Port-au-Prince, Haiti

Pan-American Health Organisation / World Health Organisation (PAHO/WHO)
295 Ave John Brown/Lalue
B.P. 1330
Port-au-Prince, Haiti
Tel: (509) 245-0764 /8666/ 8695
Fax: (509) 245-1732

Plan Haiti
Impasse Lily No. 3, Rue Stephen
Delmas 60
Port-au-Prince, Haiti
Tel/Fax: (509) 256-1438 / 4229
Email: comhti@planinternational-ht.org

Rainbow House (Maison Arc-en-Ciel)
Rue Beaulieu, Boutilliers
Pétion-ville, Haiti
Tel: (509) 246-5596 / 557-2948
E-mail: arcenciel@acn2.net

United Nations Children Fund (UNICEF)
17 rue Armand Holly, Debussy
B.P. 1363
Port-au-Prince, Haiti
Tel: (509) 245-1404/1424
Fax: (509) 245-1877

Media Briefing Index